JEAN MILLES. H
ne soil Iraité sansmlséricorde pour le moindre délit ».(i) Le plan du livre est assez original : « Pour être plus clair, dit Milles, je suppose qu'une plainte est déposée au sujet d'une attaque à main armée dans laquelle Jean Plulus, négociant parisien, honorable homme maîlrc Chrysoslome Crassus, avocal, Julien Xénius, hôtelier, et Denis Dave, serviteur de Crassus, ont été grièvement blessés ou tués par André îrus, manouvrier ; Bernard Thrason, Claude Caligula, soldats du roi; noble Désiré Anippus; Egidius Gnato'i, Ferdinand-le-Parasite, serviteurs dudit Désiré ; noble Gérard Milon ; Henri Nébulon, Jacques Ebrion, serviteurs dudit Milon ; et autres complices, au nombre de vingt à peu près. » Milles choisit à dessein des criminels assez nombreux, et de condition différente, afin de pouvoir plus facilement donner les diverses procédures et reproduire les divers clîàûmenls alors en usage. (Ainsi Gérard Milon, étant noble, sera décapité ; son serviteur Henri Nébulon, sera pendu ; Anippus obtiendra des lettres de grâce, etc.) Par sa généreuse indignation contre l'injustice, par la rigidité de ses principes, la droiture de sa conduite, le dévouement dont il fil preuve dans ses graves fondions; par ses efforts constants pour améliorer une législation encore confuse et parfois barbare (2), par son amour du
(1) J. Miles. — Praxis criminis, etc. ; préface au lecteur.
(2) Outre son Praxis, Jean Milles a encore éciit les ouvrages suisuivaiits : Style et Pratique fondés el adoptés aux ordonnances royaux el coutumes de France. — Enchiriàion appellotionis tumcivili tuin capital! judicio inlroduccndce et exercendœ.
IIG JURISPRUDENCE.
bien public, Jean Milles esl cligne d'être appelé le précurseur (le Ij'Hôpilal, cl nous ne pouvons qu'applaudir au jugement de ses contemporains qui le comparaient à THercule Gaulois pour l'éloquence, à Caton pour la gravité des mœurs, à Thaïes pour le savoir, à Papinien pour la sagacité :
Vincil et eximià magnum gravitale Odlonem ;
Htiic cedit rerum cognitione Tliales....
Nec^l^minus intereà Milloeus, ad aslra Icrendus
Lande, perilus quam PnpiniaiiHs'erat. (i)
A X T 0 I N E iSI I N A U 1 )
Non moins remarquable par l'énergie de so.i caractère que par son profond savoir, Antoine Menaiid joua un rôle important sous François P'" et Henri II (2). Fils d'Antoine Minard, trésorier-général de Bourbonnais et d'Auvergne, châtelain de Gannat, il fut presque le compatriote de L'Hôpital, dont il aurait pu être l'émule si une mort prématurée n'eût coupé court 5 sa fortune. Instruit par son père de tout ce qui a rapport h la pratique des finances, et protégé parle chancelier Duprat^ allié à sa famille, il entra jeune encore à la Cour des
(1) 11 a du ^rand Caton l'air grave et la noblesse, Il surpasse en savoir les sayes de la Grèce, Mieux que Papinien il commenle les lois,
Il est plus éloquent que l'Hercule Gaulois.
(2) C'est à ce titre que nous lui donnons place ici, car enlevé par un coup imprévu, il n'a laissé aucun oiivrayo digne d'être mentionné.