‹ Antoine CourtChapitre 77 sur 251 · INQUIÉTUDE DE LA CUUR · texte numérisé non relu

INQUIÉTUDE DE LA CUUR

breuses pour que la cour .s'en inquiétât sérieusement. Elle comprenait en effet que si ces fâcheux exemples se généralisaient, c'étaient d'inextricables difficultés qui se préparaient pour l'avenir ; que l'Eg-lise ne reg-arderait jamais ces mariages comme valides, à moins qu'ils ne fussent de nouveau célébrés en présence du prêtre et sous les conditions fixées par les canons; et que, si ces relig'ionnaires dont elle niait officiellement l'existence, mais dont elle n'ig-norait pas le nombre, prenaient décidément le parti de se passer des sacrements de l'Eglise, elle aurait un jour devant elle une multitude d'hommes dont les mariages seraient appelés concubinages et les enfants bâtards, qui ne pourraient ni tester ni hériter, et qui vivraient eu France, dans le royaume, quoique Français et quoique sujets, hors la société êt comme des parias

Pour être fondées, ses craintes étaient cependant à cette époque singulièrement prématurées. Si les infractions à la loi que lui sig*nalaient ses intendants n'étaient point rares, elles n'étaient pas en nombre si consi-

' Le maréchal de Chamilly posait très-bien dans son rapport les termes du problème qui devait se débattre plus tard (V. Bibliothèque nationale, Mss. u'' 704G, p. 22.); et il n'était pas le seul. Plusieurs mémoires furent composés sur ce sujet et communiqués à d'Aguesseau qui, d'un trait, indiqua résolûment le remède :

« Le mariage est aussi le contrat le plus important de tous ceux qui se passent dans la société. Le Roi en est le maître, et peut y établir telle règle que Sa Majesté jugera à propos, par rapport aux effets civils au moins; mais pour le faire avec toute la circonspection que la chose le mérite, il sera nécessaire de demander l'avis des principaux magistrats du parlement de Paris et de ceux des provinces, tant sur les causes de cette nature qui s'y sont présentées et qui y ont été jugées ou qui y sont encore pendantes, que sur les règles générales qui y pourront être établies. » Bibliothèque nationale, Mss. n" 7046, p. 20.

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