LE CULTE DE FAMILLE
cire sinon la liberté et la vie, il exposait volontiers ces deux biens pour avoir la joie d'écouter ses ministres proscrits'.
Voilà pourc[uoi à côté du culte public qu'ils tinrent toujours en grand honneur les prédicants recommandaient sans cesse aux religionnaires le culte caché et de famille. Lisez vos saints livres, disaient - ils ; la prière est ag-réable à Dieu.
« Grand Dieu-, que les cioux des deux no peuvent comprendre, mais qui as promis do te trouver oii doux ou trois sont assemblés en ton nom, tu nous vois assemblés dans cotte maison pour t'y rendre nos hommages religieux, pour y adorer ta grandeur et pour y implorer tes compassions. Nous gémissons on secret d'être privés de nos exercices publics, et de n'entendre point dans nos temples la voix do tes serviteurs. Mais bien loin de murmurer contre ta Providence, nous reconnaissons que tu pouvais avec justice nous accabler par tes jugements les plus sévères; ainsi nous admirons ta bonté au milieu de tes châtiments. Nous sommes sans temples; mais remplis cette maison de ta glorieuse présence! Nous sommes sans pasteurs; mais sois toi-même notre pasteur! Instruis-nous des vérités de ton Evangile. Nous allons lire et méditer ta parole : imprime-la dans nos cœurs ! Fais que nous y apprenions à te bien connaître, et ce que tu es et ce que nous sommes; ce que tu as fait pour notre salut et ce que nous devons faire pour ton service ; les vertus qui te sont agréables et les vices que tu défends ; les peines dont tu menaces les impénitents, les tièdes, les lâches et les profanes, et la récompense glorieuse que tu promets à ceux qui te seront fidèles. Fais que nous sortions de ce petit exercice plus saints, plus zélés pour ta gloire et pour ta
' Antoine Court devait lui rendre plus tard un éclatant lionimage. * Les Armes de Sion ou Prières sur V état présent de l'afflictioti de l'Eglise. Rotterdam, (1718.)