‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 44 sur 133 · Le Frère de Laval, Histoire des troubles, 1578, f. 108 v · texte numérisé non relu

Le Frère de Laval, Histoire des troubles, 1578, f. 108 v

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c Estais ^ > De grandes fêtes, occasionnées par une réunion du Parlement de Bretagne et par le mariage d'un seigneur de la province ', avaient permis ce rassemblement sans éveiller l'attention du lieutenant du roi^.

Le bruit de l'entreprise avait déjà été colporté en Allemagne. François Hotman, mis dans la confidence par un de ses beaux-frères, qui pratiquait la réforme, en parlait avec enthousiasme dans une lettre à Calvin ^ et recrutait des conjurés parmi les Français réfugiés à Strasbourg. Wolrad de Mansfeld et Grumbald, conseillers de l'électeur palatin, étaient disposés à entrer dans le complot, par • haine du cardinal de Lorraine, et à y entraîner leur maître. Grumbach, Sturm et Hotman, après en avoir conféré ensemble à Heydelberg, le révélèrent, le 4 mars, à l'électeur, Frédéric III, et Hotman obtint de ce prince une lettre de créance pour le roi de Navarre et pour le prince de Condé^ Malheureusement la propagande,

i. Enquête sur les troubles de Lyon, du 8 septembre 1560 (Arch. des Basses-Pyrénées, Ë. 582).

2. Le duc d'Estampes, gouverneur de la Bretagne, informé de cette circonstance, reçut Tordre de tendre, deux mois après, un piège aux conjurés en célébrant une fôte à Rennes (Lettre orig. du duc de Guise au duc d'Estampes, du 13 avril 1559 (1560); f. fr., Yo\. 20510, f. 86).

3. La Planche, Estât de France sous François II, édit. du Panth. litt., p. 238. Le château de Nantes était une capitainerie appartenant au connétable qui y avait placé Sanzay (IVavers, Histoire du comté de Nantes, t. II). Yoilà pourquoi peut-être La Renaudie ne fat pas inquiété.

4. Lettre datée du 26 février 1560 et dont quelques passages sont publiés par M. Dareste (article sur Hotman dans la Revue hisiarique, 1876).

5. Article de M. Dareste sur Hotman {Revue historique, 1876).

trop retardée, n'était pas oonduite avec aaso de discrétion .

La cour vivait dans une sécurité complète, k rà tout à la chasse, les Guises à leurs passions ambitieuses, les courtisans aux intrigues et aux plaisirs. Le 3 février ^ le roi partit de Blois pour Amboise sans se douter du complot qui se tramait à quelques lieues de sa résidence. Il clieminait à petites journées, de château en château, par la route la pbs longue, celle qui traversait les forêts du nord du Blaisois. Ce voyage, depuis longtemps projeté, où le courre du cerf et la volerie absorbait chaque journée', devml durer jusqu*au 27 février^. Le 12, le cardinal de Lorraine reçut d'un prince allemand protestant ^, probablement le duc de Wurtemberg, le premier avertissement de la conjuration ^. Les Guises montrèml

La mission de François Hotman ne fut pas remplie avant la conjuration d'Amboise, comme le disent M. Dareste (loc. cit) et M. de Larerrière (Introd. aux Lettres de Catherine de Midieù, p. 76), mais au mois de juin suivant (Factum d'Uotman ; V* de Colbcrt, vol. 16, f. 70».

1. Lettre de Chantonay du 19 février (Recueil conserve aux arch. de Bruxelles). La chancellerie était restée à Blois et s'y trouvait encore le 18 février (Lettres patentes signées du roi de cette date ; Arch. nat., vol. X« A 8623 et f. fr., vol. 25726, f. II).

*2. IjSl Planche, p. 246.

3. Lettres de Chantonay, du 17 janvier et du 19 février (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles).

4. Plus tard, à la nouvelle de la découverte du complot, Hotman accusa Sturm d'indiscrétion vis-à-vis de son secrétaire Go mont. Il inviK|uait à cet égard le témoignage de Oesmazures, secrétaire de la cour de Lorraine, et de Jean de Monluc, évoque de Valence. Hturm repoussait l'accusation et la renvoyait à Hotman (Étude de M. Dareste sur Hotman publiée dans la Revue historique, 1876).

5. C'est probablement cet avertissement que le roi mentionne dans sa lettre au parlement de Paris, du 8 mars {Méfnoires de

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d'abord une confiance en leurs propres forces qui abusa la cour^. Cependant, le 19 février, de Montoire, le cardinal de Lorraine envoya à Mathieu de La Thuillerie, seigneur de Goignet, ambassadeur de France en Suisse, l'ordre de c faire attraper > La Renaudie c à quelque prix que ce soit > ou au moins de mettre des espions c à sa queue ^ > . Malgré son activité, Goignet ne put recueillir aucun renseignement précis et les Guises restèrent quelques jours dans l'incertitude . Mais la difficulté de saisir le corps d'une conjuration, qui comptait autant de complices

Condé, t. I, p. 336). Le fait de ravertissement envoyé par un prince protestant est certifié dans la lettre de Ghantonay au card. Granvelle, du 3 mars 1560, que nous citons plus loin, et dans celle de Ghantonay à Philippe n, du 19 mars (Ârch. nat., K. 1493, n. 42). La Place (Bsiat de religion et républiqtie, p. 32) et de Thou (t. II, p. 762) ont dit que les Guises avaient reçu d'autres avertissements, mais nous n'avons trouvé que la trace de celui-ci. Cependant, le connétahle, dans la communication qu'il fit plus tard au Parlement (voyez plus loin), dit en propres termes : « De quoy

€ led. seigneur roy avoit advertissement tant de la part du roy m d'Espagne, son beau-frère, de ses serviteurs et amys qu41 a en € Allemagne, du duc de Savoye, son oncle, que de Tévesque « d'Arras, qui a authorité au Pays-Bas soubz la duchesse de € Parme, i (Coll. du Parlement, vol. 81). Nous relatons plus loin (p. 153) la communication faite de la part de l'évoque d'Arras. — L'ambassadeur vénitien Michieli parle d'un avis qui aurait été envoyé aux Guises dès le commencement de janvier, mais il l'antidate évidemment (Lettre du 28 mars ; Mss., Dépêches vénit., filza 4, f. 32).

1 . C'est ce qui a fait dire à tous les historiens que les Guises s'étaient d'abord montrés incrédules sur le fait de la conspiration. Voyez La Planche, p. 246.

2. Cette lettre est publiée par M. Mignet dans le Journal des Savants, 1857, p. 420. Elle y est désignée comme tirée du Tol. 759 de la coll. Saint-Germain français. Nous l'y avons vainement cherchée.

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des capitaines qu'il avait entrevus avec La Renaudie. Cependant il retrouva dans ses souvenirs le noni d*an seigneur dont le frère vivait à la cour, à la suite du duc de Nevers. Ce capitaine, pressé de questimis, avoua Tobjet de la conjuration et en nomma les auteurs ^ • Quant à maitre Âvenelles, après avoir tiré de lui tous les éclaircissements qu'il pouvait donner, le duc de Guise l'envoya en prison. Plus tard, il le délivra et lui fil remettre 400 écus ^. L'avocat se retira en Lorraine et y obtint, à la reconunandation de ses nouveaux protecteurs, une bonne charge de judicature. Ce n'était pas, dit de Thou, un délateur vulgaire; il avait du savoir, pratiquait la réforme et lui resta fidèle '.

Aussitôt averti, le duc de Guise fit tourner bride au roi et le conduisit à Âmboise, c petite ville fort c serrée que peu de troupes peuvent défendre et qui c a d'ailleurs un château assez grand et bien fortifié ^. » Le S5 février, le roi informe le connétable de Montr morency de la c très meschante et malheureuse consc piration où il D'allo3rt de rien moins, dit-il, que c d'attenter à la personne de la royne, ma mère, la c myenne propre, celle de mes frères et des prindc paulx de ceulx qui sont auprès de moy et de là venir c à toute la subversion de l'Estat de mon royaulme ^. >

i. Mémoires de Castelnau, liv. I, chap. 8. Ce fait est confirmé par La Pianche et presque tous les historiens.

2. La Planche, p. '246. Suivant La Place, il aurait reçu 12 mille livres.

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