‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 70 sur 133 · La Planche, Estât de France sous François II, p · texte numérisé non relu

La Planche, Estât de France sous François II, p

2. La Place, Estât de la religion et république, p. 41. De Thoa raconte un peu autrement cette entrevue. Suivant lui, c'est en allant à la cour et non pas en en revenant que Dam ville aurait rencontré Gondé (t. II, p. 788). Le duc d'Aumale {Histoire des Condé, t. I, p. 74; a suivi la version de de Thou. Celle de La Place nous parait plus vraisemblable.

3. La Planche, Estât de France sous François II, p. 315. Voyes aussi la Vie de Jean de Ferrières, par M. de Bastard, et les Mémoires de Castelnau, liy. II, chap. 7.

4. Documents cités par M. de Bastard, Vie de Jean de Ferrières, p. 202.

5. Lettre orig. de Gabriel de la Gueva au roi d'Espagne, du 12 juillet 1560 (Arch. de la secret. d'État d'Espagne, leg. 358, f. 26).

ET JEANNE d'aLBRBT. 217

assez forts, le lendemaiD du complot, pour t mettre c la main dans le sang royal. » Ils adoptèrent le parti de dissimuler, comptant sur l'avenir et sur les progrès de la faveur du roi ^ Ghantonay approuve cette prudence : c II est certain, dit-il, que, qui les c voudroit poursuivre (les Bourbons) , toute la Guyenne c et toute la Gascogne se soulèveroient ^. »

LacompKcité du roi de Navarre se révélaitçà et là, dans les dépositions des prisonniers, par de l^ers indices, mais aucun témoignage ne précisait un fait, capable de servir de fondement à une accusation diredbe. Les die& de la conjuration déclaraient même qu'ils n'avaient rien conmiuniqué à ce prince, parce qu'ils le trouvaient trop léger ; à peine avouaient4ls qu'ils avaient espéré n'être pas désavoués, s'ils avaient réussi^. L'opinion générale à la cour était plus sévère pour lui. Chacun prononçait son nom tout bas en souvenir des échecs éclatants que l'insolente faveur des Guises avait infligés à son ambition^. Plusieurs seigneurs, dévoués à Antoine, étaient au nombre des conjurés. Le comte Antoine de

i. Bfichieli expose très bien cette politique (Lettre de Micbieli à la république de Venise, du 23 mars 1560 ; Mss., Dépécbes irénit., filza 4, f. 24).

2. Lettre de Ghantonay à la duchesse de Parme, du 13 mars 1560 (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles, f. 52).

3. Lettre de Ghantonay au cardinal Granvelle, en date du 3 mars (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles, f. 47 v*).

4. Nous pourrions citer, pour justifier cette affirmation, presque toutes les lettres des ambassadeurs étrangers que nous avons déjà citées. Mais il est un résumé de chancellerie de GhanUjnay qui résume cette idée avec insistance (Arch. nat., K. 1493, n' 26;. — Jean Micbieli, dès le 6 mars, parle c d'un grand prince que jus- « qu'à présent on ne nomme pas. » (Lettre du 6 mars: Mss., ûépècbes vénit., filza 4, f. 26.)

218 ANTOINB DB BOURBON

Gramont ^ alors en fuite, tenait le premier rang parmi les gentilshommes de son royaume. Mazères était un de ses sujets. Raunay, seigneur de Noizay, était fils de son ancien gouverneur^. Gastelnau était parent de la reine de Navarre. L'ambassadeur vénitien raconte que, la veille de son supplice, l'infortuné Gastelnau avait demandé mystérieusement une nouvelle audience au roi. Gatherine et François II le reçurent successivement au milieu de la nuit. La confièrrace dura plusieurs heures. La cour ne connut pas le résultat de l'entretien ; mais, le lendemain, trois autres gentilshommes furent arrêtés au château, dont l'un était trésorier du roi de Navarre et les deux autres ses serviteurs ^ . Un secrétaire du prince, qui se trouvait à la cour pour les procès de son maître, fut interrogé et ses papiers minutieusement fouillés^. Malgré les perquisitions, les Guises ne purent réunir un faisceau de chaînes suffisant pour compromettre le prince. L'ambassadeur vénitien constate, un peu naïvement, l'impuissance de l'enquête : € Il m'a été dit par des personnes de créance, € qui disent avoir vu les dépositions eux-mêmes, que c la personne du roi de Navarre est exempte de c tout soupçon. Non seulement il n'a pas été inculpé, € mais tous les chefs se sont accordés à le déchaîner

1. La complicité d'Antoine de Gramont est signalée dans les lettres de Ghantonay du 13 et du 18 mars.

2. Lettre de L'Âubespine au connétable, du 19 mars 1559 (1560), f. fr., vol. 3158, f. 54.

3. Lettre de Michieli à la république de Venise, du 31 mars 1560 (Mss., Dépêches vénitiennes, filza 4, f. 41).

Page 1