Lettres de Marguerite d'Angouléme
exdtait la jalousie des courtisans. Le marédial de Brissac et le sire de Gypierre avaient reçu d'avanœ k promesse de se partager ses biens. Après une courte instruction, le 1 6 novembre, le bailli Grodot fot condamné à mort par les tribunaux eodésiastiques. La veille de Fexécution, il s*évada et se tint cadié dans son château de l'Ile près d'Orléans ^.
D'après La Planche, une comédie mal jouée débarrasa le roi de Navarre d'Amaury Bouchard, son cfaancdier. Bouchard servait depuis longtemps la politique des Guises. Peu après Tarrivée de Condé à Nérac, fl avait écrit au roi que le prince poussait son ftére aux témh lutions extrêmes et il avait menacé de quitter la cour d'Âlbret c pour ne pas avoir part à de si pernicieux c desseins*. » Enfin il s'était retiré aux environs de Saint-Jean d'Angely, dans une de ses maisons. jl{>rèft l'arrestation de Gondé, soit que Bouchard, pour se mettre à couvert des soupçons, voulût être arrêté à son tour, soit que les Guises espérassent tirer des lumières de son témoignage ^y le roi lui commanda, le 1 1 novembre, de se constituer prisonnier et de révéler par écrit tout ce qu'il savait c de l'entreprise, dit le roi c dans sa lettre de cachet, que vous avez entendu
1. Documents mss. cités par Lottin, Recherches hist. sur la vUU d'Orléans, t. I.
2. De Thou, liv. XXVI, 1740, t. II, p. 824. — La Planche, i^tol de France sous François II, p. 272.
3. Lettre de Throckmorton à la reine, du 28 novembre 1560 {Calendars, 1560, p. 407). — Lettre du duc d*Albuquerque i Philippe II, novembre 1560 (Ck)pie espag., Arch. de la secret. d'État d'Espagne, leg. 358, f. 52). — Lettre de Tomabuoni du 25 novembre (Négociations de la France avec la Toscane, t. III, p. 425).
ET JEANNE d'aLBRET. 405
€ se brasser contre moy^ » Guy Chabot de Jarnac, autre transfuge, envoyé par le maréchal de Thermes^, arriva avec trois compagnies de gens de pied, conmie s*il eût redouté une défense , investit la maison , la livra au pillage et arrêta Finfidèle chancelier. Bouchard se plaignit à grands cris, traita Jarnac de traître et le menaça de lui faire couper la tète. D'Auzance et La Roche-Posay furent chargés de le conduire à la cour^, et partirent du château de Jarnac le S6 novembre *. A la Haye, en Touraine, ils furent relevés de garde par la compagnie du sire de La Trémoille^. Le prisonnier était si recommandé que les officiers du roi, de crainte d'empoisonnement, faisaient Fessai de tout ce qu'il mangeait^. Ils devaient le mener à Orléans, mais de nouveaux ordres le dirigèrent sur Melun. La Planche assure que plus tard Bouchard eut honte de sa duplicité et désavoua ses premiers rapports ''.
i. Minute originale, du 11 novembre (V« de Golbert, vol. 27, f. 164).
2. Lettre du roi au maréchal de Thermes, du 23 novembre (Minute, V^de Golbert, vol. 27, f. 199).
3. Lettre de Jarnac au duc de Guise, du 19 novembre (Orig. ; V* de Golbert, vol. 27, f. 188). — Lettre du môme au môme, du 26 novembre (Orig. ; Ibid., f. 202). — Ges deux lettres ont été publiées sans indication des sources par M. Robinet de Rencogne. (Bulletin de la Société archéologique et historique de la Cha^ rente, 1866, p. 362).
4. Lettres originales d'Auzance et de La Roche-Pozay au roi et au duc de Guise, du 28 novembre (V« de Golbert, vol. 27, f. 186 et 209).
5. Lettre au roi, du 3 décembre 1560 (V« de Golbert, vol. 27, f. 226).