‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 47 sur 133 · La E=^lanche, Bstat de France sous François 11^ p · texte numérisé non relu

La E=^lanche, Bstat de France sous François 11^ p

4. L'ac^ d'enregistrement est daté du il mars et nous apprend (çi%\êd\V est du 8 mars (Bibl. nat., coll. du Parlement, vol. 81,

Î.^V^V ^ ^^te imprimé ne porte, suivant l'usage, que la date

du mois.

dence ^ . Malgré leur empressement à servir la reine, la fermeté de leurs sentiments religieux dissimulée sous un masque de bronze, leur abord peu oommunicatif les rendait suspects au roi ^. ^

Cependant La Renaudie, informé du diangement de résidence du roi, convoqua ses complices à La Garretière^, en Anjou, pour le 4 mars^. L'assemblée décida que Texécution du coup de main serait retardée. La découverte du complot avait fait abandonner la comédie de la requête au roi. Le 15 mars, La Renaudie, Castelnau et Mazères devaient se réunir au château de Noizay ^, près de Tours, et, le 1 6 au matin, diriger leurs soldats à la file vers Âmboise. Jean de Maligny et son frère, Edme de Maligny, connus parmi les conjurés, le premier sous le nom de Saint-Gyr, le

i. Lettre de Gilles de Noailles à Tévéque de Dax, Amboise, 13 mars 1559 (1560); Cab. hist., 1873, p. 231. — Lettre de l'ambassadeur Michieli, du 15 mars (Mss., Dépêches vénit., fiiza 4, f. 16).

2. Lettre de Ghantonay à Granvelle, du 18 mars (Recueil conficr\é aux arch. de Bruxelles, f. 56). — Sur l'abord froid des Ghastillons voyez Tindication de quelques documents dans un mémoire sur François de Montmorency que nous avons publié (Mémoires de la Société de V histoire de Paris, t. VI).

3. I^ Planche et après lui tous les historiens impriment La Car^ relière. Or, il n'existe, de ce nom, qu'un petit hameau en Poitou. La Oarretière, au contraire, est dans Tarrondissement d'Angers, à portée de Nantes, où étaient restés beaucoup de conjurés, et d' Amboise.

4. Do Thou, t. II, p. 764. — La Planche dit que le rendez-vous à La Garretière avait été fixé au 2 mars {Estât de France sous François II, p. 249).

5. Le château de Noizay (Indre-et-Loire) appartenait à la femme du s. de Raunay, l'un des conjurés (Note de M. Lalanne, dans Brantôme, t. III, p. 182).

second sous celui de Le Boys ^ deux des plus hardis gentilshommes du prince de Gondé, étaient chargés d^iotroduire 60 hommes dans les maisons de la ville et 30 dans le château. Le prince de Gondé, c sur € rheure du disner , devait aller droit au chasteau » , se saisir des portes, désarmer les partisans des Guises et arborer, au plus haut de la tour, un signal pour appeler ses autres capitaines, restés en embuscade dans la forêt. Les uns devaient entrer par la porte du parc, les autres par une brèche de la muraille, c Ge € faict, le prince devait parler^. »

Ces projets ne restèrent pas longtemps cachés aux Guises. L'aident, les faveurs, les promesses, le cardinal mettait tout en œuvre pour obtenir des délations. L'un des chefs, séduit ou terrorisé, le s. de Lignières, gentilhomme du Bourbonnais, trahit ses complices et révéla à la reine mère le nouveau plan et les rôles des conjurés. Aussitôt le duc de Guise changea la garde du roi et fit murer les portes du jardin^. Les aveux de Lignières lui permettaient de prévenir ses ennemis. Il était entouré de gentils-

1. Enquête sur les troubles de Lyon, du 8 septembre 1560 (Ârch. des Basses-Pyrénées, E. 582). M. de Bastard, dans sa consciencieuse étude sur Jean de Ferrières, ne paraît pas avoir connu cette pièce. Nous ne pouvons donc connaître son opinion sur les faux noms des deux Maiigny. D'Aubigné, dans son Histoire uni" verselle, i626, col. 126, rapporte comme nous le rôle du faux SaiDt^yr et du jeune Maiigny.

2. La Planche, Estât de France sous François IL édit. du Panth. litt., p. 249. Ghantonay, dans une lettre du 3 mars, datée d'Amboise, confirme une partie de ces détails (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles, f. 47 vo).

3. Lettre de Ghantonay, du 10 mars 1560 (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles, f. 51).

hommes fidèles, qui, à la nouvelle du danger du ra, étaient accourus à son service. Il envoya une compagnie, guidée par un archer de la garde du pays de Vendomois, à La Fredonnière, où les conjurés avaient dû se réunir lorsque la cour était à Blois. François et Magdelen de Constance s'étaient eofiiis en apprenant la découverte de la conjuration. On arrêta le sire de Dauvines avec une vingtaine de ses complices. Dans les châteaux du voisinage les soldats surprirent des détachements qui n'attendaient qu'un signal pour se mettre aux champs et des dépôts d'armes blanches qui servirent aux défenseurs du roi^.

Cependant les capitaines remplissaient leur mission dans les provinces. Â peine arrivé à Tours, le comte de Sancerre fiit averti par un mardiaDd que les villages voisins étaient remplis de soldats déguisés. Le 11 mars, au soir, il captura c dix c hommes bien armés » et plusieurs cofires pleins de pistolets dans une c cassine > près de la ville. Plus loin, il attaqua une autre troupe, la mit en déroute et fit neuf autres prisonniers, parmi lesquels deux ou trois capitaines de gens de pied^. Le 1i mars, il apprit que des gens d'armes bien montés s'introduisaient à la file dans le faubourg de La Riche et se logeaient

1. De Thou, t. II, p. 765, d'après La Planche, p. 250. — Lettre de Tornabuoni au duc de Florence, en date du 23 mars {Négoe, diploni, avec la Toscane, t. III, p. 409). — Lettre de Michieli à 1& république de Venise, du 15 mars (Mss., Dépêches vênit., fîiza4, f. 16).

2. Lettre de Ghantonay à Marguerite de Parme, du 13 mars 1560 (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles, f. 52). — Lettre du môme à Philippe II, du 19 mars (Arch. nat., K. 1493, n* 42).

à Taubei^e de la Galère^. U marcha au-devant d'eux avec une compagnie de 50 hommes et rencontra Jacques de laMothe, baron de Gastelnau en Ghalosse^, et les capitaines Mazères, de Raunay, Garreau, Lavignac et Yvron ', armés de pied en cap par dessous leur manteau et suivis de 30 soldats. Au premier quiynve Gastelnau entra en pourparlers, dit qu'il allait à la cour avec son train pour présenter une requête au roi et repoussa le reproche de s'être mis en révolte. Sancerre, au nom de sa commission, voulut le retenir prisonnier. Gastelnau cria à l'aide ; les deux troupes se heurtèrent; Sancerre fîit légèrement blessé^, et la compagnie royale, débordée par les soldats qui sortaient des maisons, fiit obligée de battre en retraite € plus tost que le pas », au bruit des coups de pistolet tirés sur ses derrières. En traversant la ville, Sancerre appela du secours, mais toutes les portes se fermèrent devant lui. Seul, un boulanger sortit de sa maison et y rentra précipitamment quand il vit les gens du roi. Le capitaine des Guises expédia immédiatement un messager à Amboise, chargé d'exposer qu'il était bloqué par les conjurés, dans une position d'autant plus périlleuse que les habitants de Tours s'étaient prononcés contre lui.

Au lieu de prendre possession de la ville, qui était sans défense devant lui, Gastelnau recula à son tour,

1. Lettre de Throckmorton à la reine, du 29 mars 1560 (Forbes, 1. 1, p. 376).

2. Dupleix seul nous donne les noms et prénoms de ce seigneur {Hist. de France, 1628, t. m, p. 606).

3. Lettre de Throckmorton, du 21 mars (Forbes, t. I, p. 376).

4. Lettre de Tornabuoni, du 13 mars (Négoc. diplom, avec la Toscane, t. III, p. 409).

conduisit sa compagnie du côté de Saumur, passa la Loire et se rendit pendant la nuit avec Mazères au château de Noizay, le rendez-vous général des conjurés. A l'arrivée du message de Gastelnauà Âmboise, le maréchal de Saint-André fut envoyé à Tours avec quelques capitaines italiens et 300 cavaliers dioisis. Entre temps, la ville avait fermé ses portes aux soldats de tous les partis; mais Saint-André n'eut qu'à se présenter pour faire reconnaître Tautorité du roi ^

L'échec de Sancerre, grossi par les bavardages de ses soldats, troubla la quiétude des courtisans. Chacun crut voir apparaître, l'épée à la main, les conjurés qu'il avait vainement attendus le 6 mars. Le duc de Guise, à l' improviste, fit reprendre les armes à ses gens, renvoya les chevaliers de l'ordre à la garde des portes et les officiers du roi sur les remparts. Comme d'autres grands capitaines, qui n'ont montré de l'hésitation que dans la guerre civile, il se laissait gagner par l'effarement général. Sa fermeté et son sang-froid paraissaient ébranlés. Il donnait des ordres qu'il révoquait un instant après pour en donner de nouveîiux, suspectait la fidélité de ses défenseurs les plus dévoués et décourageait les autres par ses soupçons. € C'est merveille de voir, écrit Throckmorton , quelle c terreur panique montrent ces capitaines qui, ea

1. Lettre de Chantonay à Marguerite de Parme, du 18 mars 1560 (Recueil conserva aux arch. de Bruxelles, f, 54). — Lettre dim même à Philippe II, du 19 mars (Arch. nat., K. 1493, n» 42). — Lettre de Michieli à la république de Vcuise, du 16 mars (Ms8., Dépêches vénit., filza i, f. 16). — I^a Planche raconte avec détailss^ et très exactement l'incident de Tours.

ET JEANNE d'aLBRET. 165

c d'autres temps, n'ont pas été effrayés par de c grandes armées de cavaliers, de gens de pied et par c la furie des canons. Je n'ai jamais vu de gens plus c terrifiés et qui s'abandonnent davantage. Us ne c savent quels sont leurs amis ni leurs ennemis. Us c donnent des ordres, puis des contre-ordres et c suspectent tous ceux qu'ils emploient ^ . »

Cependant la grande armée des conjurés s'avançait sur Amboise sans éclaireurs, sans conunandement , au hasard , suivant le caprice des chefs improvisés de diaque bande, dans un désordre qui révélait son organisation incomplète. Us marchaient par groupes de S5 à 50 honmies^, la plupart mal armés, conune s'ils n'avaient eu qu'à paraître pour faire évanouir le fantôme de gouvernement du grand duc François. Le 1 5, les portes du château furent rigoureusement fermées jusqu'à quatre heures du soir, et les ducs d'Aumale, de Nemours, le prince d'Esté, frère de la duchesse de Guise, et le grand prieur de Lorraine, frère du duc de Cjuise, furent envoyés en reconnaissance dans la campagne. Le soir, des pages de la vénerie, en faisant le Ix^is pour la chasse du roi, rencontrèrent une troupe cx)nfuse de 60 à 70 manants, armés d'arquebuses ou de liallebardes, conduits par trois ou quatre capitaines. Le

1. Lettre de Throckmorton à lord Cecil, du 15 mars 1560 CForbes, t. I, p. 374). — Lettre de Chantonay à Philippe II, du 19 mars 1560 (Arch. nat., K. 1493, n« 42). — Lettre de Michieli, ambassadeur de Venise, du 20 mars (Mss., Dépêches vénitiennes, 6ha4).

2. Ces attaques incessantes sont spécifiées dans une lettre du roi au connétable, du 19 mars (Mémoires de Condé, t. I, p. 346). Lie môme jour, le duc de Guise écrivit au connétable presque dans les mômes termes (f. fr., vol. 3157, f. 5).

duc de Nemours remonta immédiatement à cheval airec quelques gentilshommes, en demi-équipage de guore, et les ramena au château c comme moutoos > • Le roi leur parla d'une fenêtre, fit donner un écu à diaque homme et les remit tous en Ub^rté, excepté les quatre capitaines qui les commandaient. L'un d'eux, mteie, gravement blessé à la tète, reçut cinq écus ^ Mais ces malheureux refusèrent de se retirer sans avoir présenté leurs doléances. Ils paraissaient assurés du succès de la conjuration et prétendaient que la ville d'Amboise était enfermée, comme dans un cercle de for, au milieu de leurs corps d'armée. Soldats et capitaines, fanatisés par les meneurs, parlaient d'une armée de 50 mille hommes, dont ils ne formaient que Tavant-garde. Tous protestaient de leur dévouement au roi, demandaient le libre exercice de la réforme et le renvoi des Guises, sous l'administration desquels ils ne croyaient pas à la liberté de conscience. Les papiers, trouvés dans les bardes des capitaines, révélèrent une partie du plan d'exécution. Les chefs avaient pour instruction de mettre la main sur les finances du roi et sur les trésors des églises, afin de suffire aux frais de Tentreprise. A laide de ces ressources, ils devaient donner à leurs soldats des gages plus élevés que n'en touchaient les gens du roi^. Ces ordres étaient écrits en signes que le secrétaire d'État L'Aubespine réussit à dé-

1. Lettre de Throckmorton à la reine, du 21 mars (Forbes, t. I, p. 376). — Lettre de Michieli à la république de Venise, da 16 mars (Mss., Dépêches véait., filza 4, f. 16).

2. Voyez plus loin, à la un du chapitre, quelques indications sur les gages des conjurés.

ST JBA5KS D'aLBKST. 167

chiffiner. Od trama «issi des rôles qui prouvèrent que k noblesse de Gascogne, du LyoDnais et de la Bretagne aTÛt Ibiinii le pbs grand nombre des capitaines^.

Les Goises avaient reçu Favis que Castelnau, Raunay et Hazères s'étaient retirés à Noiiay^ Le 16^, au lever du jour, le doc de Nemours ^ parait à Fimproviste arec qpieiqiKS cavaliers sous les murs du château. Baunay et le capitaine Maières se promenaient sans aumes hors des portes et de prime abord sont faits

f . Lettre de Ouotaïay, du 18 mars 1560, à Mai^erite de Pftmie (RecœU conseivé aux arch. de Brazelles, f. 54). — X^ettre du même à Philippe n, du 19 mars (Arch. nat., K. 1493, xi*42).

2. L'amhaBadeiir vénitien, Midiieli, dans sa lettre du 28 mars, cnnstale que Ramiay aTait lait à Noizay de grands amas de vivres poar chevaux et cavaliers (Mss., Dépèches vénit., fiUa 4, f. Zi)*

3. Cette date est donnée positivement dans une lettre de L'Ankespine an connétable, dn 19 mars (f. fir., vol. 3158, f. 54). Enfin Siidiieli, dans une lettre du 16 mars, rend compte de l'expédition <le Noizay, ce qui prouve qu'elle ne saurait être postérieure à cette ^te (Mss., Dépèches vénit., filza 4, f. 16). Cependant Chantonay place l'événement au 17 mars et de Thou au 15 (voir la note 2 <)e la page 169). On va voir du reste que la journée du 17 mars Tut trop occupée à Amboise pour que Nemours et ses compagnons <) 'armes pussent aller à Noizay.

n est très difficile d'arriver à une connaissance rigoureuse dos

«lates avec les lettres des ambassadeurs étrangers. Les mots hier,

€Mvjourd'hui, demain, qui s'y rencontrent souvent, ne se rapportent

pas à la date de la lettre, mais à la date du jour où le paragraphe

est écrit. Chaque lettre est un journal, où les événements sont

consignés au jour le jour, et ne contient, le plus souvent, aucun

signe qui nous fasse connaître le jour où l'ambassadeur prend

et quitte la plume. La date qui figure en tète de chaque pièce est

toujours celle de l'envoi.

4. Vincent (larloix raconte que cette mission avait été d'abord proposée à Vieilleville qui la refusa (Mémoires, liv. VIII, chap. 4).

prisonniers. Castelnau rentre précipitamment et lève le pont-levis. Un combat s'engage et le duc de Nemours s'arrête devant l'impossibilité de forcer Fenceinte. Il Tentoure de gardes, leur laisse ses meilleures armes et revient à Âmboise cherdier du renfort. Gastdnau, prévoyant un siège, dépèche un valet à La Renaudie pour lui demander des secours. Depuis son retour de Paris, rintrépide chef de la conjuration parcourait les retraites du Blaisois afin de concentrer ses soldats. En même temps que le message de Castelnau, il reçut avis de ses complices d' Amboise que les plus braves, les mieux armés, parmi les gentilshonunes fidèles au roi, suivaient Nemours au siège de Noizay et que la résidence royale restait sans défense. Sur-le-champ il prend la résolution de tenter une diversion et expédie à tous les groupes de conjurés, épars sur les bords de la Loire, Tordre de se porter à marches forcées sur Amboise, avec ou sans armes, avec ou sans chefs.

En quelques heures le duc de Nemours reparait sous les murs de Noizay, avec une troupe de plus de 500 chevaux S gentilshonmies, pages, officiers ou domestiques de la maison du roi, de la vénerie ou de la fauconnerie. Castelnau, jugeant qu'il ne pourrait être secouru^ demande à parlementer et ouvre ses portes. Nemours entre avec neuf de ses compagnons et reproche awc défenseurs de Noizay leur crime de rébellion. Cas-' teinau répond qu'il n'a pris les armes que contre les Guises et pour obtenir la liberté de conscience* Enfin il capitule et Nemours lui jure, foi de prince»

1. Vincent Carloix réduit à 100 hommos les forces de Nemours {Mémoires, liv. VIII, chap. 5).

ET JEANNE D*ALBRBT. 169

qu'il ne lui en reviendra aucun mal, ni à ses soldats. Vainqueurs et vaincus, ceux-ci chargés de chaînes^, reviennent à Amboise, et le duc de Guise, sans écouter les explications des deux partis, envoie Gastelnau et ses complices, au nombre de %% capitaines, rejoindre Mazères et Kaunay dans les basses fosses du diàteau^.

Les ordres de La Renaudie arrivèrent à des heures différentes suivant la distance. Toutes les bandes obéirent et se mirent en campagne. Mais elles marchaient sans se concerter, sans essayer de s'éclairer et de se défendre Tune l'autre. Dans la soirée du 1 6, après le retour de Nemours à Amboise, dans la nuit, dans la journée du 1 7, des groupes armés parurent aux portes et vinrent se briser contre les remparts. La plupart des conjurés arrivaient fatigués par une longue route, avec l'insouciance de soldats sûrs de vaincre, s'étonnaient de n'être pas reçus en libérateurs, tiraient des coups de feu aux créneaux et s'enfuyaient dans les champs. Les gentilshommes du roi sortaient tour à tour en armes et ramassaient des prisonniers par 15, 20 ou 30 honmies. c II semble, écrit l'ambassadeur « d'Espagne, que Dieu leur agite le sens, car ils se

i. Lettre de Michieli, du 4 avril (Mss., Dépêches vénit, filza 4,

2. Lettre de Ghantonay, du 18 mars 1560, à la duchesse de Parme (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles, f. 54). — Lettre de Michieli à la république de Venise, du 16 mars 1560 (Mss.; Dépêches vénit., fîlza 4, f. 16). — Lettre du môme à Philippe II, du 19 mars (Arch. nat., K. 1493, n» 42). — La Planche et de Thou et après eux tous les historiens ont raconté de la môme façon l'arrestation de Gastelnau (La Planche, p. 251) (De Thou, t. II, p. 768).

c laissent prendre comme si c*étoient enfants. > Dans les villages voisins d'Âmboise, dans les maisons des champs on trouva des dépôts d'armes que personne ne tentait de défendre : c Cette canaille, dit Ghantonay, a c ramassé toutes les armes, arquebuses et pistolets c qu'ils ont pu avoir, et, encoflfîrés et balles, les ont c conduits à Tentour de cette ville icy ; tout cda est c découvert et saisi. Croyez, Madame ^ que c'est une c chose comme tel enchantement qu'il est impossible c de le décrire. Et sont ces malheuraDrx si mal poorc menés qu'ils viennent tous donner dedans le fillet, c sans savoir de leurs compagnons ni que l'emprise c est découverte ; et se suivent fil à fil '. >

Les compagnies de gens de guerre de profession ne montraient pas plus de fermeté. Deux capitaines résolus, La Mothe, chef d'une bande de soldats étrangers, et Bertrand Chandieu, frère du ministre de l'église de Paris, devaient faire leur jonction pendant la nuit du samedi au dimanche (16 au 17 mars) dans un faubourg, appelé le faubourg des Bonshonunes, avec les sires de Coqueville et des Champs, qui s'y cachaient chez des bourgeois affiliés à la conjuration. Au lieu de profiter des ombres de la nuit, La Mothe et Chandieu arrivent au lever du jour et sont dépistés de loin par l'éclat de leurs écharpes blanches. Des bateliers, qui travaillaient sur les bords de la Loire, donnent par leurs cris Téveil aux gens du château ^.

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