‹ Antoine CourtChapitre 98 sur 251 · LE PROTESTANTISME ET LA RÉGENCE · texte numérisé non relu

LE PROTESTANTISME ET LA RÉGENCE

C'est avec une entière confiance, avec joie, que les protestants avaient salué à la mort de Louis XIV l'avénement du duc d'Orléans. Ils avaient pensé qu'une ère de tolérance allait désormais s'ouvrir, et que tous les édits qui pesaient sur eux disparaîtraient en même temps que celui qui les avait signés

Une première déclaration troubla leurs illusions. Le Régent signifia hautement « qu'il maintiendrait les édits contre les religionnaires. » Il ajoutait toutefois « qu'il espérait trouver dans leur bonne conduite l'occasion d'user de ménagements conformes à sa clémence ^. » Cette seconde phrase raviva et raffermit

1 On dit généralement que la Régence fut pour le protestantisme un temps de tolérance, presque de liberté religieuse. Rien n'est moins fondé; ce chapitre et le chapitre via en fourniront la preuve.

* Joly de Fleury en convient aussi : « Les nouveaux convertis se sont persuadés, depuis la mort du feu Roi, que Vindulgence dont on a usé pendant les premières années du règne de Louis XV (\) pouvait leur faire espérer le rétablissement de l'exercice de leur religion. » Extrait d'un rapport deLaFare. Bibliothèque nationale, Mss. n» 7046, p. 213.

8 Histoire de la Régence, par Lemoi\tey. Paris. (1832.) I 9

Page 1