Listniction de Philippe II à Garcilasso de la Vega, du
3H AHÏDINE DR BOCRBON
phts tard I4iilippe de MontmoreDcy-Nivclle, comte de Boni, grand seigneur flamand, que Hen n'avait encoi-e éloigné dehoonfianoc de son maître', eleDGn.aumots de septendMV, Antonio de Tolède ^, pour redresser ia ooorde France dans la ligne orthodoxe ^. Le nooœ ^KMtcdîqoe encourageait la politique espagnole et m appdait sans cesse à l'intervention de Pliilippe II des &iUesses et des ménagements coupables du roi *. HaUiMireuaemmt les Guises avaient indisposé l'ambassadeur d*E^tagne, à l'occasion de la rançon d'un prisonnier, qui appartenait en partie au grand prieur de LcMTaine. GhaoLona}* avait < bravé avec mille c pan^ tant insolentes et si peu sentantes • les favCHÛ du ru, diarg^s de lui communiquer un arrêt du oonadl privé, que François 11, « malcontent de « se vCHf si wéprisC- et dédaigné d'un tel gatand, * avait demandé sod rappel au roi d'Espagne^. Depuis
16 avril 1560 (Miaula orig., K. 1493, n* 54). G&rcilasao tmra i U cour de Fruic« eu mu (Lettre de Cliuitoii&y à la duchesse de Panne, du 13 mai ; Recueil conservé aux arch. de Bmxellei,
I. Le comte de Horn était Dotamment 1 ta cour le 1* juin ane Chantonay (Lettre de Chanlonay à la duchesse de Panne, dn )» juin; Recueil Muservé aux arch. de Bruxelles, f. 79).
î. Antonio de Tolède partit le 3 septembre 166U (Note écrite au dos de l'instruction de Philippe II citée plus liaut).
3. Lettre de L'Aubespine au cardinal de Lorraine, da 31 aoU (Orig., f. fr., vol. 15874, f. 106). -~ Lettre da Philippe II au m de France, du 2 septembre 1560 (Minute orig., Arch. nat, K. 1493, n* 81).
4. Voyei notamment la lettre du nonce apostolique eu Frsnoa au nonce apostolique en Espagne, du 31 aoAt 1560 (Orig. iUlien; Arch. nat., K. 1496, n* 4).
5. Lettre du roi à L'Aubespine, de juin 1560 (Minute ; f. fr., vol. 15874, f. &3}. Voyei sur cette même aflaire une lettre du cl^
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cette époque, il n'était pas d'insinuations que Ghantonay ne portât contre les Guises auprès de son maître. Son mauvais vouloir suggéra au roi et à la reine mère ridée d'écrire de leur propre main à leur nouvel allié. La lettre fut bien accueillie, mais, retenu par le formalisme espagnol, Philippe II répondit que le secours devait être demandé par les voies diplomatiques et que son conseil aviserait^. Le délabrement de ses finances, qui lui défendait de nouveaux armements ^, ne l'empêcha pas de s'engager. Il promit à L'Aubespine de mettre toutes ses forces et même sa personne en ligne pour écraser les ennemis de sa foi ^, et décida que les compagnies espagnoles seraient dirigées sur Perpignan ^. Le même jour il écrivit à Antonio de Tolède ^ et l'alliance fut conclue, à la grande satisfaction du roi, de la reine mère et des Guises ^. Le duc d'Âlbuquerque appela sous les armes tous les hommes
dinal (f. 51). Ces pièces manquent aux Négociations sous François II de M. Paris.
i. Relation d'une audience donnée par Philippe II à l'ambassadeur de France, du 13 septembre 1560 (Minute espag. ; Arch. nat., K. 1493, n* 84).
2. Lettre de L'Aubespine au roi, du 16 septembre 1560 C^d^ociatiens sous François II, p. 540).
3. Relation d'une audience donnée à l'ambassadeur de France le 13 septembre (Minute orig. ; Arch. nat., K. 1493, n« 84).
4. Mémento pour Ruy Gomez de Silva, du 24 septembre 1560 (Copie espag., Arch. nat., K. 1493, n* 90).
5. Lettre de Philippe n à Antonio de Tolède, du 24 septembre 1560 (Minute espag. ; Arch. nat., K. 1493, n* 87).
6. Lettre de Ghantonay à Philippe n, du 7 octobre 1560 (Orig. espagnol; Arch. nat., K. 1493, n* 100). Le cardinal de Lorraine et le duc de Guise répondirent à Philippe II par de grandes protestations de dévouement (Orig. espag., K. 1493, n<» 98 et 99).
valides de vingt ans à soixante * . Dans les Pays-Bas, la duchesse de Parme ordonna de grandes levées'. Catherine adressa à PhiUppe II une lettre de remerd* ment^. Cependant le sœptique ambassadeur d'Espagne doutait que la cour de France usât du secours autrement que conune d'un épou vantail, par ménagement pour les hérétiques. En effet, Jean de Morvilliers, évêque d'Orléans, Fun des interprètes les plus autorisés de la politique de la cour, écrivait à son neveu. Bernardin Bochetel, évèque de Rennes, ambassadeur auprès de Tempereur, c que le roy catholique avmt c voulu induyre le roy de faire ligue avec luy contre € lesprotestans,àquoyS.M.n'avoitvouluentendre^. > Cependant le sort de la guerre, une seule bataille rangée pouvaient mettre la victoire aux mains da roi de Navarre. Le duc s'efforça de couper court aux préparatifs du prince en le gagnant de vitesse. Le roi expédia dans les provinces le duc de Montpensier, le prince de La Roche-sur- Yen , le duc de Nevers, les maréchaux François de Montmorency,
1. Lettre du duc d^Albuquerque à Philippe II, de novembre 1560 (Gop. espag. ; Arch. de la secret. d'État d'Espagne, leg. 358, f. 52).
2. Lettres de Throckmorton, du 10 et du 24 octobre 1560 {Calendars, 1560, p. 340 et 371).
3. Lettres de Catherine de Médicis, t. I, p. 149. Au dos de cette lettre, sur l'original (Arch. nat., K. 1493, n* 22), on lit cette curieuse annotation autographe de Philippe II qui n'a pas été publiée : c Que por esta gran novedad yo me he acordado lo que f debe de responder a ella y a los que alla os he enviado para € este efecto. »
4. Lettre originale de Morvilliers, du 31 septembre 1560 (V^ de Golbert, vol. 394, f. 20).
de Saintr-André, de Brissac, Yillebon, Yielleville, seigneurs de tendances diverses, qu'il employait pour obtenir un plus grand étalage de forces. Le conseil privé avait agité d'envoyer en Guyenne quatre sous-gouverneurs afin de balancer l'autorité du roi de Navarre ^ mais les Guises jugèrent prudent de ne prendre aucune mesure capable de secouer rindolence de leur rival. Cette réserve ne les laissait pas découverts. Le roi entretenait en Guyenne, sous le commandement de capitaines ou de lieutenants d*un dévouement éprouvé, la compagnie du roi de Navarre lui-même, de cent lances, en garnison à Âgen, celle du maréchal de Thermes, de cinquante lances, à Samathan, celles de Biaise de Monluc, de Burie, de Jarnac, de Daillon du Lude, de Lansac, de La Trémoille, d'Ârtus de Gossé, seigneur de Gonnort, frère du maréchal de Brissac, du duc de Montpensier, de La Vauguyon et du prince de Navarre, chacune de trente lances, à Grenade, à Saintes, à Saint-Jean d'Ângely, à Niort, à Ângoulème, à Saint-Maixent, à Ghavigny, à La Haye, à Bourganeuf et à Limoges'. Enfin un grand nombre de capitaines de gens de pied, retirés dans leurs maisons en Guyenne, Mabrun, Savignac, Monbadon, Garbonnier, le Puch, Montastruc, Landrière. Saillant, Gadillan, Saint-Martin et Guitinières,
1. Relation d'une audience donnée par Philippe II à l'ambassadear de France le 13 septembre 1560 (Ârch. nat., K. 1463, n« 84).
2. Département des compagnies de la gendarmerie pour le quartier d'octobre, novembre et décembre 1560, pièce orig., signée Montmorency (f. fr., vol. 3243, f. 45).
n'attendaient que les ordres du roi pour rqf^raidre les armes ^ .
Ainsi armés, les Guises prirent Tc^ensive ocmtre les Bourbons, mais, décidés à procéder avec prudence, ils ne s'attaquèrent d'abord qu'au prince de Gondé, le plus dangereux, le plus faible et le plus compromis.
Le lendemain de l'arrestation du vidame de Chartres, François II avait envoyé au roi de Navarre le comte Antoine de Grussol, plus tard duc d'Uzès, dievalier d'honneur de la reine mère. Grussol partit en poste' pour Nérac, cachant à la cour le but de son voyage et laissant croire qu'il allait en Angleterre^. Le secret de sa mission fut bientôt pénétré par les courtisans. Ghacun jugea que le message était une déclaration de guerre et que les Guises allaient démasquer leurs batteries contre les Bourbons *. Ghantonay et même le duc d'Albuquerque transmirent la nouvelle à Philippe II ^. Cependant les Guises affectaient un langage
1. Pièce sans date, mais qui par sa place se rapporte au mois de septembre 1560 (f. fr., vol. 15873, pièce 18).
2. Lettre de Throckmorton, du 8 septembre, à lord Cecil {Calendars of State papers, 1560, p. 288).
3. Lettre orig. en espagnol de Ghantonay à Philippe II, du 8 septembre 1560 (Arch. nat., K. 1493, n* 83). Mais en finissant sa lettre l'ambassadeur fut informé de la vérité. Throckmorton avait cru aussi au voyage de Grussol en Angleterre (Calendars of State papers, 1560, p. 288).
4. Relation d'une audience donnée par Philippe II à Tambass. de France, du 13 sept. 1560 (Arch. nat., K. 1493, n» 84). — Lettre de Michieli, du 30 août (ou des jours suivants?) (Mss. Dépêches vénit., ûlza 4, f. 160).
5. Lettre de Ghantonay, du 8 septembre 1560 (Orig. espagnol ; Arch. nat., K. 1493, n* 83). — Lettre du duc d'Albuquerque à Philippe II, du 17 sept. 1560 (Gopie espag. ; Arch. de la secret. d'État d'Espagne, leg. 358, f. 52).
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modéré à Fégard des princes. Le cardinal de Lorraine confia à Tambassadeur d'Espagne que le roi convoquait le roi de Navarre et Gondé pour leur fournir l'occasion de se justifier et qu'après une instruction destinée à faire ressortir leur innocence, le roi les € embrasseroit > comme ses meilleurs vassaux. Ghantonay ne se faisait pas illusion sur ces effusions de tendresse, mais, il pensait que les Guises se contenteraient de réduire leurs rivaux à l'impuissance, soit en les retenant à la cour, soit en leur imposant une amende honorable ^ .
Grussol arriva vers le 8 septembre auprès du roi de Navarre. Sa mission officielle était de lui conununiquer la prochaine réunion des états généraux ; il devait en outre lui signifier que le roi c désiroit infiniment qu'il le vint trouver le plus promptement qu'il sera possible. > L'appel était accompagné d'insinuations menaçantes : c qu'il ne luy pouvoit celer qu'il avoit depuis six mois eu une infinité d'avertissements de plusieurs endroits de son royaume qu'on praticquoit hommes et leur promettoit-t-on congé, pour prendre les armes et s'eslever quand il leur seroit conmiandé ; et, que de ceste belle entreprise, on n'en chargeoit que M. le prince de Gondé, son frère, au nom duquel une infinité de gens ont esté
pratiquez
qu'il le prioit, ^ur tout le service qu'il désiroit jamais luy faire, de luy amener luy-mème M. le prince son frère, pour ouyr en sa présence les grandes charges qui sont contre luy et l'oyr en ses justifications. >
1. Sommaire de chancellerie daté d'octobre (Arch. nat., K. 1493, n* 102).
308 ANTOINB DE BOCBBON
Si les deux Frères paraissaient disposés à obéir, Cnusol n'avait qu'à les encourager. En cas de refus, il était chargé de • remonstrer au roy de Na\'arre le « bien qu'il se fera et la ruine qu'il se prépare, ne
< satisfaisant le roy; et, après plusieurs propos, dira f encores, comme de luy-méme, qu'il se doibt mettre
< 20, 30, iO,000 hommes ensemble, > que, sans compter cette armée, le roi avait 7, 000 à 8, 000 hommes de cavalerie, 10,000 Suisses et 6,000 ou 7,000 lansquenets, que Philippe II, les ducs de Lorraine, de Savoie et de Ferrare avaient signé l'engagement de le secourir, que leurs armées étaient prêtes à passer la frontière, et le roi bien résolu de c n'espar- « giier chose quelconque pour si bien chastier les « factieux que les aulres y prendroienl exemple. » Crussol devait en outre * s'enquérir de toutes nou-
< velles. » notamment d'une troupe que de secrets rapports présentaient comme prête à entrer en campagne au signal d'Antoine'. Les arrestations de La Sague et du vidame de Chartres étaient l'objet d'une allusion significative : < Luy dira davantage que c M. le vidame de Chartres a esté prins et jà qu'il se • trouve grandement chai^. Et s'il demande s'il a 1 pas été prins un de ses gens', luy fera response c qu'il a esté prins un homme chargé de plusieurs a lettres et papiers de grande importance, mais qu'il ■ ne sait s'il est à luy ; et coulera cela doulcement. > Elnfiu Gmssol devait dissuader le roi de Navarre de
1. Throckmorton parle de ce bruit dans sa lettre, do 12 sept. t560, à lard Gecil {CaUndan, 1560, p. 293).