‹ Antoine CourtChapitre 75 sur 251 · CRUELLES FORMALITÉS · texte numérisé non relu

CRUELLES FORMALITÉS

ses exig'ences et avaient recouru à sou miuistère, bien que leur abjuration, conséquence directe de leur comparution, ne fut sincère en aucune façon. Qu'avait-il donc fait? Désireux d'éviter à tout prix la profanation des sacrements, il avait résolu de ne conférer le mariage qu'à ceux dont les sentiments religieux ne lui seraient pas suspects et qui auraient, pendant plusieurs mois, donné des preuves publiques et certaines de catholicité. Ici, il imposa des « épreuves » de quatre, six et douze mois; là, avant d'inscrire sur les registres les noms des conjoints, il exigea d'eux des professions de foi écrites ou de vive voix ' .

« Comment donner, disait un prêtre, un sacrement de l'Eglise, et un sacrement qui suppot^e la grâce et une conscience pure, à des gens qui font profession de ne pas croire à l'Eglise

1 Voici la formule d'alijuration qui était imposée en Langueiloc aux nouveaux convertis ; « Nous, susdits... croyons de ferme foi et confessons tous et un chacun des articles contenus au symbole de la foi duquel use la sainte Eglise romaine... Je crois eu Dieu, le Père toutpuissant... Je crois à une sainte Eglise catholique, apostolique et romaine; je confesse un seul baptême pour la rémission des péchés, et attends la résurrection des morts et la vie des siècles à venir. Ainsi soit-il ! — Je crois et embrasse fortement la tradition des apôtres et de la sainte Eglise, avec toutes les constitutions et observances d'icelle. J'admets et reçois la sainte Ecriture et au sens que cette mère Eglise tient et a tenu, à laquelle appartient de juger de la vraie intelligence et interprétation de ladite Ecriture, et jamais je ne la prendrai ni exposerai que selon le commun accord et consentement unanime des Pères. Je confesse qu'il y a sept sacrements de la loi nouvelle, vraiment et proprement ainsi appelés, institués par notre Seigneur J.-C, et nécessaires, mais non pas tous à chacun, pour le salut du genre humain, lesquels sont : le baptême, la conlirmation, la sainte eucharistie, la pénitence, l'extrême-ouction, l'ordre et le mariage, et par iceux que la grâce nous est conférée, et que d'iceux le baptême, la confirmation et l'ordre ne se peuvent réitérer sans sacrilège. — Je crois aussi et admets les cérémonies approuvées par l'Eglise catholique et u'iifées en l'administration solennelle desdits

PROFESSIONS DE Eôl

f't qui no donncnl aucune marquo do catholicité?... Aussi exiget-on partout quelque temps d'épreuve, pendant lequel on instruit les fiancés ; on exige ensuite une profession do foi par laquelle ils disent qu'ils croyent tout ce que l'Eglise catholique, apostolique et romaine croit et enseigne, et qu'ils condamnent tout

sacrements. — Je cz'ois aussi et embrasse tout ce qui a été défini el déterminé parle saint Concile de Trente toucliant le péclié originel et la justification. — Je reconnais qu'en la sainte messe l'on offre k Dieu un vrai, propre, propitiatoire sacrifice pour les vivants et pour les morts, et que le corps et le sang avec l'âme et la divinité de J.-C, est vraiment, réellement, substantiellement au très-saint sacrement de l'eucharistie, et qu'en icelui est faite une conversion de toute la substance du pain au corps et du vin au sang, laquelle conversion l'Eglise romaine appelle transsubsta«tiation. — Je confesse qu'il y a un purgatoire où les âmes détenues peuvent être soulagées par les suffrages et les bienfaits des fidèles. — J'avoue qu'on doit honorer et invoquer les saints bienheureux et régnants avec J.-C, lesquels prient et offrent à Dieu leurs oraisons pour nous, et desquels on doit vénérer les saintes reliques; comme aussi que l'on doit avoir et retenir les saintes images de J.-C. et de sa bienheureuse mère, perpétuellement vierge, et des autres saints et saintes, en leur faisant l'honneur et la révérence qui leur appartient. — Je confesse que notre dit rédempteur J.-C. a laissé h son Eglise la puissance des indulgences et que l'usage en est très-salutaire au jjeuple chrétien. Je reconnais la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, mère et supérieure de toutes les Eglises. Je promets une entière obéissance au pape et saint-père, à Rome, successeur de saint PieiTe, chef et prince des apôtres et vicaire de J.-C. J'approuve sans aucun doute et fais profession de tout ce qui a été décidé, déterminé, déclaré par les saints ranous et conciles généraux, et spécialement par le Concile de Trente, et rejette et réprouve tout ce qui leur est contraire, et toutes hérésies condamnées et rejetées et anathématisées par l'Eglise... — Nous, tel... et telle... promettons, vouons et jurons sur ces saints Evangiles de persister entièrement et inviolablement jusqu'au dernier soupir de notre vie, moyennant la grâce de Dieu, en cette foi catholique, hors de laquelle il n'y a point de salut et nul ne se peut sauver, et tout présentement nous faisons, sans aucune contrainte, profession, et, tant qu'il nous sera possible, la ferons tenir, garder, observer et professer par tous ceux desquels nous aurons charge en notre maison et état. Ainsi, Dieu soit en notre aide et en saints Evangiles, sur lesquels

nous le promettons, en faisant serment entre les mains de messire

vicaire général et officia), h...., le »

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