‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 27 sur 133 · Négociations sous François II, p. 1 et · texte numérisé non relu

Négociations sous François II, p. 1 et

2. Lettre du duc d'Albe et de Ruy Gomez de Silva à Philippe II, en date du 8 juillet 1559 (Orig. espagnol; Arch. nat., K. 1492, n* 47).

3. Voyez notamment le récit de son entrée à Reims au moment du sacre du roi (Lettre de Chantonay à la duchesse de Parme, du 15 septembre 1559; recueil conservé aux archives de Bruxelles, f. 7).

4. Elle ne Tétait pas encore à la date du 7 novembre 1560 (Négo^ dations sous François II, p. 461, 702, 718).

la reine Elisabeth comme sacrifiée à un vieillard et s'efforçant de retarder Theure de rejoindre son époux. Dans ce tableau, presque accrédité par la tradition, domine la fantaisie romanesque de Saint-Réal et de Schiller : Philippe II, né le SI mai 1527, avait trentedeux ans le jour de son mariage, et Elisabeth, née le S avril 1545, quatorze ans trois mois et viog;t jours. Lie roi d'Espagne était petit et d'une apparence délicate. Son large front, ses cheveux blonds, la blancheur de son teint rappelaient la bienveillance et la douceur flamande, mais son regard fixe et dur, Tépai»seur de ses sourcils donnaient à ses veux bleus une froideur menaçante*. Son habillement noir, d'une élégance sévère , sa physionomie méditative , un certain air de grandeur inspiraient le respect et la crainte. Loin de justifier la répugnance d'une épouse, même élevée à la cour raffinée des Valois, les nombreux portraits de ce prince laissent une agréable impression de sa personne^.

La nouvelle reine d'Espagne n'avait rien de la beauté provocante et de la grâce libertine de sa sœur cadette,

1. Les portraits de Philippe II abondent dans les musées de Madrid. Il suflit de signaler l'œuvre du Titien (n* 455 du salon de la reine Isabelle au musée de Madrid). Mais celui qui nous a paru le plus saisissant est un portrait de Pantoja de la Grux (n* 931 de la grande galerie). G*est sous l'inspiration de cette toile que nous avons dépeint les traits de ce prince. Pantoja de la Grux, peintre espagnol, élève de Sanchez Goello, florissait à Madrid sous le règne de Philippe II.

2. Gachard reproduit dans les Relations des ambassadeurs venu tiens, p. L, 36, 122, 171 et 182, des dépêches diplomatiques, des comptes-rendus où le portrait de Philippe II est fort bien tracé. Gcs comptes-rendus ont été écrits, les deux premiers en 1557, le troisième en 1559, le quatrième en 1582.

Marguerite de Valois*. Voici le portrait que trace d'elle, en 1565, quelques années après son mariage, un ambassadeur vénitien envoyé en Espagne : c De sa personne ni grosse ni grande, pas trop belle de figure ; mais tout son corps est dans de belles proportions et il règne en elle la plus grande grâce. Elle est douée du plus rare esprit, d'une infinie politesse ; tous la tiennent pour sage et prudente, de manière qu'en tout elle est au-dessus de son âge^. » Ce portrait est un peu flatté. L'ambassadeur vénitien est trop frappé du rare esprit de la reine et pas assez de sa bonté. Son enfance s'était écoulée tristement. Souvent malade, comme tous les enfants de Henri II, elle avait gardé de sa première jeunesse une attitude résignée. Élevée par Catherine de Médicis, elle savait obéir, qualité qui lui assurait l'affection, sinon l'amour de Philippe II. La joie de recevoir les hommages du roi d'Espagne lui inspirait des sentiments de confiance. Son contentement se manifestait quelquefois par des exclamations naïves que les courtisans se hâtaient d'enregistrer. Un jour du mois d'août, au souper de la reine mère, Elisabeth demanda si les vents étaient favorables ou contraires au voyage de son époux. On lui répondit que, si le roi était en pleine

4. De tous les portraits de la reine Elisabeth, celui qui nous a para le plus vivant est un portrait en pied de Pantoja de la Grux, conservé au musée de Madrid sous le numéro 925. La princesse est représentée en pied. Elle paraît brune, d'une taille au-dessus de la moyenne, mince, sans mouvement dans le regard, de traits réguliers, assez jolie ; mais Tinsignifiance est le caractère de cette physionomie. Nous ne croyons pas que ce portrait, non plus que celui de Philippe II, aient été gravés.

Page 1