‹ Antoine CourtChapitre 68 sur 251 · VIE D'UN PROPOSANT · texte numérisé non relu

VIE D'UN PROPOSANT

courses à rencontrer uu jeune homme bien disposé, loin de l'abandonner à ses propres impulsions, il se l'attachait pour le connaître.

Après avoir pénétré le caractère du jeune homme, s'il le croyait apte au ministère, il l'emmenait avec lui et au milieu des dangers de chaque heure l'instruisait, l'exhortait, le préparait à ses futures fonctions de prédicant. C'est ainsi qu'avant 1723 furent admis Betrine, Pierredon, Céphas Deleuze, Jean Gaubert, Roux.

Dur apprentissage et plein d'un rude labeur! Mille périls à affronter, l'ennemi à fuir, les nuits passées à la belle étoile, le gîte incertain, les long'ues marches, et pour toute joie, toute consolation, l'enseignement du pasteur et la présence aux assemblées , voilà quelle était leur vie.

"... Je fis dresser, raconte Court, un lit de camp dans un torrent et au-dessous d'un rocher. L'air nous servait de rideaux et des branches feuillées soutenues par des perches traversées nous servaient de ciel. C'est là que nous campâmes près de liuit jours ; c'étaient là nos salles, nos parterres et nos cabinets. Pour ne pas laisser écouler le temps inutilement et pour exercer nos proposants, je leur donnai un texte de l'Ecriture sainte pour y faire des réflexions. Ce fut les onze premiers versets du cinquième chapitre de saint Luc. Il ne leur était permis ni de se communiquer leurs lumières les uns aux autres, ni de se servir d'autres secours que de la Bible. Aux heures de récréation, je leur proposais tantôt un point de doctrine à expliquer, tantôt un passage de l'Ecriture, tantôt un précepte de morale, tantôt je leur donnais des passages à concilier. Et voici la méthode dont je me servais. Dès avoir proposé la question, je demandais au plus jeune son sentiment, et par rang de l'un à l'autre, jusqu'au premier. Après que chacun avait dit ce qu'il en pensait, je m'adressais do nouveau au plus jeune pour lui demander s'il

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