CONSISTOIRES ET ANCIENS
gouverneurs trop sévères, où d'ailleurs les prédicants n'avaient cessé depuis la Révocation de faire entendre leur voix, le réveil n'était point difficile, et les nouveaux convertis étaient assez disposés à faire ce que l'on réclamait d'eux. Mais en d'autres lieux, — les petites villes surtout et les villag-es, — où chaque voisin était un espion et le curé impitoyable, il fallait réitérer les prières, les instructions, les appels. Chose grave que d'obéir ! car tous savaient à quelles vexations ils allaient s'exposer, dès qu'ils seraient démasqués. Que réclamait le prédicant ? De ne point envoyer les enfants à l'école? Mais c'était se faire accabler d'amendes. De ne point se marier à l'église / C'était se mettre hors Ici loi. De ne point assister à la messe ? C'était chercher sa ruine. D'être assidu aux assemblées? C'était mériter les galères. Souvent dans le premier enthousiasme et sous l'effet des exhortation, le nouveau converti pouvait donner des marques de repentauce et prenait pour l'avenir les meilleures résolutions ; mais lorsque le prédicant était parti, que le son de sa voix ne retentissait plus à ses oreilles, et que lentement la réflexion succédait à l'enthousiasme, peu à peu son ardeur se modérait et les vieilles habitudes triomphaient. L'œuvre était à recommencer. Les Anciens avaient pour charge de remplacer le prédicant absent et d'entretenir la piété qu'il avait excitée. Ils prévenaient les chutes , veillaient sur les mœurs, censuraient les scandales et les fautes ; ils recueillaient encore les deniers de l'Eglise pour les pauvres, les malades et les prisonniers; surtout ils groupaient autour d'eux les protestants isolés, découragés par l'abandon où ils se trouvaient. Ils les