N" XVI
LETTRE IMPRIMÉE DE M. l' INTENDANT, TOUCHANT l' ÉDUCATION DES ENFANS, DU 4« AOUST 1727, POUR LE CURÉ
A Montpellier, ce i août 1727.
M. le comte de S' Florentin m'ayant adressé, Monsieur, des
ordres du Roy sur l'éducation des enfans des nouveaux catholiques, il m'a paru nécessaire d'en composer une instruction, dont vous trouverez ci-joint deux exemplaires; vous en garderez un, et remettrez, s'il vous plaît, l'autre au Maître ou à la Maîtresse d'école de votre Communauté; vous verrez qu'il doit être établi des Maîtres ou Maîtresses d'école dans les Gommunautez où il n'y en a pas; mais cet établissement ne doit, être fait qu'autant que Messieurs les Archevêques ou Evêques diocésains le jugeront nécessaire; si vous êtiés dans le cas, vous devez vous adresser à votre Prélat, qui aura la bonté de me le proposer.
Les Maîtres et Maîtresses d'écoles doivent être approuvez par Messieurs les Archevêques ou Evêques, ou par leurs Grands- Vicaires ; à la réception de l'Instruction, ils sont oi)ligez de dresser un Rolle, conjointement avec vous et avec les Consuls, de tous les enfans depuis l'âge de sept jusqu'à quatorze ans , contenant les noms, âges, et sexes desdits enfans, et ceux de. leurs Pères, Mères, Tuteurs ou autres, chargez de leur éducation, dont ils enverront copie à mon subdelegué, signée d'eux, de vous, des Consuls ou du Greffier de la Communauté; ce Rolle doit être renouvellé dans les huit prçmiers jours du mois de janvier prochain, et successivement d'année à autre, pour être ensuite envoyé à mon Subdélégué. J'espère de votre zele, pour le bien de la Religion, que vous tiendrez la main à ce qu'aucun enfant ne soit obmis sur le Rolle; que vous voudrez bien recommander
au Maitrc ou à la Maîtresse d'école de ne rien oublier de tout ce qui leur est prescrit ; et s'il y avoit de la négligence de leur part, ou qu'il se passât quehjue chose qui tendit à éloigner l'exécution des intentions de Sa Majesté, que vous voudrez bien aussi m'en faire part.
Je suis, Monsieur, entièrement à vous, etc.
).ETTHE IMPRIMÉE DE M. l'iNTENDANÏ, TOUCHANT LES AMENDES Qf'oN
Dorr FAinE payer rouii les enfans qui ne vont pas a la messe, DU -i" AousT 1727, AU juge.
L'instruction ci-jointe que j'ai dressée, Monsieur, en conformité des ordres du Roy, pour l'éducation des enfans des Nouveaux Catholiques, vous fera connoitre que vous ne devez pas différer de prononcer des condamnations d'amendes contre les Pères, Mères, Tuteurs ou autres chargez de l'éducation de ces enfans, sur les réquisitions du Procureur du Roy, ou du Procureur juçisdictionnel de votre Siège, et la peine qui vous est imposée, en cas de retardement ou de négligence de votre part. Ne pensez pas que cette disposition soit comminatoire; elle aura lieu, et vous l'éprouveriez par la suspension de vos fonctions, si vous tombiez dans le cas. Vous avez déjà appris que Sa Majesté veutsçavoir si vous remplissez vos devoirs de Cathohque; mon Subdélégué a dù vous en demander un certificat de vôtre curé; si vous ne lui avez pas encore adressé, ne manquez pas, je vous prie, de le faire sans perdre de tems, et de m'accuser la réception de cette lettre.
Je suis, Monsieur, entièrement à vous, etc.
No XVII
A Montpellier, ce
4 aoust 1727.