Bèze, t. I, p
3. Les lettres patentes qui lui confiaient cette charge avaient été enregistrées par le parlement de Bordeaux le 28 janvier 1557 (1558) (Reg. secrets du parlement de Bordeaux ; bibl. de Toulouse, B. 94).
4. État des gages des officiers du roi en Guyenne (f. fr., vol. 45872, f. 116).
du Bigourdan, ancien capitaine de gens de pied sous les ordres de Biaise de Monluc, remplissait en Guyenne une charge temporaire, spécialement au nord de ht Garonne. D'Ossun, qui avait longtemps servi en Italie, croyait avoir des titres à la lieutenance de la Guyenne. Retenu par Brissac en Piémont après le traité de Cateau- Gambrésis , il s'était enfin rendu à la cour, au commencement d'octobre 1559, c afin d'y pourchasser c sa fortune et donner ordre à ses affaires ». Là, il s'était plaint des faveurs prodiguées à Burie et avait obtenu une mission qui lui faisait espérer la survivance de Burie * . Antoine de Noailles, gouverneur de Bordeaux depuis le 18 février 1551 (1552*), aux gages de 50 livres par mois^, était plus décidé que Burie et plus habile que d'Ossun, mais il ne jouissait que d'une autorité secondaire, sans cesse mise en échec par des conflits avec les autres officiers du roi. Des deux châteaux qui défendaient la ville, l'un, le château de Ha, était gardé par Noailles avec une compagnie de cent soixante-dix hommes, l'autre, le château Trompette, par Jean de Genoilhac, s. de Yaillac, capitaine de cinquante hommes*. Ce seigneur vaniteux, jaloux de Noailles , avait même obtenu en 1 557, par surprise,
\ . Lettre de Brissac au duc de Guise, du i« octobre 1559 (copie; f. fr., vol. 20451, f. 128).
2. Bibl. nat., cab. des titres, doss. Noailles, f. 107. M. Tamizey de Larroque, dans l'excellente notice qu'il a consacrée à Antoine de Noailles, dit qu'il fut nommé gouverneur de Bordeaux le 18 janvier 1551 (p. 17).
3. État des gages des officiers du roi en Guyenne (f. fr., vol. 15872, f. 116).
4. État des garnisons de Guyenne (f. fr., vol. 15872, f. 116).
ET JEANNE d'aLBRET. 253
des lettres du gouverneur de Bordeaux, qui furent révoquées la même année ^ .
Les habitants de Bordeaux étaient plus agités par la réforme que dévoués à ses principes. Peut-être la présence du lieutenant du roi et surtout du parlement inspirait-elle une terreur salutaire aux plus remuants. Dans les derniers jours du règne de Henry II, Thomas Rocher, accusé d'avoir proféré des c paroles c scandaleuses >, avait été traduit devant Tofficialité diocésaine. Le parlement députa un président et deux conseillers pour assister au jugement ^.
Au commencement de 1 560, plusieurs hérétiques furent exécutés en public. La nuit suivante, on trouva dans les rues et sur les portes des magistrats, qui avaient pris part à Tinstruction, des placards contenant des menaces^. Au mois de février, de nouvelles condamnations furent prononcées. Pendant que les gens de justice conduisaient les prisonniers au bûcher, une troupe d'hommes armés fondit sur les archers, en tua plusieurs, mit le reste en déroute et délivra les condamnés. L'audace de cet enlèvement, accompli en plein jour et devant le peuple réuni pour assister au supplice, frappa même les ambassadeurs étrangers ^.
Le retentissement de la conjuration d'Âmboise augmenta le trouble de la Guyenne. Beaucoup de