LES PRÉDICANTS SI
Lorsqu'à l'issue d'une assemblée, un fidèle se présentait pour être reçu Ancien, on réunissait aussitôt quelques protestants, — une ving-taine, — pour connaître leur opinion sur le candidat. On s'informait s'il était « vicieux, vindicatif, avare, vaniteux, joueur, fainéant, ivrogne, si sa femme était sag'e, s'il vivait en paix aveo ses voisins, s'il instruisait bien sa famille, .s'il était assez courageux et ])rudent pour conduire l'Egli.se '. » L'enquête était-elle favorable, le prédicant lui adressait une exhortation et l'installait dans sa charge. Au Synode suivant, il était rendit compte de cette nomination, et le SA'node, après en avoir délibéré, lui accordait « sa vénérable approbation. »
Mais le vrai chef, celui qui présidait et convoquait les assemblées, nommait les Anciens, censurait, exhortait, c'était le prédicant.
Graves fonctions que les siennes, malheureusement exercées trop souvent par des personnes qui n'en comprenaient pas la responsabilité ! On avait vu, et on voyait encore de tout jeunes hommes tenir des assemblées, et gravement, au milieu de l'admiration générale, faire des prières et réciter des discours. Court lui-même n'avaitil pas été de ce nombre ? Il y avait encore dans quelques villages, ou courant le pays, de pauvres ignorants qui tout à coup s'érigeaient en prédicants. Leui' prudence était loin d'égaler leur zèle; ils émettaient les plus absurdes idées, « corrompaient la religion » et compromettaient par leurs excès la cause qu'ils s'étaient donné mission de défendre.
< X» 1, t. II, i>. 70.5. (1722 )