‹ Antoine CourtChapitre 41 sur 251 · CORTEIZ PART POUR LA SUISSE · texte numérisé non relu

CORTEIZ PART POUR LA SUISSE

gev leur avait d'ailleurs recommandé s'offrit à leur esprit. Il fallait que l'un d'eux quittât la France et s'allât faire consacrer pasteur dans une Egalise étrang-ère. C'était périlleux, mais nécessaire. Le Synode interrog"é approuva ce dessein, et Corteiz partit pour Genève chargé de lettres de recommandation pour Pictet et Léguer, pasteurs et professeurs dans cette ville. On décida en outre qu'Antoine Court , au retour de son collèg-ue, prendrait le même cliemin dans le même but. Corteiz se dirigea donc vers la Suisse, et le jeune prédicant reprit ses courses dans le Languedoc.

Œuvre ardue que de « réveiller » les âmes ! Pour obtenir ce résultat on exhortait, on prêchait au Désert. Ce n'était pas suffisant. Le prêche faisait naître l'espoir, mais encore cet espoir fallait-il l'affermir, l'augmenter. Les prédicants, dans les premiers temps surtout où il n'y avait aucune organisation, ne pouvaient que rarement convoquer les assemblées, et si pathétiques que fussent leurs exhortations, l'impression qu'elles produisaient était bientôt effacée. Quels changements durables pouvaient opérer des sermons prononcés à de si long's intervalles? Les nouveaux convertis, sous le coup de mille vexations, les oubliaient facilement, et retombaient dans leur premier abattement. C'étaitune lueur dans leur ciel sombre. D'ailleurs, tous ne pouvaient et n'osaient se rendre aux assemblées. La classe bourgeoise se montrait peu disposée à braver pour le prêche des périls trop certains. Elle restait chez elle, se tenait à l'écart. Seul le pauvre peuple courait aux assemblées. N'ayant rien à per-

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