‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 110 sur 133 · Bordenave, Histoire de Foix et Navarre, p · texte numérisé non relu

Bordenave, Histoire de Foix et Navarre, p

2. La route que suivit le roi de Navarre est indiquée d*une &çon confuse par La Planche et par les historiens qui se sont servis de son récit, notamment par de Thon.

D*après La Planche il sei*ait parti de Nérac et serait passé par Limoges. De là il aurait été à Verteuil (qui ne peut être que Yerteuil en Ângoumois) et y aurait rencontré le cardinal d'Armagnac (La Planche, édit. Mennechet, p. 277). Cet itinéraire est absolument en contradiction avec les documents originaux que nous citons plus loin, à mesure du récit.

Verteuil, où le roi de Navarre fut rejoint par le cardinal d'Armagnac, est Verteuil en Agenais, car nous retrouvons ensemble le prince et le cardinal à Mucidan, bien avant Verteuil en Angoumois.

Le prince ne put passer à Limoges, qui n'est point sur la direction de Poitiers et qui l'aurait trop éloigné de sa route. Et ce qui prouve qu'il ne passa pas à Limoges, c'est qu'il n'est point parlé de son passage dans les Registres de délibérations consulaires publiés par M. Huben.

3. Lettre de Burie au roi, sans date (Copie du temps ; Y^ de Colbert, vol. 27, f. 28).

4. Lettre de Burie au roi, du 15 septembre 1560 (Orig., f. fr., vol. 15873, pièce 5).

c imJioe d*aiiciiD8 qui oe tàdient qa*à troubler tonlei c dioees^. > A chaque pas du prince, dans son propre gouvernement, apparaissait Fétroite surveillancereoooimandée par les Guises. Les moindres capitaines Taocueillaient avec contrainte et froideur comme un prisonnier d*État. Dans les villes il trouvait les soldats sous les armes comme à Tapprodie de Fennemi. Borie s'était hâté d'expédier le trompette de sa compagnie c sur un bon courtaut > à de Thermes en Poitou, et prenait prétexte des moindres événements pour adresser au prince des messagers diargés c d'édairer > samardie*.

À Huddan Antoine tomba malade et s'arrêta un jour. Il envoya le cardinal d'Armagnac en avant de lui avec charge de c vous faire entendre, écrivit-il à la c reine mère, une partie de mes ennuis, ne luy ra c ayant sceu tant dire qu'il ne m'en reste encore un c tel faiz dessus l'esthomac que c'est à vous seule à c qui fault que je m'en descharge'. >

Malgré ces assurances, les Guises, assiégés de rapports contradictoires, de fausses nouvelles, de propositions hasardeuses, toujours en éveil contre les défections, attendaient dans l'anxiété. Le roi de Navarre était en route, mais sa marche hésitante, chaque jour ralentie par les nouvelles de la cour, laissait planer une grande incertitude sur la suite de son

i . Lettres du cardinal d'Armagnac à la reine mère et au cardinal de Lorraine, du 8 octobre (Tamizey de Larroque, Lettres du card, d'Armagnac, p. i03).

2. Mémoire de Burie, sans date (Copie du temps ; Vc de Colbert, vol. 27, f. 28).

3. Lettres d'Antoine de Bourbon et de Jehanne d'Albret, p. 215.

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voyage. Les favoris du roi ne prirent confiance qu'au retour du cardinal de Bourbon, au commencement d'octobre. Le noble prélat, aussi dupe de ses firères que des Guises, rapportait de "Nérac des promesses pacifiques, qui ne trompaient que lui-même ; mais il se portait garant de leur arrivée ^ Le cardinal de Lorraine s'ouvrit à l'ambassadeur d'Espagne de Faccueil réservé aux deux princes. Le roi est décidé, dit-il, à les mettre en demeure de se justifier et à écouter leurs doléances. S'ils prouvent leur innocence, il les recevra à bras ouverts ; s'ils sont coupables, ils seront traités avec la même rigueur que de simples capitaines ; s'ils refusent de comparaître, ils seront déclarés rebelles et le roi cherchera à les frapper comme les derniers des séditieux. Ces menaçantes alternatives inspiraient des soupçons à l'ambassadeur d'Espagne, qui connaissait les pièges de la justice du conseil privé. Aussi écrivait-il à son maître qu'il doutait de l'arrivée des Bourbons et qu'il n'y croirait que quand il les verrait à la cour ^.

Les courtisans, attentifs à ses péripéties, entrevoyaient, au terme du voyage, les uns un changement de gouvernement, les autres la ruine de la maison de Bourbon. Le duc d'Albuquerque demandait, de Pampelune, des nouvelles à chaque poste ^. Morvilliers, évéque d'Orléans, écrit à son neveu. Bernardin Boche-

1. Lettre de Ghantonay à Philippe II, du 7 octobre 1560 (Orig. BBpagnol ; Arch. nat., K. 1493, n"" 100).

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