COURSES DANS LE BAS LANGUEDOC
trente heures sans intervalle, se déclara tout à coup, et le retint immobile pendant cinq semaines. Dès qu'il se crut g-uéri, il reprit ses fonctions. Il était encore malade; parfois il était saisi d'accès terribles, sur la route, en rase campag'ne. Sa volonté était impuissante à dompter le mal. Il continuait cependant à marcher, s'arrêtant ici et là, par les chemins écartés. Il n'avait point de cheval. Quand il ne pouvait plus avancer, et qu'il succombait sous la fatigue et la maladie, il priait deux hommes d'entre-croiser leurs mains, et il s'asseyait sur ce fauteuil improvisé. Un gîte lui était souvent offert dans une demeure amie. Mais que de fois, à peine s'était-il livré au sommeil, l'alarme était donnée! Il fallait partir aussitôt. Un soir qu'après un violent accès de fièvre, il commençait à goûter un sommeil réparateur, son hôte aperçut un traître reconnu pour tel, qui rôdait autour de la maison. Il se précipite dans la chambre de Court, et le supplie de s'en aller. Nuit terrible ! Il était déjà tard ; au dehors tombait une pluie fine et pénétrante. Il dut partir, et tout frissonnant errer à travers la campagne à la recherche d'un abri. Après de longues souffrances, une maison hospitalière s'ouvrit enfin, non sans peine, et il put y terminer un sommeil si violemment interrompu et -si nécessaire à sa santé
De village en village, Court arriva à Anduze où il fît un petit séjour. Il y réveilla le zèle, tint des assemblées dans les caves et multiplia « le nombre de ceux qui donnaient gloire à Dieu par une profession moins
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timide qu'auparavant, plus pure et plus publique de leur foi. » Aux approches des fêtes de Noël, toujours souflFrnut, il arriva à Saint-Jean-du-Gard.
L'année 1717 le retrouva à Saint-Hippolyte. Cette ville avait accueilli avec joie ses exhortations, et chez quelques amis il rencontrait une hospitalité toujours empressée. Il y revenait avec bonheur. Mais en ce moment, soit que la dernière assemblée, qu'il avait tenue en ce pays avec tant d'éclat, eût redoublé les colères de la cour, soit que son nom, autour duquel se ralliaient de plus en plus les réformés, fût devenu ])0ur l'intendant une sorte d'épouvantail, il ne put y résider long"temps. Dès que le gouverneur, prévenu par les espions, connut son arrivée, il fit informer l'hôte, chez qui le jeune prédicant était descendu, qu'il savait tout et qu'il ferait veiller sur la maison. Court fut oblig-é de quitter cette demeure; il frappa à d'autres portes, mais aucune ne s'ouvrit. La peur des galères étouffait les meilleures intentions'.
Court quitta la ville, et peu de temps après le canton. Il se dirigea vers Nîmes, parcourut les villages voisins, et convoqua quelques assemblées. Vers la fin du mois de février 1717, il repartit pour les Cévennes où devait se réunir, le 2 mars, un nouveau Synode.
Quelles conférences sérieuses et pleines de grandeur durent alors tenir sur les hommes et sur les choses les quelques prédicants qui avaient assisté à la réunion de 1715! Où en était l'œuvre? Quels obstacles avait-on rencontrés et quels appuis ? (Quelles mesures
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