‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 4 sur 133 · Ibid,, t. I, p · texte numérisé non relu

Ibid,, t. I, p

3. La majorité des rois avait été fixée par un édit de Charles V du mois d'août 1374 à l'âge de 14 ans commencés. L'édit avait été confirmé par lettres de novembre 1392. Ces deux pièces sont publiées dw[ï8 le Recueil des anciennes joû d'Isambert, t. V, p. 415, et t. VI, p. 714. L'édit n'avait pas été appliqué à l'avènement de Charles VI. Aussi fut-il très discuté à l'avènement de François II, d'autant plus que l'ambition des princes du sang et celle des Guises étaient intéressées à l'une ou à l'autre solution. Quelques mois après, Jean du Tillet, greffier du parlement de Paris, publia deux discours en faveur de l'existence de l'édit d'août 1374. Le parti des princes riposta par de^ pamphlets. Les deux discours ont été reproduits dans le Traité de la majorité des rois de Dupuy, 1655, in-4o. L'édit d'août 1374 fut appliqué sans contestation à l'avènement de Charles IX, de Louis XIII, de Louis XIV et de Louis XV.

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frères du roi n'étaient que des enfants. Seuls, le roi de Navarre et après lui Louis de Bourbon, prince de Condé, Charles de Bourbon, prince de la Boche-sur- Yon, et Louis de Bourbon, duc de Montpensier, pouvaient prendre place au gouvernement. Les deux derniers suivaient sans entraînement personnel l'initiative du chef de leur maison; Inais Condé, frère du roi de Navarre, aspirait déjà à un grand rôle. Pauvre et sans dotation, de petite taille, mal fait, un peu bossu, disgracié de la fortune et de la nature, Condé, pour dépasser ses rivaux, n*avait d'autres moyens que la hardiesse et la fermeté de son caractère. Il se posa bientôt conmie l'adversaire du grand duc François de Guise. Le lendemain de la mort de Henri II, le conseil discuta les titres que prendrait François II. Marie Stuart pouvait prétendre au trône d'Angleterre^. Le duc de Guise fit apporter un modèle de sceau avec les armes de France, d'Angleterre et d'Ecosse, et conseilla au roi de l'adopter. Condé démontra facilement les dangers d'une telle bravade. Son opposition vive et fondée l'emporta et blessa pour toujours l'amour-propre de l'ambitieux Lorrain^.

i . On sait que les droits de la reine Elisabeth ne reposaient que sur la légitimité, fort contestable, du mariage de Henri VIII avec Anne Boleyn.

2. Lettres de Throckmorton à la reine Elisabeth, du 13 juillet 1559 {Calendars of state papers, foreign séries, règne d'Elisabeth, 1559, p. 378 et 379). Le duc d'Aumale a traité cet incident dans son Histoire des Condé, t. I, p. 64. Plus tard le roi se ravisa et joignit les armes d'Angleterre à celles de France et d'Ecosse (Lettre de Ghantonay à Marguerite de Parme, du l*' décembre 1559 ; Recueil conservé aux archives de Bruxelles).

Le recueil des lettres de Ghantonay à Marguerite de Parme conservé aux archives de Bruxelles est classé dans le fonds des cartulaires, n» 190. C'est un recueil de copies assez médiocres.

La maison de Guise se composait de six princes, dont les deux aines, le duc de Guise et le cardinal de Lorraine, montraient autant de talent que d^ambition. Le duc François de Guise, dit le Balafréy devait ce surnom à un coup de lance qu^il avait reçu au visage, au-dessous de Toeil droit, pendant le si^e de Boulogne, en 1 545. Il faUut, dit du Bellay, pour arracher le fer de la plaie, qu'Ambroise Paré, saisissant le tronçon à deux mains, appuyât ses pieds sur le visage du blessé * . Transporté en litière à Pecquigny, François de Guise écrivit de sa propre main au roi une lettre d'une concision familière, mais héroïque : c Sire, je prcndray c la hardiesse de vous mander que je me porte bien, c espérant n'estre point borgne. Yostre très humble c serviteur. Le Gutsar^. »

A la fin du règne de Henri II, le duc de Guise s'était illustré par la prise de Calais, de Thion ville, d'Ârlon. Sa réputation militaire, son orthodoxie décidée ralliaient peu à peu les forces actives du parti catholique.

mais très précieuses par les documents qu'elles nous conservent. Ce recueil embrasse la correspondance de l'ambassadeur avec la duchesse de Parme depuis son arrivée à Paris (août 1559) jusqu'au mois de septembre 1560. Nous croyons que les originaux sont conservés aux archives de Vienne.

Le recueil conservé aux archives de Bruxelles a été signalé pour la première fois en France par une courte mention de M. Boutaric {Arch, des missions scientifiques, 2* série, t. VII), qui l'a fait connaître. Depuis il a été utilisé, mais seulement au point de vue de l'histoire de la conjuration d'Amboise, avec beaucoup de critique par M. Charles Paillard, dans une étude publiée par la Revue historique en 1880.

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