LE PROPOSANT
mes; elle triomphe des obstacles les plus difficiles. Une bonne conscience marche toujours la tête levée. »
Tant de recommandations n'étaient pas inutiles. Il se présentaitsans cesse des inconnus pour prêcher, qui n'avaient à ce périlleux honneur ni droits ni titres. Aussi Antoine Court rappelait-il le règiement : « Recommandez fortement à Messieurs les Anciens de ne recevoir qui que ce soit qui se présente pour prêcher, quelque zélé, quelque savant qu'il paraisse, sans avoir premièrement été examiné selon la formule de nos règ-lements. Messieurs de Nîmes ont été la dupe d'un nommé Chauméri qui leur dit être ministre » C'était pour lui d'une importance extrême. Dès qu'il apprenait que le règlement avait été éludé, il se plaig'nait. « J'ai été fort fiiché contre Messieurs de Lasalle d'avoir ainsi reçu le nommé Boyer, sans examen. »
Prédicant est un mot vague qui servait à désigner trois classes d'hommes en réalité parfaitement distinctes. Sous ce nom générique, on comprenait les proposants, les prédicants et enfin les pasteurs ^
Le proposant était un de ces jeunes enthousiastes que le zèle pour la religion opprimée et le mépris du martyre poussaient de bonne heure à courir le pa^^s en prêchant et convoquant des assemblées. Quelques années plus tôt, ils eussent figuré parmi les bandes camisardes et passé pour inspirés. Mais Court avait soin de modérer leur ardeur. Venait-il dans une de ses
Peut-être ferions-nous mieux de dire : les élèves proposants, les proposants, et enfin les pasteurs; plus tard, en eflet, il n'y eut guère de prédicant qui ne devînt pasteur.