‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 120 sur 133 · Ces discours sont rapportés dans la lettre de Ghantonay · texte numérisé non relu

Ces discours sont rapportés dans la lettre de Ghantonay

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prince de Condé. Après les révérences, que le roi reçut encore plus sèchement et sans accorder au prince le dcmi-salut qu'Antoine avait obtenu, Condé renouvela la déclaration de son frère. Le roi lui répomUt qu'il avait résolu de confier à des juges choisis le soin d'apprécier sa conduite. Cela dit, il se retira dans le cahinet de la reine' mère avec le cardinal de Bourbon et le chancelier. L'ar — eil pouvait faire présager au roi de Navarre combien seraient vaines les promesses de Catherine. Cependant il fît bonne contenance et n'échanfjea pas une pai-ole avec les Guises. Aucun des courtisans ne fit fête aux nouveaux venus, et, quand les princes eurent repris leur rang, ils demeurèrent isolés au milieu de la cour, exposés aux regards moqueurs des simples gentilshommes.

Après quelques instants d'attente, le roi fit appeler les deux princes et peu après les quatre capitaines des gardes^. Les Guises, seuls de ses conseillers ordinaires, restèrent au dehors'. Cette absence apparente n'était pas le moins profond de leurs calculs. Dans la scène qui se préparait, ils avaient tout inventé. Chaque acteur, y compris le roi *, tenait son rôle de

t. Chantonay oe mentioane pas la retnite du roi dans le cabinet de la reine mare, mais Michieli et La. Planche la racontent poaitivement.

2. Voici les ooms des quatre capitaines des gardes : Françoii le Roy, s. de Ghavigny ; Philippe de Maillé, s. de Breié ; François RafBn, dit Polon, seigneur de PecaWary et d'Azay-le-Rideaa, sénéchal d'Agenais ; le s. d'O.

3. Cetio abstention des (ruises n'est racontée que par Li Planche.

4. ■ Le cardinal et son frère se serrent du roy comme d'un personnage sur un échafsud, luy faisant faire, dire et ordonner

leur main. Antoine ne pouvait-il pas remonter un jour au pouvoir? En s'effaçant, ils évitaient de se compromettre et se ménageaient les moyens de se retourner vers le soleil levant. La reine mère , qui , elle aussi, prenait ses précautions vis-à-vis de la fortune, versa des pleurs en voyant entrer les princes, larmes de crocodile, dit La Planche^. Le roi, dans un discours étudié , rappela la conjuration d'Âmboise, la présence de Gondé au milieu des coupables et ses pratiques à Bordeaux et à Lyon . Les dénonciations d'Avenelles, les aveux de La Sague, Tenquête dressée à Lyon par le maréchal Saint-André formaient le fond de ce réquisitoire^. Condé ne resta pas muet, n nia sa participation à la prise d'armes d'Âmboise, et déclara fièrement qu'il n'avait entretenu des intelligences à la cour que pour reconquérir les charges qui formaient le patrimoine de sa maison. Puis il prit le rôle d'accusateur. Il rappela l'ambition, la cupidité insatiable des Lorrains, l'envahissement successif de toutes les dignités par leurs créatures, et les accusa de tous les crimes que les passions du temps leur imputaient. Le duc de Guise avait prévu ces violences qui traînaient dans tous les pamphlets. Le maréchal de Brissac répondit avec modération. Ges discussions étaient de pure forme. Le roi, agissant

tont ce que bon leur semble. » {Juste complainte des fidèles de France, citée par M. le comte Delaborde, Léonor de Roye, p. 77, note.)

1. La Planche, Estât de France sous François II, édit. Mennechet, p. 281. — Mémoires de Gaspard de Saulx^Tavannes, édit. du Panth, litt., p. 257.

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