Lettre de L'Aubespine au connétable, du 19 mars (f. fr
^ol. 3158, f. 54). Ghantonay, dans une lettre du 23 mars à Mar-
^erite de Parme, constate que, depuis la mort de La Renaudie,
les attaques ont cessé (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles,
de 1 ,000 ou 1 ,200 cavaliers, qui marchait contre le château d'Amboise, disparut comnie par enchantement. Les Guises, parfaitement informés de la valeur de leurs ennemis, ne se trompèrent pas sur la grandeur de leur victoire. Les courtisans passèrent de la terreur à l'allégresse et le roi reprit le cours de ses plaisirs. Le lendemain, %0 mars, il s'enhardit jusqu'à aller à Ghenonceaux avec les deux reines, ses pages et ses fauconniers, et assista à c une volerie » sur les bords de la Loire ^ .
On s'aperçut bientôt à Amboise que, parmi les prisonniers ramassés dans ces derniers jours, figuraient quelques-uns des malheureux que le roi avait pris la peine d'interroger lui-même et de renvoyer en liberté^. Leur acharnement enlevait tout crédit au parti de la clémence, représenté au conseil par le chancelier^. Le premier acte du duc de Guise, après la mort de La Renaudie, fut de faire signer au roi le rappel de l'ordonnance d'amnistie du 17 mars^. Aus-
1. Lettres de Ghantonay citées dans rayant-dernière note. — Lettre de Ghantonay, du 23 mars, à Marguerite de Parme (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles, f. 57). — Lettre de Mlchieli, da 20 mars (Mss., dépêches vénit., filza 4, f. 20).
2. On en avait arrêté deux à Tattaque de la porte des Bonshommes (Lettre de l'ambassadeur Michieli à la république de Venise, du 17 mars 1560 ; Mss., dépêches vénit., filza 4, f. 16).— Lettre de Ghantonay à Philippe II, du 19 mars (Orig. espagnol ; Arch. nat., K. 1493, n* 42). — La Planche explique de la même façon la révocation de Tédit d'amnistie (p. 262).
3. Lettre de Ghantonay à la duchesse de Parme, du 28 mars 1560 (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles, f. 59 v*j. La Planche avait connu les intentions modérées du chancelier (p. 252).
4. La Planche, Estât de France sous François II, p. 262. Getédit ne fut publié que le 22 mars. Il est analysé avec détails par La
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sitôt il fait battre Testrade par des colonnes mobiles, composées de gens d'armes bien montés et bien équipés, capables de dissiper les rassemblements ^ . Dans une de ces tournées, Sancerre trouve 25 conjurés retranchés dans une maison qu'il ne peut forcer ; il y met le feu et les brûle vifs. L'un d'eux avait réussi à s'enfuir, mais à la vue du désastre de ses compagnons, il rentre sous le toit en flânâmes et se laisse a^hyxier avec ses complices^. Bientôt les prisonniers affluent dans les caves du diâteau et dans les cachots de la ville '.
Malgré l'opposition du chancelier, dès le dimandie 17 mars, les supplices avaient conmiencé. Le premier jour on pendit treize condanmés^. Bientôt, faute de potences, on attacha les coupables aux créneaux du diàteau ^. Le nombre des conjurés ne permettant pas d'information détaillée, on supprima les interrogatoires et on exécuta les prisonniers sans prendre le
Planche et publié dans le Journal de Bruslard {Mémoires de Condé, 1. 1, p. 11).
1. Lettre de l'ambassadeur Biichieli à la république de Venise, du ÎO mars (Mss., dépêches vénit., filza 4, f. 20).
2. Lettre de Throckmorton à la reine, du 21 mars (Porbes, t. I, p. 376). Biichieli avait déjà raconté ce fait dans sa lettre du 17 mars (Mss., dépêches vénit., filza 4, f. 16).
3. Ghantonay parle des prisons de la ville qui étaient un peu éloignées du château (Lettre à la duchesse de Parme, du 28 mars 1560 ; Recueil conservé aux arch. de Bruxelles, f. 59 v«).
4. Mémoires de Bruslard dans le t. I des Mémoires de Ccndé, p. 8. — L'ambassadeur vénitien n'en mentionne que huit, dont deux accusés contumaces (Lettre de Michieli, du 17 mars 1560 ; Mss. ; dépêches vénit., filza 4, f. 16).
5. Lettre de Ghantonay, du 18 mars 1560, à la duchesse de Panne (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles, f. 54).
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soin de constater leur culpabilité. Chaque jour les patrouilles, envoyées par le duc de Guise, rencootraicDl des bandes de soldats en déroute, privés de kan chefs et errant dans la forêt. Les gens d'armes tuaient les uns , enchaînaient les autres à la queue de leurs chevaux et les traînaient à Amboise. Ils étaient pendus ou décapités sans jugement, bottés et éperonnés comme à Theure du combat ^ La plupart, dit Ghantonay, c répondent avec visage assuré les raic sons qu'ils savent de leur loy et confession. Si on les c menace de les faire mourir, ils répondent que ce c sera pour glorifier le Seigneur et qu'ils ne demandent € autre chose*. »
Le duc de Guise exigea que le roi et les prince» assistassent aux supplices. La mort des chefs était retardée jusqu'après le dtner du roi c pour donner c quelque passe4emps aux dames » . Les courtisans et les dames s'accoudaient aux fenêtres c conmie s'il eût c été question de voir jouer quelque momerie^ ». Seule à la cour, la duchesse de Guise, Anne d'Est, fille de Renée de France, considérait ce spectacle avec horreur. Un jour, à la suite d'une exécution, elle fondit en larmes dans la chambre de la reine mère : c Je ne c doute point, dit-elle au milieu des sanglots, qu'en c bref un grand malheur ne tombe sur notre maison c et que Dieu ne nous extermine du tout, pour les