‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 121 sur 133 · Mémoires de Carloùs, iiv. VUI, chap · texte numérisé non relu

Mémoires de Carloùs, iiv. VUI, chap

de parti pris, commanda à François Le Roy, 80gneur de Ghavigny, et à Philippe de Mailly, 8. de Brézé, capitaines des gardes, de conduire le priooe en prison. En vain le roi de Navarre se j^a à ses pieds et le supplia de tenir ses promesses, d*écoater les justifications de Condé sans attenter à sa Uboié; eo vain il oGBrit de répondre de sa personne sur sa propre vie. François II allégua que Tarrèt avait élé déddé en conseil^ et confia la garde du prisonnier au sénéchal d'Agenais *. Le roi de Navarre lui dit alors avec dignité : c Allez, mon frère, obéissez à Tordre èi c roi. » En sortant, Condé heurta le cardinal de Bourbon : c Monsieur, lui ditril, avec vos assurances c vous avez livré votre frère à la mort. » Le cardinal éclata en sanglots et le prince suivit fièrement sa gardiens. Il fut amené dans un logis précédemment préparé pour le connétable, place de TÊtape, près de Téglise des Dominicains et de Thôtel du roi'. Aussitôt des pionniers arrivèrent. On mura ou on garnit de barreaux les fenêtres de la prison ; et, devant la porte principale, on éleva un bastion, muni de meurtrières

1. De Thou raconte que d'après le bruit public Tarrestation de Condé avait été conseillée par le maréchd de Brissac , un des plus serviles courtisans des Guises (liv. XXVI, 1740, t. II, p. 829). Le Laboureur nomme le maréchal de Saint- André {Mémoire4 de Castelnau, 1731, t. I, p. 514).

2. Mémoires de Condé, t. I, p. 22. — Vincent Carloix dit que le prince fut gardé par le capitaine Gohas {Mémoires, liv. VIII, chap. d).

3. Vincent Carloix, qui était à Orléans avec le maréchal de Vieilleville, dépeint ainsi la prison de GonBé : c II avait tout son logis pour prison auquel estoit une salle avec cinq autres

estaiges et toute liberté de s'y pourmener. » {Mémoires,

liv. Vm, chap. 9.)

ET JEANNE d'aLBRET. 403

et armé de couleuvrines, qui battaient les avenues de la maison ^ .

Le roi de Navarre fut tellement saisi qu'il se retira de rhôtel du roi sans mot dire. Le soir il ne vit personne et se coucha sans souper. Le lendemain il ne se montra pas à la cour. Le surlendemain, il essaya de payer d'audace et se rendit au conseil du roi^.

Cette arrestation faite, les Guises lancèrent des ordres qu'ils tenaient secrètement en réserve. La dame de Roye, soeur des Ghastillons, au moment du voyage de Léonor de Roye en Touraine, avait écrit à Gatberine, en demandant un sauf-conduit pour sa fille, une lettre pleine de Téloge des princes et de récriminations contre leurs accusateurs ^. Le soir même de l'arrivée du roi de Navarre, Garouges et Renouart, capitaines du parti des Guises, furent envoyés en poste au château d'Anisy en Picardie ; ils arrêtèrent la dame de Roye et la conduisirent à Saint-Germain^. Le \^^ novembre, l'hôte du roi, Jérôme Groslot. fut emprisonné en même temps que plusieurs officiers de justice d'Orléans^. Groslot, fils de l'ancien chancelier d'Âlençon, serviteur de la reine Marguerite ^, était huguenot et passait pour un des agents du roi de Navarre. Sa grande fortune

i. Lettre de Ghantonay à Philippe II, du 13 novembre 1560 (Orig. espag. ; Arch. nat., K. 1493, n' 106).

2. Sommaire de chancellerie des lettres de Ghantonay, du 15 octobre au 4 novembre (Espag. ; Arch. nat., K. 1493, n* 104).

3. Lettre de Michieli et de Suriano à la république de Venise, du 10 novembre 1560 (Mss., Dépêches vénit., fîlza 4, f. 187).

4. De Thou, liv. XXVI, édit. de 1740, t. H, p. 830. — Delàborde, Éléonore de Roye, p. 79.

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