LK DÉSERT
avaient battu le pays toute la nuit. C'étaient de nouveaux dang'ers à affronter pour le prêche suivant.
Plus de temples : ils avaient été démolis ou brûlés ; leurs matériaux avaient servi à construire des ég'lises. On se réunissait donc dans les endroits écartés. Une caverne, l'enfoncement d'un l)ois, un ravin ig-noré, une ferme abandonnée étaient les sanctuaires habituels. C'est ce qu'on appelait le Désert.
L'assemblée était lente à se réunir. Peu à peu cependant, les groupes se formaient. Au temps passé, entre la soumission des Camisards et la venue de Court, il n'y avait guère qu'une centaine de personnes, parfois plus, souvent moins. Avec Antoine Court on vit des assemblées qui comptèrent jusqu'à deux mille auditeurs. « Il me souvient, dit-il, il n'y a que quatre jours que nos plus nombreuses assemblées n'excédaient pas le nombre de deux à trois cents, et quand nous en voyions une qui allait à ce nombre, peu s'en fallait que nous ne criassions au miracle. » Dès l'année 1718, on compta les assistants par milliers, et il est parlé quelque part d'une assemblée oii il n'y avait pas moins de quatre mille fidèles.
Il s'y trouvait beaucoup d'hommes et de jeunes gens; les femmes pourtant dominaient, intrépides, courageuses, exaltées.
Cependant, on disposait les sentinelles, choisissant les plus agiles et les plus forts'. Si l'assemblée se te-
* N°46, eali. II, p. -14.— Un Synode, tenu en 1720, revint sur ce point. '< Les circonstances fâcheuses demandant que l'on prenne de plus grandes précautions i)our la conservation des assemblées, il a été décidé que les anciens auront soin de fournir de sentinelles les lieux où il y a garnison. » Reaieil des actes synodaux, etc.