I. Nous avons reprodui i-'Ample diclaration do la r
presque lextuelleraent le i ae de Navarre.
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penser d'allerà la cour, Il s'avisa d^tre malade et refusa toute visite. Chaque soir il postait ses gens autour de son lo^s, décidé à défendre sa porte les armes à la main. Les Guisards étaient tellement exaltés que l'un d'eux proposa de l'attaquer ouvertement à la tétc d'une compagnie. Le conseil allait être adopté, quand le prudent cardinal de Tourrion obser^'a qu'il serait inutile de se défaire du roi de Navarre avant de tenir les Montmorency, ses complices présuroés, qui avaient annoncé leur arrivée aux États et qui s'avançaient à petites journées*.
Ces projets criminels ne faisaient pas oublier au\ Guises le procès de Condé. Les interrogatoires se succédaient, et des bruits, habilement semés, apprenaient à la cour que l'instruction avait révélé des faits d'une gravité sans précédents. On préparait ainsi les députés des ËLits à une condamnation aipitale. Le sort des deux princes de Bourbon paraissait donc désespéré quand un coup providentiel déchira les trames des Guises.
Le mercredi, 13 novembre, le roi annonça qu'il commencerait, le lundi suivant, de grandes chasses à Chenonceaux et à Chambord. Le voyage devait durer jusqu'à la lin du mois. Pendant Tabsence du roi, le chancelier, le cardinal de Tournon et les membres du conseil privé étaient chaînés de < besongner au îiùdt < de M' le prince de Condé *. > Le roi de Navarre, pré-
t. La Planche est le aeul qui raconte ces bits, édit. Henné' chet, p. 331.
2. Lettre originale du secrétaire d'État Robertet an connétable, du 13 novemlire 1560 (f. fr., vol. 3157, f. 82). — Lettrede Michîeli
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sent à l'audience royale, reçut l'invitation de suivre la cour. Il répondit qu'on trouverait c estrange de le voir € aller à Tesbat en laissant son firère prisonnier et c captif, > et s'excusa. Le prince bien avisé redoutait bien autant le désordre d'une battue et les hasards des arquebusades au fond des forêts. Son séjour à Orléans, qui lui aurait permis de recevoir tous les députés à leur arrivée, ne convenait pas aux Guises et l'invitation du roi se changea en ordre ^ .
Le samedi, 16 novembre, le roi chassa dans les environs d'Orléans. Le soir il ressentit une pesanteur de tète. Le lendemain, dimanche, il toucha les écrouelles à l'église Saint-Aignan, en l'honneur de la fête du saint, et assista aux vêpres de la chapelle du monastère des Jacobins. Au milieu de la cérémonie, il fut pris de tressaillements et tomba en défaillance. On ie rapporta aussitôt au logis. Il se plaignait d'une vive douleur près de l'oreille gauche. Bientôt une fistule, accompagnée de fièvre , se déclara au siège du mal^ .
et de Suriano à la république de Venise, du 20 novembre 1560 (Ms8., Dépèches vénit., filza 4, f. 193).
1. La Planche, Estât de France sous François II, p. 329. La Planche commet ici quelques erreurs de date. Une lettre de Robertet nous permet de rectifier Tauteur de VEstat de France.
2. Le bruit courut que François II avait été empoisonné par an valet de chambre huguenot qui aurait mis une poudre mortelle dans sa coiffe de nuit (De Thou, p. 835. — Mémoires de Cas^ telnau, 1. 1, p. 522). Suivant Symphorien Guyon (Hist. d'Orléans, 1650, t. n, p. 382 et suiv.) on soupçonna un barbier huguenot, maître Âmbroise, de Tavoir empoisonné c en luy faisant couler on poison violent dans Toreille en luy faisant le poil. > — Cette accusation ne présente aucune vraisemblance. Le docteur Ck)rlieu établit que François II a succombé « à une carie du rocher et
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La reine roère prit l'alarme et le voyage de CbeooDoeaux fut ajourné*.
IjCs Guises cacliorent la gravité du mat de leur jeune mailre. el, pour prévenir les indiscrétions des ambassadeurs étrangers, suspendirent secrètement le ser\-ia> des postes '. Ils disaient aux courtisans (jue les premiers froids de la saison avaient saisi le roi au milieu des Iwis, nii'il *tj»il Atteint « d'un rhume de € cerveau qui s'éuiii ■ une oreille >, que celte
indisposition était i i* dans la famille des
Valois et qu'elle irs fols manifestée chez
le roi, tantôt par des e dents, tantôt par une
tumeur douloureuse der 'oreille. La cour se lais-
sait prendre à ces atténu . et l'ambassadeur véni-
tien raillait la délicatesse >i, ik qui les deux reines
imposaient un repos al ans son lit, comme s'il
eiH été en danger'.
Ccpcndiinl le roi était si abattu qu'il ne pouvait parler. Les Guises et la reine mère s'installèrent dans sa chambre et en éloignèrent les gentilshommes de service. Pleins de méfiance, la reine vis-à-vis des Guises, les Guises vis-à-vis de la reine, ils se levaient
■ à un épanchemeni cérébral consécatif. i (La mort des rois dt France, 1873, p. ^.) L'ambasudeur Hichieli dit qu'on ouvrit le corpn du roi et que l'on trouva la cervelle g&tée (I^ettre da 6 décembre 1 Mes., Dépêches vénit., Blia 4, f. 207]. Ce détail confirme l'hypothb» du docteur Corlieu.