HENRI GRIFFET
Le P. Hknri Griffet (1678- i ■-7 i), de Moulins^, apparlienl plus audix-huilième siècle qu'au tii\-seplième, nous ne pouvons pourlanl pas passer sous silence le nom du savant commenlaleur du P. Daniel, l'auleur du Traité des différeîites sortes de preuves qui servent à établir la vérité de l'Histoire, et de nombreux ouvrageshistoriquessur LouisXIIlel LouisXlV. Mais ce qui le rattache plus particulièrement à l'époque qui nous occupe, c'est le service signalé qu'il rendit aux Lettres et à l'Histoire en faisant connaître à la France les Mémoires de Vieilleville.
Enfoui dans les archives du château de Duretal, le manuscrit aurait pu périr, et le gentilhomme désintéressé qui renonçait volontiers à des rançons de soixante mille ducats pour gagner un allié ;'i la France, le second du duc de Guise dans la défense de Melz, le plénipotentiaire de Henri H au Caleau-Gambrésis, le négociateur du mariage de Charles IX, le patriote qui détermina les protestants et les catholiques à s'unir pourre prendre le Havre aux Anglais, ne serait pour nous qu'une figure effacée de notre histoire, au lieu de rester, comme il le mérite, un type déloyauté, de bravoure, de modestie et de générosité, sans la sagacité du savant Moulinois qui comprit toute la valeur de sa découverte et s'empressa de la rendre publique. Il appartenait à cet écrivain intelligent et sensé, dont la plume flétrit à plusieurs reprises la Sainl-Barlhélemy, de mettre en lumière l'homme qui, avec l'Hôpital, fil le plus pour l'apaise-
menl des haines religieuses, et qui finit par mourir viclime de sa modi^ralion.