‹ Antoine CourtChapitre 78 sur 251 · CRAINTES PRÉMATURÉES · texte numérisé non relu

CRAINTES PRÉMATURÉES

dérable qu'elle dût eu preudre déjà l'alarme. Elles u'étaient qu'un symptôme : le mal n'avait pas encore de profondes racines. Ce fut seulement vers 1730 que les mariages se multiplièrent au Désert, et que la totalité des protestants prit la résolution de se marier en présence des prédicants. L'abbé de Caveirac devait même assigner « à cette grande licence » une date plus reculée, l'année 1743. « Avant ce temps, dit-il, il y avait bien quelques mariag*es de la môme espèce, mais c'était dans les montagnes du Vivarais et dans les Cévennes, et en si petite quantité qu'ils ne faisaient pas de sensations dans le royaume » La vérité est, qu'en 1715, à la mort de Louis XIV, et sous la Régence, la plupart des religionnaires reculaient devant la note infamante dont on les menaçait, qu'ils se soumettaient à toutes les exigences du prêtre, et que c'était bien à l'église qu'ils allaient faire bénir et légitimer leurs unions. Chacun, il est vrai, essayait d'atténuer en quelque manière l'horreur des conditions qui lui étaient imposées. Ceux-ci affectaient de railler les cérémonies auxquelles ils assistaient, et ceux-là gagnaient un prêtre à prix d'argent pour qu'il les en dispensât. « Tls disent, écrivait le Père Guerrier, qu'ils trouvent des curés qui à la vérité se font bien payer, mais qui les marient pour leur argent. L'on m'écrit qu'ils se font donner jusqu'à quinze pistoles. 11 est triste qu'il se

' Mémoire politico-critique, on Von examine s'il est de Vintérdt de VEglise et de VEtat d'établir pour les calvinistes du royaume raie ■nuicvelle forme de se ma.rier, et où Con réfute Vécrit qui a pour titre : Mémoire théologique et politique au, sujet des mariages clandestins des protestants, p. 19, in-8. (175(3.)

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