‹ Antoine CourtChapitre 88 sur 251 · SENTINELLES, PANIQUES · texte numérisé non relu

SENTINELLES, PANIQUES

nait non loin d'une ville, on les échelonnait de poste en poste jusqu'aux murailles pour donner l'alarme, au cas qu'un détachement sortît ; si elle se tenait en rase campagne ou dans une caverne, on les établissait dans les alentours en leur ordonnant de se replier à la première apparence de péril. C'était parfois la source d'épouvantables paniques. Un jour, Court était sur le point de donner la bénédiction ; les sentinelles les plus voisines s'en étant aperçues coururent en hâte pour avoir part à ce dernier acte du culte. Malheureusement elles avaient des boutons de cuivre sur leur justaucorps et s'avançaient rapidement. (Quelques-uns les prirent pour des soldats. L'alarme fut donnée. Les derniers voulait prendre la fuite renversèrent les premiers, et dans un moment la confusion fut portée à son comble. Enfin on reconnut l'erreur et le service interrompu fut continué avec une nouvelle joie

0 Le 25 novembre, dit Corteiz, rassemblée fut formée la nuit, dans une maisonnette de laquelle on se sert pour sécher les châtaignes, dans un Lois proche de nos formidables ennemis. L'assemblée était formée en faveur des paroisses de Saint- Martial, de la Mialouze et du Collet de Dèze. Comme la maison était petite, on pria les Anciens de ne mener que des communiants ; mais Ijien qu'on eût enjoint à ceux quifaisaientla fonction de cloches de n'en mener qu'un petit nombre, il en vint beaucoup plus que la maison ne pouvait contenir ; mais la peur y pourvut. Les deux sentinelles virent quatre hommes avec chacun un flambeau à la main pour s'éclairer. A la vérité, c'étaient des ennemis, mais qui ne pensaient point à nous. Nos sentinelles se donnèrent peur. Il leur parut que ces flambeaux venaient à nous, bien qu'il ne fut pas vrai ; ils vinrent donner

1 N" 46, cab, II

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