‹ Antoine CourtChapitre 45 sur 251 · JEÛNES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

JEÛNES GÉNÉRAUX

tous, par line même mesure, !Ui sentiment de leurs communs pécliés. Si la persécution se déchaînait, croyaient-ils, si leurs ennemis les attaquaient sans trêve ni repos, c'est qu'ils avaient offensé Dieu. 11 fallait donc apaiser la divinité, pour échapper aux mains des persécuteurs. Ce fut l'origine des jeûnes généraux. Dans les premiers jours de l'année, et toutes les fois qu'il y avait à déplorer \m g-rand malheur, les religionnaires de la province entière se mettaient en prières et jeîinaient. C'étaient des jours solennels de deuil et de recueillement. Les Synodes fixaient la date de ces grandes et pieuses fêtes. Les prédicants coTiraient alors le pays et convoquaient le plus g-rand nom])re d'assemblées qu'il leur était possible. Des discours d'exhortations étaient écrits et distribués dans les ég'lises que les ministres n'avaient pu visiter.

« 0 étrange et impie aveuglement! écrivait Antoine Court. On ne voit pas de changements, point de réformation. Endurci qu'on est dans le crime, vendu au péché, on persévère, on persiste à olTenser l'Etre suprême. Indolent et insensible à ses coups les plus terribles, on ne pense pas à les détourner de dessus ses tètes criminelles, mais plutôt à satisfaire les passions infâmes qui les attirent et qui les irritent! Quelles larmes, quelles lamentations, quels gémissements ne mérite pas une conduite de cette nature ! Mais quels nouveaux sujets de larmes n'est-ce pas pour nous, M. F., devoir nos Eglises, nos sanctuaires dans la poudre, nos assemblées dissipées, nos ministres ])annis, nos chandeliers éteints, nos saintes Tables renversées, nos exercices de dévotion condamnés à un éternel silence, nos généreux athlètes enfermés dans d'étroites prisons ou enchaînés sur des galères, et enhn nos lumignons fumants, nos tisons sauvés de la grande incendie menacés du fleuve que le dragon roux fait sortir de la gueule pour sulmicrger l'épouse

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