ENTREVUE DE COURT ET DE ROGER
citées pour défendre leur cause ' . Des Cévennes il descendit vers Saint-Hippolyte, Sauve, Monoblet, et réunit dans un château bâti sur une hauteur, entre ces trois villes, une des assemblées les plus considérables qu'on eut vues depuis long-temps. Le nombre des fidèles, l'attitude de cette foule étonnée qui revenait, non sans quelque honte peut-être, à ses habitudes délaissées, les récits faits au retour, le bruit dont les protestants entourèrent cette assemblée dans un but politique, attirèrent l'attention des « puissances. » Le g'ouverneur d'Alais, prévenu, se porta sur les lieux et après de vives remontrances interdit aux nouveaux convertis de renouveler leurs réunions. Vaine interdiction ! Elle ne pouvait arrêter le zèle renaissant. A peine arrivé de Saint-Hippolyte, au mois de mai 1716, Court se rendit à la Roque-d'Aubay, près de Sommières, mais l'assemblée qu'il y convoqua fut surprise. Cette activité d'apôtre commençait d'inquiéter l'intendant qui fit afficher aux portes des églises et sur les places publiques un placard, où il promettait cinquante pistoles à qui lui livrerait le jeune ministre. Celui-ci cependant ne s'effraya point. Chassé de Sommières, il partit aussitôt pourCalvisson,etsedirig-eaducôtédelaRouvière. Ilparvint bientôt à Nîmes ^ Là, il rencontra Jacques Roger.
Jacques Roger, revenu en 1715 en Dauphiné, avait eu hâte de parcourir cette province, et satisfait « du zèle que les fidèles fesaient paraître, surtout en apprenant qu'il avait été reçu ministre, » il avait résolu de descendre en Languedoc. En route il avait couru de
« N"46, cali. II. (13 janvier 1716.) 2 Ibid.