‹ Antoine CourtChapitre 27 sur 251 · ET LE DAUPHINÉ · texte numérisé non relu

ET LE DAUPHINÉ

vement de les avoir abandonnés. Que ftillait-il faire pour les sauver ? « Il fallait, disait-il, établir des consistoires, tenir des Synodes, en un mot former une espèce d'ordre; avec l'aide de Dieu, cela pouvait mettre les affaires de la religion dans un meilleur état. » Soins inutiles que de leur recommander la patience, la résig-nation ! En 1710, quand il était en Daupliiné, un nommé Chapon ayant essayé de soulever les relig-ionnaires de cette province, il n'avait eu qu'à ouvrir la bouche pour les faire rentrer dans le repos. Et ce n'était pas plus malaisé de leur inspirer l'amour du martyre : depuis la Eévocation, on ne craig-nait plus la mort. La g-rande, l'unique difficulté était de réunir en un seul faisceau les courag-es épars, de discipliner les victimes, d'augmenter leur nombre, et de les org-aniser en phalang-es, en sorte que l'ag-onie d'une seule fut profitable à toutes les autres.

En Dauphiné, comme en Languedoc, la situation était la même.

Dans cet ordre de sentiments, à peine Roger eut-il appris en 1715 la mort de Louis XIV, que « croyant que cela apporterait du changement aux affaires, » il résolut de se rendre aussitôt en France, dans sa chère province. Il écrivit à l'église de Mariendorf pour faire délier sa parole engagée. « Il fit sentir qu'elle ne devait trouver mauvais qu'il préférât de venir prêcher sous la croix à la vocation qu'elle lui avait adressée, qu'elle ne serait pas longtemps sans pasteur, un lieu qu'il n'y avait point d'espérance qu'il s'en trouvât qui voulussent aller dans les églises persécutées, qu'il les priait de lui pardonner. » Sans plus tarder, il partit.

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