Coll. Dupuy, vol. 52, f. 123, copie du temps
3. Baschet, Diplomatie vénitienne, p. 494. Dépêche de l'ambassadeur vénitien du 12 juillet 1559.
Chantonay signale la dureté avec laquelle on agit vis-à-vis de Diane de Poitiers (Lettre à la duchesse de Parme du 3 février 1560 ; Recueil conservé aux archives de Bruxelles, f. 40).
4. Lettre de Throckraorton à la reine Elisabeth, du 13 juillet 1559 {A full view of the public transactions in the reign of Elisabeth, par D. Forbes, t. I, p. 157).
5. D'Âumale quitta la cour et bouda ses frères pendant quelque temps (Lettre de Throckmorton à Gecil, du 4 août 1559; Forbes, 1. 1, p. 190).
ni intéressée ni vindicative ^ . Diane était devenue propriétaire de Ghenonceaux au prix d'une comédie judiciaire jouée avec effronterie devant le conseil du roi*. Il était facile, si la reine Teût exigé, de reprendre Ghenonceaux sans recourir aux ruses de procédure de la maîtresse de Henri II ; le Grand Gonseil était prêt à se déjuger ; mais Gatherine usa d'un moyen plus honnête. Elle échangea la terre de Ghenonceaux contre celle de Chaumont. Une lettre du grand écuyer, Glaude Gouffier, sire de Boisy , adressée au maréchal de Brissac le 21 décembre 1559, donne des détails précis sur l'acquisition de la reine, c Je ne veulx oublier à vous € mander que la royne mère a volunté de recouvrer
< la terre de Ghenonceaux, pour laquelle elle veult c donner response en terre à Mad. de Yalentinoys. Et
< lad. dame a déjà assurance de Mons. de Barbezieux
< de sa terre de Ghaulmont, tellement qu'il ne reste
< plus que d'en arrester le prix avec led. seigneur.
< Et, à ce que lad. dame royne m'a dict, elle espère que
< led. Ghaulmont ne luy coustera que cent mil livres.
< Toutesfoys ceulx qui manyent ses affaires parlent
< de plus grandes sommes et disent qu'elle viendra
< jusques à six vingt mil livres. Si c'est chose arrêtée
< elle sera bientôt exécutée ^. » Boisy était bien informé. Ghaumont coûta 120 mille livres à la reine mère. Le contrat d'échange eut lieu à Blois dans les derniers
1. La Planche, Estât de France sous François II, édit. du Panth. litt., p. 205.
2. Voyez les documents rassemblés par M. l'abbé Chevalier dans Diane de Poitiers au œnseil du rot, in-8% 1866.
3. Lettre de Boisy à Brissac, du 21 décembre 1559 (f. fr., vol. 20451, f. 131).
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jours de Tannée, par-devant maîtres Hugues et Dubert, notaires, et fut même avantageux pour la favorite de Henri U^
Les Guises accordèrent aussi à la reine mère Texil d'un seigneur moins coupable que Diane, l'exil de Gabriel de Lorges, sire de Mongonmery, le meurtrier involontaire du feu roi. L'infortuné seigneur perdit la charge de capitaine des gardes et fut expulsé de la cour^.
Une ordonnance du 1 5 août, constitutive du douaire de Catherine, fut le gage du traité d'alliance de la reine mère et des Guises. La dot de Catherine, une rente de 8666 livres tournois, fîit reconnue à nouveau sur le duché de Valois et sur le comté de Montfort-l'Amaury. Le douaire fut fixé à la possession du duché d'Alençon, restitué au domaine royal depuis la mort de Marguerite d'Angoulème, et à une pension de 72 mille livres assignée sur le duché de Bourbonnais haut et bas, Auvergne, Montferrand et Usson, les comtés de Meaux, y compris Crécy et Montereau, Haut- Yonne, Clermont en Beauvoisis et autres domaines confisqués à la maison de Bourbon, Melun, Moret, Mantes, Meulan, Dreux, le Perche, et la seigneurie de Sézanne en Champagne^. Le douaire ne fut payé intégralement que pendant le règne de François H. En 1561, Catherine, devenue
1. Lettres de Diane de Poytiers publiées par M. Guiffrey, note, p. 208. — Cabinet historique, 1864, p. 347.
2. Lettre de Throckmorton à la reine Elisabeth, du 13 juillet 1559 (Calendars of state papers, foreign séries, règne d'Elisabeth, 1559, 378).
3. Ordonnance de François II du 15 août 1559, copie du temps (f. fr., vol. 17307, f. 79). *
Les Guises purent tenir le connétable éloigné de la cour par l'exercice de sa charge de grand maistre jusqu'au jour des funérailles de Henri IP. Le surlendemain, le 15 août, Montmorency réunit à son logis ses fils, ses neveux, les principaux gentilshommes de son parti, les officiers de la maison du feu roi, et se rendit de bonne heure à Saint-Germain. Le roi dînait. L'ancien c compère > de Henri II, usant de la même familiarité qu'au temps de sa faveur, se fît introduire dans la salle en attendant l'heure de l'audience officielle. Sa visite avait été signalée par les espions des Guises. François U avait composé son visage et son maintien. Sur un signe du cardinal de Lorraine, il prit Montmorency par la main et se retira dans sa chambre. Le connétable commença un discours étudié, une sorte de manifeste ; il dit qu'il voulait présenter, lui-même, au roi ses fils et ses neveux et demander pour eux la faveur de leur nouveau maître. Quant à lui... Â ce mot le roi l'interrompit et lui annonça comme une grâce que, pour soulager la vieillesse des anciens conseiUers de son père, il avait donné la charge du gouvernement au duc de Guise et au cardinal de Lorraine. Il le pria de garder sa place au conseil ; mais il l'autorisa, s'il se trouvait < lassé ou mal disposé, à aller € s'esbattre chez luy. > Montmorency, glacé par cet accueil, retrouva son assurance à cette insinuation. U dit qu'il n'était venu à la cour que pour demander
— Lettre de Throckmorton à la reine d'Angleterre, du 18 juillet (Calendars, 1559, p. 386).
1. Le 13 août. Voyez, sur les funérailles de Henri II, une pièce intéressante publiée dans les Archives curieuses de Gimber et Danjou, t. IV.
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rautx>risation de se retirer à cause de < ses playes et c vieux jours, mal convenables avec les jeunes ans de c S. M. », et s'excusa de déserter les séances du conseil afin de ne point obéir à ceux qu'il avait toujours commandés. Il ajouta aigrement c qu'estant plein de c jours et quasy radotant, ce dit- on », ses avis ne méritaient pas d'être regrettés.
Au sortir de la chambre du roi. Montmorency entra dans celle de la reine mère. Catherine avait déjà l'espoir de c manier les Guises à son appétit » . La constitution de son douaire était signée. Elle trouvait chez le cardinal de Lorraine des attentions que son rival, dur et hautain, était incapable de rendre. Il est vrai qu'elle devait beaucoup au connétable. Il avait négocié son mariage avec Henri U et empêché qu'elle fût répudiée avant la naissance de François II ^ . Mais ces souvenirs étaient lointains, presque oubliés. Depuis, Montmorency avait dit tout haut à la cour, suivant Davila et La Planche, que, de tous les enfants de Henri II, un seul, sa fille naturelle^, épouse de François de Montmorency, ressemblait à son père^. La
i. L*historien Davila dit que le connétable avait conseillé au roi c qu'il eût à la répudier comme stérile ». {Hist. des guerres civiles, t. I, p. 23.) Nous pouvons indiquer un document original qui proteste contre cette affirmation; c'est une lettre autographe de Catherine au connétable, qui remonte à sa première grossesse, et dans laquelle elle lui annonce cet heureux événement comme à celui de tous ses amis qui y prendra la plus vive part (f. fr., vol. 3119, f. 28).
2. Diane de France, fille de Henri II et de Philippe Duc, demoiselle piémontaise. Elle épousa en premières noces Horace Farnèse et en secondes François de Montmorency.
3. Cette anecdote est révoquée en doute comme invraisemblable,
reine offensée saisit roccasion de lui reprocher cette injure, soit qu'elle y crût réellement, soit qu'elle cherchât un prétexte pour rompre avec lui. Elle parla même de lui faire < trancher la teste pour s'estre tant € oublié que de toucher à l'honneur d'elle et de ses € enfants. » L'accusé nia le propos et se défendit en rappelant ses services, mais il ne put rien obtenir de la vindicative princesse ^ .
La conférence fut interrompue par l'arrivée au château du duc d'Âlbe et du nouvel ambassadeur d*Espagne, Perrenot de Ghantonay, frère du cardinal de Granvelle^. Le cardinal de Lorraine les reçut le premier, s'excusa de les conduire au roi, qui assistait à la messe, et les fit attendre dans la chambre du connétable. L'office terminé, le cardinal prit les ordres du roi et introduisit bientôt les ambassadeurs et Montmorency. Ghantonay exposa l'objet de sa mission et loua François II < du respect qu'il avoit pour c la royne sa mère, en l'exhortant â suivre toujours la
malgré l'autorité de Davila et de la Planche, par le P. Griffet et de Thou (Preuves de l'histoire, in-12, 1770, p. 269).
1. Régnier de la Planche (coll. du Panth. litt,, p. 206 et suiv.), narrateur officiel du connétable, rapporte que Montmorency fit cette démarche auprès du roi huit jours à peine après la mort de Henri II. Mais il se trompe sur la date et le duc d'Albe, dans une lettre que nous citons plus loin, dit positivement que la visite du connétable eut lieu le 15 août. De Thou (1740, t. II, p. 685), l'ambassadeur vénitien, Giovanni Michieli (Baschet, Diplomatie véni' tienne, p. 496 et 497), sont d'accord avec le duc d'Albe. Sauf en ce qui regarde la date, nous avons suivi le récit de la Planche. Nous l'avons seulement complété avec les correspondances espagnoles.
2. Lettre de Ghantonay à Philippe II en date du 16 août (Orig. esp., arch. nat., K. 1492, n» 66).
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c même voie * • > Lie comiétable prit la parole à son tour et présenta les anciens officiers de la maison de Henri U^.
A l'issue de l'audience du roi, les deux Espagnols se firent introduire auprès de la reine mère. Au moment où ils entraient, Marie Stuart venait de tomber en syncope. Elle était appuyée sur le bras du cardinal de Lorraine, pâle et presque sans connaissance. Â peine le duc d'Âlbe lui eut-il présenté ses lettres de créance que le cardinal et un autre seigneur l'emportèrent évanouie sur le lit du roi. c Gela fait de la peine, dit Ghantonay, < de la voir si pâle et si malade. Après quelques jours, € je reviendrai la voir; car, à ce moment, il n'y eut € pas le temps de lui parler et d'entendre sa réponse. > Cet incident n'émut pas Catherine et les ambassadeurs purent lui parler des désirs de Philippe II de conserver la paix, de chasser les réformés et de lui voir prendre une part prépondérante dans le gouvernement. Ils saluèrent aussi la princesse Elisabeth, future reine d'Espagne. Ghantonay fut frappé, dit-il, de sa grâce et de sa bonne santé; et il ajoute, en bon courtisan : « On remarque en elle l'affection qu'elle a pour Votre « Majesté. » Le duc d'Albe, que les ordres de Philippe II rappelaient auprès de lui, signa, en qualité d'otage, l'engagement de se constituer prisonnier à Bayonne et à Narbonne, si les restitutions de places stipulées par le traité de Cateau-Cambrésis se retardaient au-delà des délais fixés, et prit congé du roi et des deux reines^.
i. Ibid.