‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 111 sur 133 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Lettre du duc d'Albuquerque à un des secrétaires de Philippe II (sans adresse) (Ciopie espag. ; Arch. de la secret. d'État d'Espagne, leg. 358, f. 52).

tel, évèqae de Rennes, ambassadeur auprès de Tempereur : c On attend le roi de Navarre de bref à oeste c cour, ce que plusieurs désirent, espérant que sa c présence auprès de la personne du roy ostera c l'occasion à beaucoup de sinistres suspicions ^. > Un messager de l'ambassadeur d'Espagne, ayant renocmtré le roi de Navarre en route c en intention de satisc ftdre le roy tant pour ce qui le pouvoit toudier que c son frère, tellement que de ceste part il s'en espère c mieulx > , Ghantonay en informa immédiatemrat le prince d'Éboli *•

Le roi de Navarre s'avançait avec résignation. Le 10 octobre, il arrive à Ribérac et écrit au duc de Guise et au cardinal de Lorraine. Les rusés Lorrains avaient manifesté de meilleurs sentiments envers leur rival abattu. Antoine se félicite de ce retour et proteste de son dévouement au roi et à ses ministres '. Tel est le caractère de ce faible prince, le type de Tbomme c ondoyant et divers » , dépeint par Tauleur des Essais. Héroïque sur le champ de bataille, il s'abaisse devant un vainqueur insolent. Ces actes de faiblesse contrastaient avec Tarrogance de Gondé et excitaient la joie des Lorrains. L'un des Guisards les plus déterminés, Sébastien de l'Aubespine, évèque de Limoges, écrit plaisamment à Claude de Lorraine, duc d'Aumale, frère du duc de Guise : c Ceulx que c Ton craignoit le plus viennent et ne viennent point

i . Lettre originale de Morvilliers à Bochetel, du 31 septembre 1560 (Vc de Colbert, vol. 394, f. 20).

2. Note de l'ambassadeur d'Espagne pour le prince d'Eboli (Copie sans date ; Ârch. nat., K. 1496, n^ 29).

3. Lettres d Antoine de Bourbon et de JeJianne d'Albret, p. 217.

ET JEANNE D'aLBRBT. 381

c tous les jours. À la fin il fauldra qu*ilz dicnl peccaviy c et recognoissent leur créateur. » Le roi lui-même, le faible François II, osait railler les vaincus : c La c plus grande partie des fols, écrivait-il à Montmoc rency, me sentons marcher où je m'en vais, retic rent un peu les cornes ^ . >

Au moment où le roi de Navarre entrait en Poitou, la province fut le théâtre d'un mouvement tumultueux de ses partisans^. Depuis le commencement de septembre les lieutenants du roi prévoyaient une assemblée de huguenots à Poitiers^. Bientôt le bruit s'y répandit que les habitonts possédaient des armes cachées, qu'un soulèvement devait éclater le jour du passage du roi de Navarre, que ce prince prendrait le conunandement des rebelles et qu'il les conduirait à marches forcées jusques auprès du roi. Le maréchal de Thermes reçut l'ordre de s'étoblir fortement à Poitiers et d'y attendre le passage du roi de Navarre : c Et ne c laissera pourtant de prendre bien garde à soy, aiïin c de ne se laisser surprendre ; et, de ce qu'il aura c cogneu de leurs propoz et intencion, il ne fauldra c d'advertir Sa Majesté en toute diligence^. » Les Guises lui envoyèrent les seigneurs de La Trémoillc, de Montpezat, de La Roche-Posay, du Vigean, avec leurs compagnies et une douzaine de commissions en

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