‹ Antoine CourtChapitre 94 sur 251 · SURPRISES D'ASSEMBLÉES · texte numérisé non relu

SURPRISES D'ASSEMBLÉES

arrêter au retour, firent mettre la bourgeoisie sous les armes et g-arder les portes. La chose fut conduite avec tant de secret qu'on n'en fut informé que lorsque les fidèles de ce lieu donnèrent à leur retour dans l'embuscade. Un des bourgeois armés, touché sans doute du triste sort qui menaçait ses concitoyens s'ils étaient arrêtés, tira en l'air son fusil pour faire comprendre ce qu'il y avait à craindre pour eux, s'ils approchaient. A ce signal, ceux qui étaient encore éloignés de la porte prirent la fuite. » Mais quelques-uns furent pris. On fit grand bruit à Montpellier de l'afi'aire. Un captif fut condamné aux galères, sept à la même peine par contumace, et le bourreau vint inscrire à Gallargues leurs noms sur un poteau, au milieu de la place publique ' .

Telles étaient les assemblées qu'annonçait à ses frères l'homme qui, le matin, venait convoquer pour le Désert les survivants des dernières persécutions. Nul ne manquait à l'appel : tous y allaient , enfants , femmes et vieillards. Les temples démolis, le culte supprimé, la foi proscrite, on continuait ainsi la tradition interrompue, on affirmait l'existence de la Réforme. Non pas qu'on voulût former un Etat dans l'Etat, et qu'on méconnut l'obéissance due aux Puissances. Les Puissances, aux yeux de tous, étaient ordonnées de Dieu, et nul ne cherchait à le contester -. La politique était exclue de ces assemblées, et, pour dire le vrai, songeant à Dieu, avait-on le temps de

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