‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 125 sur 133 · La Planche · texte numérisé non relu

La Planche

2. Lettre de Michieli et de Suriano à la république de Venise, du 2 décembre 1560 (Mbb., DépâcbeB yénit., aiza 4, f. 303).

3. Lettre de Michieli et de Suriano, du 20 novembre 1560 (Mss., Dépâcbes vcnît., lilu 4, f. 193). — Lettre de Ghantoot?, du 30 novembre, à Philippe il (Orig. espagnol ; Arch. aat., K. 1493, n' 107).

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avant le jour et venaient reprendre leur poste de garde au chevet de son lit. A Theure des repas, ils se faisaient apporter quelques aliments dans une chambre qui servait de passage et se surveillaient mutuellement jusqu'à la fin de la journée^. Le 18 ou le 19, Ghantonay demanda une audience à François II. Il l'obtint, mais, quand il se présenta à la porte de la chambre du roi, le cardinal de Lorraine sortit et lui dit que le prince, plus souffrant de son rhume, avait un accès de fièvre. Ghantonay demanda alors à voir le duc de Guise. Le cardinal lui répondit que le duc ne pouvait quitter son maître. Tant de ménagements pour une simple indisposition donnèrent à penser à l'ambassadeur ^.

Le récit de cette audience, si imprudemment accordée et si inopinément reprise, jeta l'alarme dès le SO novembre. On exhuma la prophétie d'un astrologue, qui prédisait la mort du roi avant sa dix-huitième année. Chaque courtisan à voix basse, dit le vénitien Michieli, c faisait ses commentaires suivant « ses passions. On ne parlait pas seulement des comc plications qui pouvaient surgir dans le gouvernec ment, et des changements dans la religion, mais c encore de la possibilité d'une tutelle du roi de € Navarre ^. > Les ambassadeurs demandaient des

i. Détails rétrospectifs donnés dans une lettre de Ghantonay à Philippe II, du 28 novembre 1560 (Orig. espagnol ; Arch. nat., K. 1493, n* 108). — Lettre de Michieli à la république de Venise, du l*' décembre 1560 (Mss.; Dépêches vénit., filza 4, f. 200).

2. Lettre de Ghantonay à Philippe II, du 20 novembre 1560 (Orig. espagnol ; Arch. nat., E. 1493, n* 107).

3. Lettre de l'ambassadeur Michieli à la république de Venise, du 20 novembre 1560 (Mss., Dépêches vénit., filza 4, f. 195).

ÀHtbîïtK OB BOORBOR

nouvelles à tous les officiers du roi. < La maladie do « roi, i^crit Ghantonay à Philippe II, est un caLarre qui i s'écoule par une oreille et l'humeur lui vieot uix « yeux, de sorte que. au commencement, on craignit « une putréfaction et un apostume dans la tête, (h

< craint encore que, si cela dure, il y ait quelque « danger, à moins que la nature fasse un effort A

■ aide le malade, comme elle a fait jusqu'à présent. > Le roi, dès son enfant ne s'est pas accoutumé à

< puiser par W narines, , lorsqu'il le fait quelque- • fois par hazard, il sort i matière noire comme de « l'enci-o. Outre cela le roi ■ st d'une telle nature qu'il « ne supporte guère les reinèdes. » L'ambassadeur, témoin depuis plus d'une année des écarts de régime du roi, qualifie en termes sévères la complaisance coupable des Guises, }ui permettaient au jeune prince d'épuiser sa constitution débile dans les plus violents exercices : « On l'habitue à aller tous les jours

■ à la chasse et au jeu de paume, ce qui lui cause t une inflammation du sang, qui lui brûle le foie. Les t vapeurs lui causent une grande froideur à Testomac; € de façon que, si Dieu n'y aide, on craint qu'il ne

< vivra guères longtemps. Le duc d'Albe, avant de € quitter la cour, donna à entendre i la reine mère, k c M. de Guise et au cardinal de Lorraine le danger de

< ces délassements, leur recommandant d'y veiller et c leur signalant le danger de la chrétienté si quelque 4 malheur arrivait au roi, et que le royaume tombât

< aux mains de l'un de ses frères mineurs. Hais, malc gré ces avis, il n'a pas discontinué ses exercices, 4 par temps chaud ou par temps froid, si bien que je

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c m'étonne, moi, qu'il n'en ait pas souffert précéc demment^ >

Les Guises comptaient sur leur crédit, pendant qu'il restait un peu de souffle au roi, pour se défaire, par un semblant de justice, du plus hardi des Bourbons. Le duc pressait les juges de Gondé, mais les prudents magistrats, depuis la maladie du roi, traînaient en longueur cette inique procédure^. Enfin, le 26 novembre, se réunit une sorte de cour de justice, composée de membres du conseil privé et de quelques dievaliers de l'ordre. Ge tribunal, improvisé sous la présidence nominale du roi, n'appela ni l'accusé, ni les témoins. Après un examen sonunaire des pièces du procès, il libella un arrêt, qui condamnait le prince à la peine de mort, et qui décidait que l'exécution capitale aurait lieu, le 10 décembre, sur' la grande place d'Orléans^. Par suite de l'état du roi, l'arrêt ne reçut point de signature officielle, et resta, lettre

1. Lettre de Ghantonay à Philippe U, du 28 novembre 1560 (Orig. espagnol; K. 1493, n* 108).

2. Lettre de Ghantonay , du 28 novembre 1560, à Philippe II (Orig. espag. ; Arch. nat., K. 1493, n» 108).

3. La Planche et tous les historiens protestants, qui se sont inspirés de son récit, racontent que la sentence de mort aurait été aussitôt approuvée par le roi et par la plupart des conseillers, présents à l'audience, sous Tœil menaçant des Guises. Seuls, Louis de Beuil, comte de Sancerre, aurait refusé, le chancelier de THospital et Guillart du Mortier auraient ajourné leur signature (La Planche, édit. Ménnechet, p. 314).

De Thou est en contradiction avec La Planche. Il dit positivement que Tarrét ne fut pas signé (liv. XXYI, 1740, t. II, p. 836). — Guillaume de Saulx-Tavannes dit que Tarrét fut seulement minuté (Mémoires, édit. du Panth, litL, p. 258). — Gastelnau dit

ASTOISB DE BOCBBOll

! le l^mnigiMige de la vengeeDce des

1 avvA Tcaâa no arrêt qui cassait Ytrrél des . François U drdînaît d'heure en heure. Sod i « dt&tiUait qul(^[quc btUDCur Tort puaot^. * Il Tut ■ biCB « purpr rf voilosé > qw cel écoulemenl s'arrMa ; mus il Hir^iiit une < grosse enflure sur une € tempe. > Lus méilecins en tirèrent boa présage, bien que l'enflure marqu&l raboodance de rhumeur mehiMe. Le rai s« pbigDait de douleurs croissantes et tomheil quelquefois dans le d>>lire*. Les acct^ de fièvre redoublùpent le i\ novembre et durèreot presque sans intt-miplion [R-iidant sepl jours. Le iS, les Diédeciiis doDotecnl. aa roi oœ novvdle dose de rfaofaarbe, que soo estomic njeta. Cependant b criée lui laissa uo peu de mnàugàoent. Dans la not dn 30 novembre aa 1" déccnlira, la fièm, ka doulem de léte reprirent avec inteiiMté et le prince prouva

que « t'arrect anroit esté signé de U pliu grude putie ■ [Mimotrei. 1731, l. I, p. bh).

La preuve nue l'arrêt ne fat pas signé, c'est qn'îl n'en Mt pa» fait meatioD dans l'exposé officiel de la procédure qui fut publié en juin 1561 par le prince de Condé {Mémoires de Condé, t. II, p. 373).

Il eût été intéressant de relronver la minute de cet arrêt, mail elle n'a été conMrrée nulle part, pas même dans le recneil da procès conBervé aux ArctaiTes nationales (K. 719). Il est probable que cette pièce compromettaole fat anéantie aprée la mort de François II.

On conserve des copies du procès ds Condé dans la colL Dupuy, Tol. 38 et 340, et dans te f. Brienne, vol. 189, et aux Archives nationales, U. 785 et 815.

1. Lettre de Chantonay h Philippe II, du 28 novembre 1560 (Orig. espagnol; Arch. nat., K. 1493, n» 108). — La Planche.

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de nouveaux vomissements, c Le roi, écrit Tambasc sadeur vénitien, est en mauvaise passe et son état c n'est pas sans danger pour sa vie ^. >

Le duc de Guise, trahi par la fortune à Theure même de son triomphe, accablait les médecins d'injures et s'indignait contre leur science, qui ne pouvait c rien de plus pour un roi dans la fleur de l'âge que c pour un vieux manant. > Il parlait de recourir à l'alchimie et voulait arracher aux devins l'assurance que son neveu vivrait jusqu'à Pâques. Dans son exaltation furieuse, accompagnée c de jurements et de c blasphèmes >, il accusait les médecins d'avoir été payés pour empoisonner le roi, les gratifiait du titre de c larrons et abuseurs du peuple », les menaçait de les faire pendre et leur faisait perdre le peu de sens qui leur restait^. L'un d'eux proposait d'infliger au faible époux de Marie Stuart la redoutable opération du trépan. Heureusement cette douloureuse épreuve lui fut épargnée ^. Le cardinal de Lorraine fit des vœux à plusieurs saints, ordonna des processions de prêtres et de moines, des prières, des cérémonies expiatoires, où maint prédicateur demanda au ciel la conservation des jours du roi, au moins jusqu'à l'extermination complète des hérétiques. A Paris, prêtres, moines et fidèles assiégèrent les églises et conmiunièrent comme au jour de Pâques. Le prince mourant

1. Lettre de l'ambassadeur Michieli à la république de Venise, du i*' décembre 1560 (Mss., Dépêches vénit., filza 4, f. 200).

2. M. le docteur Gorlieu dit que Ambroise Paré, Nicole et Servais avaient été appelés auprès de François II (La mort des rois de France, 1873). Nous ne savons d'après quelles sources.

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