‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 64 sur 133 · Le Laboureur, Mémoires de Castelnau, t. I, p · texte numérisé non relu

Le Laboureur, Mémoires de Castelnau, t. I, p

2. Tessereau, HisL chronoL de la chancellerie de France^ 1. 1, p. 133.

3. Voyez La Planche, p. 267, De Thou, t. II, p. 775, et surtout Jean de Morvillier^ par M. Baguenault de Puchesse, 1870, p. 118. D'Âubigné, dans son Hist, universelle (1626, col. 129) et dans ses Mémoires (édit. Lalanne, p. 24), a écrit que L'Hospital était de la coDjuratioa d'Amboise et que, dans Tacte constitutif du complot, il avait va sa signature. Le fait n'est rapporté par aucun autre historien et nous parait tellement invraisemblable que nous le récusons jusqu'à preuve du contraire. Le P. Griffet, dans son édition de VHist, de France du P. Daniel (t. X, p. 629 et 638) et surtout dans les Preuves de l'Histoire, p. 262, a réfuté les assertions de d*Âubigné.

Thou, le père de rhistorien, et Christophe de Harlay. L'évèque de Paris était présent. Le connétable prit k parole en ces termes :

Messieurs, la cour a entendu TesmoUon ftûte &i ce rojanme contre Thonneur de Dieu, puis contre la personne du roy Josqan au lieu où il estoit, qui e£t au milieu de son royaume, par gais séditieux ; lesquels ont osé se présenter jusques aux portes de la ville d*Amboise et y tirer 40 ou 50 coups de pistolet et barquebuses. Toutefois il s'est trouvé de si gens de bien, bons et loyaux et affectionnés subjets et serviteurs du roy, nostre souverain seigneur, qu'avec la grâce de Dieu les choses n'ont succédé sdoD la mauvaise volonté et affection d'iceux... Et, ce qui est me^ veilleusement esbahye et non accoustumée en ce royaume, que gens du bas état, sous excuse pour tout qu'ils vouloient agilement parler au roy sans mal foire, venir pour parler à leur prince avec la force et les armes au poing, il y a danger, silft eussent été les plus forts, qu'ils eussent passé outre et attenté & sa personne et de la roine, de la roine mère et des princes, h^ bonté de Dieu y a pourvu ^

Après ce début , qui répondait aux émotions du jour, le connétable énumérait les mesures qu*il avait prises en faveur de la sûreté du roi : envoi de troupes, ordres^ transmis aux gouverneurs des places et aux lieutenant» du roi en Picardie, en Champagne, en Brie, dans Tlle— de-France ; et demandait l'avis du Parlement.

Et, si lad. cour voit qu'il soit besoin d'y foire quelqu'autr^ chose, il n'y espargnera sa vie ; quand il auroit ses deux pied» et une main dans la fosse, les rctireroit pour augmenter partye de son devoir pour le service du roy, prince d'honneur, qui a^

1. Bibl. nat., coll. du Parlement, vol. 81, f. 161. La suite do discoure du connétable n'est pas reproduite textuellement, mais seulement analysée.

tant mérité et est fils d'un si bon et vertueux père et d'une royne si sage, ayant ses ayeul et bisayeul tant vertueux *.

Le discours se terminait par des menaces à l'adresse des séditieux qui oseraient troubler la tranquillité de la ville de Paris, menaces que le connétable, en résidence à Ecouen et à Chantilly, se réservait d'exécuter lui-même. Le président Baillet répondit par une harangue d'apparat, semée de citations latines, où la fermeté du connétable et le dévouement du Parlement étaient également loués ^.

La Place et de Thou , bien posés pour compléter le narré officiel des registres de la cour ^, racontent que le connétable ajouta à son récit des considérations assez malicieuses pour les Guises. II n'est personne, ditril, qui ne prenne pour une c grande injure que Ton € vint tirer des coups d'arquebuse contre sa maison € pour outrager un sien serviteur ; à plus grande € raison le roy devoit trouver mauvais qu'on fôt venu c en cette façon contre son château d'Amboise pour € Fentreprendre contre ses principaux serviteurs et €, ministres^. » La perfide bonhomie du connétable réduisait la conspiration d'Amboise à un mouvement contre les favoris de rois et ébranlait l'échafaudage, péniblement élevé par les Guises, qui reliait leur cause

i. Ce passage est reproduit textuellement dans le registre du Parlement.

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