LE PRÉDICANT, LE PASTEUR
nuit par la prière, par des applaudissements, des félicitations et des embrassements réciproques.
Les fonctions du prédicant se rapprochaient beau- ■ coup de celles du pasteur. Comme eux ils prêchaient, couraient le pays, convoquaient les assemblées, organisaient les Consistoires, faisaient respecter les règlements. Ceci seul les distinguait, c'est que n'ayant pas reçu l'imposition des mains, il ne leur était pas permis d'administrer les sacrements et de donner la Cène. Un des prédicants, — Vesson, — se permit un jour d'offrir la communion ; on lui en fît un crime, et ce ne fut pas le moindre des griefs qui, plus tard, le firent « déposer.» Les pasteurs, — et pendant long-temps on ne compta dans ce corps que Corteiz, Roger etCourt, — avaient seuls le droit de s'acquitter de toutes les fonctions pastorales.
Malgré ces degrés, un peu trop marqués peut-être, et qui dans la pratique s'effaçaient souvent, il n'y avait personne qui eût le droit de s'attribuer une supériorité quelconque. L'égalité était absolue. « Que si vous remarquez quelque diff'érence dans la conduite que nous tenons, disait Court, vous le savez, cela n'arrive que par l'obligation où nous sommes d'administrer
toine Court :«0 Dieu! que ton amour et ta sagesse sont incompréhensibles. Tu suscites pour l'instruction et la consolation de tes Eglises adligées des jeunes gens sans études, sans secours, sans moyens, qui nous édifient et q[ui nous charment par des réponses pleines d'onction et de sagesse, et qui sont tout prêts, non-seulement à prêcher ta parole au milieu des dangers et des périls qui les menacent au milieu d'une violente et dure persécution, mais encore à sceller de leur sang les vérités de ton Evangile. Il ne faut pas moins que ta dextre pour luire des choses si grandes et si miraculeuses, et que ton amour pour veiller d'une manière si distinguée à notre salut ... » N" 7, t. II, p. KA.