JEAN BANC
sciences en autre langue que la leur». Banc divise son ouvrante en trois livres: le premier est une disserlalion théorique sur les Eaux, avec la description générale des Eaux de la France, froides ou thermales ; le second Iraiie des propriétés de cha(|ue catégorie d'Eaux et des précautions dont il faut user en les prenant ; le troisième renferme la monographie des sources, avec {indication des maladies qu'elles peuvent guérir. L'auteur s'attache surtout aux Eaux de l'Auvergne, du Bourbonnais, du Nivernais et du Forez : Fougues, Siiint-Pardoux, Sainl-Myon, Ponlgibaud, Besse, Vic-le-ComIe, Saint- Alban, Bourbon- Lancy, Bourbon-l'Archambault, Néris, Evaux, le Mont-Dore, Chaudes-Aygues, Vichy; mais il n'oublie pas les autres : Encausse, Balaruc, Bagnères, Barbolan, etc. Il signale autour de Ciermonl l'existence d'une foule de fontaines <i admirables '), celles de Saint- Myre, celle d'Amiande, à la sortie de la porte des Gras, celle « qui se trouve dans un champ à main droite du chemin de Beaumont », celles de Saint-Marc (i), près Chamaillères, et de Vic-le- Comte, des Martres, de Sainl-Myon, de Médesques» du Bernel près Sennelerre, de Ponlgibaud, de Sainl- Florent, de Moniferrand, etc. Il signale le mauvais état où se trouvent les sources de Chamaillères et de Saint-Marc (ou Boyal) dénaturées par le mélange d'eaux douces, se proposant, « avec le concours de Messieurs de la Ville », d'y faire exécuter des travaux
;i) On écrit à présent Saint->fart.
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de restauration. Il combat le préjugé alors accrédité que les Eaux de Jaude (qu'il écrit Enjaude) pétrifieraient l'intérieur de ceux qui en feraient usage. Il engage les habitants de Besse à faire quelques sacrifices pour capter leurs Eaux dont il a reconnu les remarquables propriétés.
Banc est donc un homme d'initiative, tout autant qu'un habile praticien. C'est aussi un prôneur enthousiaste de sa patrie, où il trouve tout à louer, la fertilité du sol^ la douceur du ciel, la supériorité de la race, " les hommes ingénieux, forts, belliqueux et industrieux ; les femmes fécondes, affables et de bonne grâce ». Il ne trouve rien au monde de plus riche et de plus beau que l'Auvergne avec ses volcans éteints, ses vastes forêts, ses pâturages luxuriants, ses rivières poissonneuses, ses coteaux renommés, ses nombreuses Eaux minérales et thermales, et ses riants vergers qui font de la Limagne un immense jardin. Il n'oublie pas non plus son pays natal. On voit dans son livre que Vichy, éclipsé alors par Bourbon, n'avait qu'une bien modeste fortune, les bains étant « mal fournis en leur tour de maisons propres à la réception des malades, la ville se trouvant à plus d'une arquebusade ». Les choses ont bien changé depuis. A Moulins, il mentionne les Eiux de Bardon, comme renfermant un mélange de bitume, de vilriol, de fer et de soufre; malheureusement leur contact avec des sources d'eau douce en affaiblit l'effet et, pour cette raison, il les recommande plutôt comme bains que comme breuvage, (^ jusques à tant que quelque échevi-