‹ Antoine CourtChapitre 25 sur 251 · JACQUES ROGER · texte numérisé non relu

JACQUES ROGER

l'ité populaire, forte, capable d'imprimer au mouvement une direction unique, et de la faire accepter par les relig-ionnaires. Il résolut de constituer cette autorité par le rétal)lissement des Synodes. Malg'ré les derniers malheurs, le souvenir de ces anciennes assemblées ne s'était jamais entièrement effacé ; peut-être même Court l'avait-il trouvé vivant dans une de ces familles qui après la cessation otHcielle des Synodes nationaux avaient cependant envoyé jusqu'à la fin des députés aux réunions provinciales. Peu importe du reste que son projet lui ait été inspiré par des amis ou par son précoce bon sens : aussitôt qu'il l'eut conçu, il travailla à le réaliser, et l'activité qu'il déploya dans cette occasion montre la g-randeur des espérances qu'il attachait à son succès. Il s'ag'issait en effet de rétablir au milieu d'un peuple dispersé une institution qui jadis avait été entourée d'un g-rand prestig-e; il s'ag'issait d'imposer à des hommes découragés ou exaltés, mais conservant la mémoire des choses passées, un pouvoir qui en rappelant les anciennes formes de la rehg-ion proscrite fût capable de réunir tous les cœurs et toutes les énergies pour la revendication de la liberté confisquée.

Le plan qu'avait proposé en 1683 Claude Brousson allait donc être adopté.

Tandis que dans un obscur village, ini tout jeune homme méditait ainsi la restauration prochaine du protestantisme,— dans une province étrangère, en Wurtemberg", un autre homme, un proscrit, rêvait du même sujet pendant les longues journées de l'exil. Il s'appelait Jacques Roger.

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