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GAUBERT ET ROUX

pliait cependant. Il battait le pays, convoquait les assemblées, organisait les consistoires et célébrait la sainte Cène.

Heureusement il recruta en ce moment même deux collègues. Au Synode de 1720, un jeune homme, nommé Gaubert, fut reçu proposant ' , et l'année suivante un autre jeune homme, nommé Roux ^.

Les gouverneurs ne s'occupaient plus des protestants, et les soldats restaient jour et nuit dans leurs cantonnements : l'œuvre du « réveil » continua avec plus de succès. Les églises de la Lozère, Florac, le Pont-de-Montvert, Saint-Julien-d'Arpaon, Cassagnas, « firent de grands progrès et se relevèrent par une merveilleuse assistance de Dieu. » Les « tièdes » de Saint-Germain reprirent courage. On fut obligé d'augmenter le nombre des anciens des églises de Lasalle, Saumane et Alais. La ville même de Ganges, longtemps indifférente, renaquit à la foi ^ Pierre Durand vint en Languedoc pour prendre connaissance des

' N° 1, t. Il, p. 342. — « Le 13 décembre de la dite année, dit aussi Corteiz, M. Jean Gaubert, natif d'Arphy, paroisse d'Aulas en Cévennes, fut reçu en plein Synode, proposant. Après un sérieux examen, il fut admis pour prêcher l'Evangile, comme les autres proposants, sans toucher aux sacrements. »

* « Le 22 mai 1721, ledit François Roux, natif de Cavagnac (Cave!-' rac) en Vannage, se présenta pour être examiné en vie et mœurs et doctrine, afin d'être admis dans le corps des proposants. »

' « . . . Sur les bords de l'Hérault, écrit Corteiz, il y a une petite « villette nommée Ganges, habitée depuis la Réformation par des pro- « testants, mais qui s'étaient si fort relâchés dans ces dernières an- « nées, qu'on n'avait encore pu réveiller leurs consciences. Mais par « le secours céleste, l'année 1721, la prédication y a produit un eflet « admirable. On y a vu le zèle s'augmenter, le vice se ralentir, les « cabarets ne furent plus tant visités, ni les livres de piété tant né- « gligés... » N° 17, vol. H , p. 513. Relation historique, etc.

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règlements qui étaient en vigueur et les appliquer en Vivarais.

Eu 1722, la communauté de Montaren et les ég-lises de la montagne du Bouquet, près d'Uzès, se réveillèrent à la voix de Corteiz. Ce dernier, infatigable, passa l'année à courir le pays. Il se rendit à Canaules, à Sommières « dont quelques Messieurs blâmaient les assemblées » à Manoblet, Lasalle, Saint-Jean-du- Gard, à Peirolles, Saint-Roman, Sadorgues, Saint- Martin-de-Saumane, à Saiut-André-de-Gabriac, aux Plantiers, à Cassagnas, aux Beaumes, à Saint-Germain, Saint-Julien, Saint-Privat, au Collet de Dèze, à Saint-Hilaire, Saint-Micliel, prêchant partout où on l'en priait, dans les bourgs, dans les hameaux, établissant des consistoires et administrant la Cène. Au mois de septembre, il revint à Nîmes, et c'est à Boucoiran, petit village sur la route , qu'il rencontra Antoine Court, de retour de Genève. P. s'arrêta peu de temps avec lui et continua sa course. Il visita Saint-Quentin, Saint-Laurent, Fontamèche, Lussan, Vendras...

«... Quelques résidus des fidèles de la ville de Bagnols, proche Uzès, ayant appris que les fidèles du Pin s'étaient assemblés pour donner gloire à Dieu, m'envoyèrent un exprès pour me dire que leur ville était autrefois une Eglise considérable, mais qu'à faute de la prédication de l'Evangile ces pierres mystiques s'étaient disjointes, et qu'elles servaient à former une Eglise idolâtre. On ne voit, me dirent-ils encore que mariages bigarés, que bénitiers dans les manoirs, qu'empressement à se rendre dans la dévotion romaine. Quel remède à un si grand

' N'est-ce pas à cette date qu'il faut placer la lettre adressée par les habitants de Sommières? V. Pièces et documents, n" IV.

COURSES DE CORTEIZ

jiKiUiour? Je leur répondis que je ne voyais pas de remède plus eflicace et plus souverain que de leur porter le Ilambeau de l'Evangile., la lumière de la Parole de Dieu... »

Malheureusement il ne put aller à Bag'nols, et il ajoute : « J'ai appris avec douleur qu'ils croupissent encore dans leurs erreurs. » Aux fêtes de Noël, il se rendit enfin à Nîmes qui était comme le rendez-vous g'énéral, et donna la Cène « dans une cliambre secrète de la ville, h environ quatre-vingts personnes distinguées. »

L'année 1723 s'ouvrit sous les plus favorables auspices. Antoine Court et Corteiz recommencèrent à parcourir le Languedoc avec un succès croissant. Les ég'lises de la Lozère furent définitivement constituées. Le Vivarais accepta les règlements du Languedoc.

u Dans le mois de septembre, dit Corlei/!, M. Rouvière et moi nous allâmes en Vivarais. Nous y assemblâmes les prédicateurs avec un nombre considérable de personnes distinguées qui ont du zèle et de la piété; après avoir imploré le secours de Dieu et représenté la nécessité d'un ordre dans l'Eglise, et que ces MM. en eurent convenu, nous rangeâmes les paroisses en églises... La mémoire ne me fournit pas combien il y a d'églises dans le Vivarais; toutefois, il me semble qu'il y en a vingt-quatre »

C'est ainsi que le protestantisme se fortifiait dans la montagne « et que les prêtres perdcîient toute espérance de voir jamais la religion protestante rangée dans l'Eglise romaine. »

' V. ])lus liiuil p. 2(3 les règlement.s du \'iviU';us.

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