COURSES DANS LE HAUT LANGUEDOC
vaient point entendu de pasteurs, ni vu passer ces hommes que le délire propliéti(|ue poussait à travers le Vivarais et les Cévennes ; ils étaient restés en dehors des événements. Quand tout fut accomi)li, quand les meilleurs d'entre eux eurent été envoyés aux g-alères ou se furent expatriés, et qu'il parut ne plus rester la moindre place à l'espérance, ces nouveaux convertis avaient désespéré de l'avenir. Ils avaient fréquenté les Eglises et envoyé leurs enfants aux écoles; à peine quelques-uns d'entre eux, les vieillards, avaient-ils conservé dans leur cœur l'amour de la relig-ion proscrite. Cette indifférence ne laissa pas que d'effrayer les deux prédicants. Plus d'une fois les portes auxquelles ils allèrent frapper se fermèrent devant eux, mais ils ne se laissèrent pas rebuter, et quand les maisons leur furent interdites, ils se réfugièrent à la campag-ne ou dans les cabarets. Un fâcheux incident put seul déterminer leur retour. On leur contestait souvent l'authenticité de leur mission ; on leur demandait qui les avait établis prédicants. Un jour qu'ils abordaient le thème de leurs exhortations , on les pria de montrer leurs lettres de créance. Corteiz étonné montra de vieux papiers que lui avaient donnés des ministres réfugiés, mais Court l'arrêtant montra la Bible, et se prévalut de la mission qu'il tenait du Synode. Quel Synode f On n'en avait jamais entendu parler. Ils fui'ent injuriés et chassés. Ils quittèrent ces pays et s'acheminèrent tristement vers les Cévennes où devait se tenir, le 3 mai, une nouvelle réunion synodale. En route, comme ils discutaient la valeur des moyens qu'ils pourraient employer pour obtenir des lettres de créance, un parti que Ro-