COURT SI': DÉCIDE A QUITTER LA FUAXCE
tenue de la cour. La permission a été jug-ée bonne, la vente l'est aussi. Ma Racliel n'attend que ce prix, ou d'avoir mis quelqu'autre arrang-ement à cette affaire, pour faire voile vers l'heureuse cité'. » Elle ne partit cependant (|u'en 1729, avec deux de ses enfants, et arriva à Genève dans le mois d"<ivril.
Cette séparation fut très-sensible à Antoine Court. Il aimait tendrement sa femme, et se voyait désormais séparé d'elle et par la long'ueur du trajet et par l'imminence du danger. D'ailleurs, il la savait malade, et sa douleur était d'autant plus vive.
Il conçut le dessein d'aller la rejoindre. « Ces fréquentes indispositions, et un g-rand nombre d'autres choses, augmentent le désir que j'aurais de vous voir ^ » Il prépara donc son départ, et se disposa à quitter la France.
Cette détermination presque subite, dans la situation surtout où se trouvait le protestantisme, étonne et elle étonna ses coreligionnaires. Il est nécessaire de l'expliquer. Depuis son séjour à Genève, Court avait souvent souhaité d'aller se fixer à l'étranger. L'amour de l'étude, le désir de déployer son acti\ité sur un plus grand théâtre, le soin des ég'lises, tout l'y poussait. Il avait cependant résisté à la tentation. Au commencement de 1729, encore qu'il fut traqué de tous les cotés et que beaucoup le sollicitassent à fuir, il s'était décidé, on le sait, à rester en France. « Le Berger, qui voit le loup et (|ui s'enfuit, est un mercenaire, » avait-il dit à Diii)lan. Mais le départ de sa femme fut pour lui
1 N" 7, t. III, p. 274. (Août 175*!) )
2 Ihid., p. 453.