CONFIANCE DES PROTESTANTS
leurs espérances. Le maintien des^édits, pensèrentils, n'était qu'un acte de pure politique, et ils coururent en foule aux assemblées qu'Antoine Court et ses collègues commençaient de convoquer ^ — De cruels événements ne devaient pas tarder à leur montrer sous leur vrai jour les intentions du pouvoir.
Le duc d'Orléans n'avait personnellement aucune haine contre « les huguenots, » comme il les appelait ;
• N'est-ce pas sous Tempire de cette pensée que l'ut écrite cette requête naïve et charmante dans son embarras, envoyée au Régent, en 1716, par les i-eligionnaires duDauphiné?— Ah! pour rien au monde, ils n'auraient voulu le compromettre,
« Monseigneur, quatre ou cinq personnes du nombre des religionnaires du Dauphiné, osent prendre la liberté d'écrire à Votre Altesse Royale, sans oser cependant signer leur lettre, pour l'assurer premièrement de leur soumission profonde et leur fidélité inviolable et lui donner avis en même temps que quelques-uns des leurs, qui habitent dans les hameaux et villages de la campagne, se sont émancipés depuis quelques semaines de faire des assemblées, dans la seule vue toutefois de prier Dieu et se consoler ensemble, sans le moindre port d'armes, quel que ce puisse être, en secret, autant qu'il leur a été possible, et sans aucun tumulte, désordre ni sédition.-^ Dès que nous avons été informé de la chose, nous pouvons, Monseigneur, assurer Votre Altesse Royale, avec la dernière sincérité, que nous n'avons riën négligé de ce qui peut être en notre pouvoir pour l'empêcher et pour réprimer ce zèle hors de saison. Comme la prudence ne nous a pas permis de nous transporter dans les endroits où ces assemblées peuvent se former, de peur que quelques catholiques d'un zèle outré et trop aillent n'eussent pu imputer nos démarches à un motif directement opposé à celui qui nous les aurait fait entreprendre, nous n'avons cessé d'être aux aguets les jours de marché pour avertir les paysans de notre connaissance d'être sages, de demeurer tranquilles, de discontinuer ces sortes d'assemblées et de se contenter de prier Dieu chacun chez soi et dans sa famille. Nous leur avons recommandé fortement de donner le même avis, de main en main, à tous leurs voisins ; en un mot, d'être fidèles au Roi, et de ne rien faire contre les lois d'un gouvernement aussi équitable que celui de Votre Altesse Royale, sous lequel nous avons tous le bonheur de vivre. » Archives nationales, TT. 463. (Avril 1716.)