Négociations sous François II, p. 668 et
4. Lettre de l'ambassadeur Michieli à la république de Venise, du 15 octobre (Dépêches vénit., Mss. ; filza 4, f. 177). Mezerai dit que la reine mère, dans un conseil tenu le 21 octobre, fit adopter par le roi l'idée d'arrêter le prince de Condé.
3ra ANTOINE DB BOORBOH
et se portèrent i> la rencontre du chef de leur
Le jeudi, 30 octobre *, à cinq heures du soir, le roi de Navam.' entra dans Orléans avec les princes de Coudé et de La Roche-sur- Yon, les cardinaux de Bourbon et d'Armagnac t;t une compagnie de quarante à cmquante gentilshommes ^ Aucun seigneur n'avait osé l'atteodre aux portes et le premier prince du sang n'y trouva que des compagnies de garde l'cpée à la main. H traversa une double rangée d'arquebusiers, accueilli pur des brocards ou par des sourires, suivant l'impTidence de chaque soldat. Gomme il passait pour huguenot, l'év^iue lui refusa l'entrée de la cathédrale Sainte-Croix'. Il s'avança à cheval jusque
oslaoourdc l'hôlel du roi, maiscet honneur, accordé
1. Lettre de l'ambaBBadcur Mîchieli à la république de Venisp, du l* novemiira IMo {Uepéciiea veaii., Meô., âJm 4, t. 17âf.
2. Les princes élant arrivés à Orléans le 30 octobre, asseï tud dane la soirée, l'arrestalioQ du prince de Condé est datée, dant plasieurs pièces, de 31 octobre. Voyez notamment les Mémoim de Condi. t. II, p. 373.
3. Pour le récit de l'eutrée du roi de Navarre et du princede Condé à Orléans, noua suivoas principalement ;
1* Sommaire de chancellerie des lettres de Ghantonay, dn 15 octobre au 4 novembre (Espagnol ; Arch. nat., K. 1493 n* 104).
2' Lettre de l'ambassadeur Hichieli à la république de Venise, du 1" novembre 1560 (Dépêches vénit., Hss. de la Bibl. nat., 61ia 4, f. 178).
3° La Planche, Ksiai de France mut François II, édit. Henn^ chet, p. 281.
4. Ce Tait n'est rapporté que par Lottio, Rechmvha hiit. tur la ville d'Orléant, d'après des manuEcrita conservés dans les dépAtt d'Orléans.
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d'ordinaire à tous les princes du sang, fut refusé au prince de Gondé^ Antoine mit pied à terre au bas de l'escalier, au milieu d'une foule de courtisans, attirés par la curiosité, et se laissa conduire dans la chambre de la reine mère ^. Le roi l'attendait depuis plus d'une heure, entouré de ses oncles de Guise, du cardinal de Toumon et des maréchauxdeBrissacetdeSaint-André. Antoine s'avança seul et fléchit le genou. Le roi, qui ne bougeait de son siège, l'invita à faire sa première révérence à la reine mère. Puis il accepta son salut avec une froideur affectée et souleva à peine son chaperon, conune il eût fait à l'entrée d'un simple vassal. Antoine, dominant son émotion, dit c qu'il était € venu à Orléans selon les ordres du roi et qu'il avait € amené avec lui le prince de Gondé, son frère, pour € qu'il se justifiât des accusations portées contre lui. > Le roi lui répondit c aigrement > qu'il avait bien fait d'obéir et lui commanda, afin de se justifier à son tour, de ne pas quitter la cour sans son autorisation ^. Antoine protesta c que Sa Majesté n'avait pas de vasc sal ni de serviteur plus dévoué à son service que lui € et qu'il n'avait jamais songé à le desservir ^. > Le roi ordonna alors au duc de Guise de faire entrer le
i. Brantôme dit qu'il en fat le témoin {Œuvres, t. FV, p. 341). La Planche dit que cet honneur leur fut refusé à tous deux (Ëdit. Mennechet, p. 281). Nous avons préféré la version du témoin oculaire.
2. La Planche dit c ... en la salle ...» Mais Ghantonay et Michieli parlent positivement de la chambre de la reine mère.
3. Ce fait, raconté par Michieli, Ghantonay et La Planche, est confirmé par Nicole Tomabuoni, ambassadeur toscan (Négoc, de la France avec la Toscane, t. m, p. 425).