PASSION DE LECTURE
faire pénétrer ces ouvrages en France, de liardis colporteurs s'en cliargeaient. Les difficultés et les périls étaient g-rands, mais ils en triomphaient. Avec leurs ballots, un beau jour, ils passaient la frontière, arrivaient, déposaient leur précieux fardeau en lieu sûr et repartaient. Lorscj^ue les prédicants possédaient quelques livres, après le prêche ou dans leurs courses, ils les distribuaient aux fidèles. C'était la « manne divine. » Tous, pour en avoir, se précipitaient, se ruaient; ils mettaient de la fureur à obtenir une bible, des psautiers, des catéchismes. « Il me serait difficile, écrivait Corteiz, de vous dire où se distribuèrent (ceux) que votre bonté me donna. .T'en ai laissé un peu partout, et si j'eusse voulu croire le monde, je les aurais tous laissés à la première paroisse ' . » Un sermon d'Antoine Court qui avait été imprimé à Genève, fut distribué le jour de sa consécration ; on se l'arracha. Les livres malgré tous les efforts étaient cependant si rares qu'en auraiton eu « mille quintaux » on les aurait distribués en moins d'un mois. Dans cette pénurie, on résolut de faire apprendre par cœur le plus court et le plus important de tous ces ouvrages, celui qui résumait les choses de la foi, et paraissait l'asseoir sur des bases solides. Le Synode pria les pasteurs d'interroger les fidèles sur le catéchisme, tant dans les assemblées que dans les maisons particulières. Le catécliisme choisi fut celui de Drelincourt -.
Un autre moyen pour affermir les religionnaires dans leur foi et exciter leur zèle fut de les rappeler
> N° 17, vol. G, p. 1. (171(3.) ï Ibid., p. 3S3. (1721.)