‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 16 sur 133 · De Thou, liv. xxn, édit. de 1740, t. H, p · texte numérisé non relu

De Thou, liv. xxn, édit. de 1740, t. H, p

4. La Place, Estât de la religion et républiqtie, édit. du Panth, litt., p. 26.

ET JEANNE d'ALBRBT. 39

de Chartres, d'Andelot, voulaient en appeler aux armes sans donner au gouvernement le temps de se fcnrtifier. C!oligny, le prince de Porcian, le secrétaire du connétable, au nom de son maître, ouvrirent un avis plus modéré. Ils proposèrent aux conjurés d'épuiser les moyens de conciliation avant de tirer l'épée, de s'allier à la reine mère, que Ton supposait blessée dans son ambition, enfin d'intimider < les Guisards > par la menace d'une ligue. L'autorité d'Antoine fit adopter ce dernier parti. On décida qu'il irait ^ la cour et qu'il se rendrait l'organe de toutes les plaintes. n était prudent de ménager les ministres réformés, parce que eux seuls pouvaient fournir des soldats en cas de guerre civile ; Antoine leur promit tout ce qu'ils demandaient. Gomme il s'excusait d'aller encore à la messe pour ne pas rompre avec le roi, les plus ardents lui répliquèrent que < s'il vouloit avoir Dieu propice € et favorable, il ne falloit marchander avec luy^ >. La faiblesse du roi de Navarre compromettait à l'avance le plan de campagne. Antoine, chéri des soldats pour sa valeur personnelle et des gentilshommes pour son affabilité^, n'avait aucune des fortes qualités qui distinguaient ses rivaux. Il avait du goût pour les grandes entreprises, beaucoup d'ambition, mais son caractère versatile, son indécision, sa simplicité le rendaient incapable de lutter avec les Lorrains^.

Le duc de Guise et le cardinal, informés chaque

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