‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 113 sur 133 · Bordenave, Hist. de Foix et de Navarre, p · texte numérisé non relu

Bordenave, Hist. de Foix et de Navarre, p

5. Lettre de Montpezat au duc de Guise, du 20 octobre 1560 (Autographe : V^ de Golbert, vol. 27, f. 80).

avec l'iDtention de ne plus avancer, prétextant sa maladie et la fatigue qu'il éprouvait ^ •

Sa résolution mettait en danger le succès de rintrigue ourdie pour attirer les princes à la cour. Les amis des Guises, accablés par Texcès de zèle du sénéchal, s'efforçaient en vain de calmer le prince. Ils disaient que l'ordre allégué était une bravade de Montpezat, expédié à l'insu du roi. Le sénéchal, pea familier avec les détours de la politique florentine, maintenait sa défense, même au prix d'un conflit armé, sans oser produire son brevet *. Quand il demandait au roi de Navarre de conmiuniquer les lettres qui désavouaient sa mission, celui-ci répondait en le sommant d'exhiber celles qui l'ordonnaient^. Chaque heure envenimait la querelle. Le prince, blessé dans sa dignité, le capitaine dans sa bonne foi, passionnaient en sens divers les seigneurs rassemblés à Poitiers. Le maréchal de Thermes conseillait au roi de Navarre de poursuivre son voyage et de tout sacrifier à la nécessité de se disculper, ainsi que son frère. Il lui observait que son obstination, mal interprétée à la cour, donnerait du crédit à ses ennemis et lui offrait « quatre bêtes d'amble pour le porter diligemment, « Tasseurant en oultre qu'il ne feust jamais mieux € venu en cour de France qu'il le seroit maintenant^. >

i. Lettre du maréchal de Thermes au duc de Guise, du 16 oct. lOrig. ; Vc de Golbert, vol. 27, f. 58).

2. La Planche, Estât de France sous François II, édit. du Panth. litt., p. 377. — La Place, Estât de religion et république, édit. du Pantii. litt., p. 71.

3. Lettre autographe de Montpezat au duc de Guise, du 20 oct. 1560 (Vc de Golbert, vol. 27, f. 80).

4. Lettre originale du maréchal de Thermes au duc de Guise, du 16 octobre 1560 (V« de Golbert, vol. 27, f. 58).

BT JEANNE d'ALBRET. 385

Le roi de Navarre se laissa fléchir par les conseils du maréchal de Thermes. Il apprit en même temps que les officiers du roi n'avaient pu réunir à Poitiers que 500 hommes au lieu de S, 000 et que beaucoup de gentilshommes manquaient à Tappel. Seul de tous les capitaines, La Roche-Posay avait rassemblé 80 hommes d'armes ^ • Avant de connaître la réponse de la reine mère à la dépèche qu'il lui avait adressée de Ghaunay, il se remit en route et arriva le 1 8 octobre à Lusignan. De là il écrivit à Catherine une nouvelle lettre, plus humble que jamais, où il exprimait l'espoir, c avec l'aide de la bonté de la Royne et l'intégrité de c sa conscience, de vaincre la malice de quiconque aura c voulu donner au roi mauvaise impression de luy. > n s'excusait même de ne pas prendre la poste à cause de l'état de sa santé ^. Le 1 9 octobre, il dina à l'abbaye de Fontenay-le-Gomte, à deux lieues de Poitiers, et s'y rencontra avec le maréchal de Thermes venu audevant de lui^.

Cependant le courrier du roi de Navarre, parti en poste de Ghaunay, avait traversé Poitiers le 15 au point du jour * et était arrivé le 1 7 à Artenay, près d'Orléans^. En recevant la protestation du prince,

i. lettre originale du maréchal de Thermes au duc de Guise, du 20 octobre 1560 (Vc de Ctoibert, vol. 27, f. 78).

2. Lettres d^ Antoine de Bourbon et de Jehanne d'Albret, p. 220.

3. Lettre originale du maréchal de Thermes au duc de Guise, du 19 octobre 1560 (V« de Golbert, vol. 27, f. 66).

4. Lettre du maréchal de Thermes au duc de Guise, du 16 oct. (Orig.; Vc de Golbert, vol. 27, f. 58).

5. Quelque invraisemblable que paraisse la rapidité de cette marche, elle est certifiée par la réponse de la reine qui est datée du 17 et écrite d' Artenay. Voyez p. 386.

Catherine, craignant de le pousser à bout, n'hésita pas à se démentir :

Mon (Irère, j'ay esté bien esbahie de veoir ce que vous m^aiés escri pi de Toocasion qui vous retarde pour suivre voslre vtqfagB à venir trouver le roy, mon filz, vous assanrant bien que pa^ sonne n'a m charge ne commandement de luy ne de moy ds vous tenir ce languaige, qui est bien esloigné de ce qui a esté escript au maréchal de Thermes, comme vous scaurei bioi en passant à Poitiers où il est; estimant, mon flrère, que cdh, après avoir reçu ceste lettre, que je vous envoie par courner exprès, ne vous empeschera de continuer vostre cbonyn pour nous venir trouver aussy tost que je le désire. Et vous ne trouverez rien esloigné de ce que je vous ay ci-devant escript; dont je m'asseure que vous me croyez bien. Et sur ce je priera Dieu, m(m flrère, vous avoir en sa très sainte garde ^

Cette lettre arriva à Fontenay-le-CkHnte le 4 9' et fol roocasion d*un triomphe pour le roi de Navarre. Montr pezat, sommé de donner des explications, fut traité en soudard grossier et accusé d'avoir inventé la cou' signe de la reine mère. Mais il avait reçu une lettre confidentielle du duc de Guise et il eut le courage de se défendre sans montrer ses instructions^. Honn^ par le prince et ses amis, il signa et remit le leode — ' main la déclaration suivante :

Je sous sine recertifie au Roy de Navarre que ce que je luy*^ ay dit de par la royne mère du roy est vray, dont je luy aj baillé un mémoire escript et sine de ma main, ou, si les propi

1. Lettres de Catherine de Médicis, t. I, p. 150. L'original daté du 17 octobre est conservé aux archives de Pau, £. 580.

2. Lettre de Montpezat au duc de Guise, du 20 octobre (Autog., V« de Golbert, vol. 27, f. 80).

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