‹ Antoine CourtChapitre 86 sur 251 · SOUFFRANCES ET CONTRE-TEMPS · texte numérisé non relu

SOUFFRANCES ET CONTRE-TEMPS

tr("'s-fort, pondant le temps de la dévotion. Nous n'avions d'autre couvert que le ciel. Jugez de quelle façon nous fûmes mouillés ! Au moins je puis dire que je sentais couler l'eau le long de l'épine du dos et de ma chemise. Qui ne voit la peine qu'il faut souffrir pour trouver la Parole de Dieu ; et heureux encore si l'on était au Désert en sûreté ! Cependant je n'aperçois la dévotion plus vive ni plus ardente que quand on se trouve dans ces extrémités. »

Et ailleurs :

« Le samedi au soir, la veille de l'assemblée, il se leva un vent si fort et si froid que l'eau glaçait sous les pieds. Ce qui ht que dans cette haute montagne où il se fait des assemblées considérahles, il ne se rendit qu'environ mihe àmcs qui forcèrent contre le vent impétueux. Je leur exposai la prédication que j'avais méditée; mais, hélas! à tous moments le vent me fermait la bouche et me coupait la parole. Ah! qu'on est malheureux de se trouver dans un lieu où l'on ne peut prier Dieu qu'au risque des galères et de la mort môme »

Parfois la date était fausse, l'heure était mal indiquée, le rendez-vous mal pris, et l'on ne trouvait pas le lieu de l'assemblée ; parfois encore celle-ci était contremandée et, au risque de tomber dans une embuscade des troupes, on courait à la recherche d'un prêche qui ne pouvait avoir lieu. « Ceux qui devaient assister à l'assemblée étaient déjà mandés pour cela, lorsque quelques fidèles étaient venus rapporter qu'elle ne pouvait pas se tenir sans dang-er, à cause que les vig-nes qui étaient autour se trouvaient g-ardées par les catholiques-. » Mais ceux qui n'avaient pas été prévenus

' N° 17, vol. H. Relation historique, etc. 2 N« 46, cah. I.

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