A JARRETIÈRE LE JOUR DE LA FÊTE DE SAINT GEORGES
oration de la grande salle des Banquets, à Whitehall, (Le dessin original fait partie de la collection du duc de Rutland;
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d’Angleterre. Le monarque qui s'avance sous le dais, escorté des officiers portant les insignes de sa dignité, a naturellement les traits de Charles Ier, tandis que la reine Henriette-Marie assiste au défilé, en compagnie des dames de sa cour, du haut de la galerie supérieure.
11 serait assez malaisé de préjuger, sur ce simple dessin, si soigné et si fin qu’il soit, le plus considérable à coup sûr que Van Dyck ait laissé, l’effet qu’aurait produit une semblable frise, soit en peinture, soit en tapisserie. L’artiste n’a point cherché le mouvement; il a sagement agi, croyons-nous, en n’imposant pas à son talent un programme trop compliqué. Sans doute, cette longue procession de personnages indépendants les uns des autres présente quelque froideur et une certaine monotonie. Le peintre comptait probablement sur l'exécution pour atténuer ce défaut. Au surplus, s’il est difficile d'apprécier une grande peinture décorative sur un simple dessin, il n’est pas moins embarrassant de juger un ensemble quand on ne possède qu’un seul de ses éléments constitutifs.
Quand le projet de la décoration de Whitchall eut été définitivement abandonné, son auteur tomba dans un découragement profond. Peut-être cette déception aggrava-t-elle le mal intérieur qui minait cette délicate constitution. Les événements politiques l’attristaient profondément. Le roi se trouvait déjà menacé. Tous les seigneurs qui avaient accueilli Van Dyck avec tant de courtoisie se sentaient entraînés dans le naufrage de la royauté. Le malheureux artiste devait vivre assez longtemps pour voir un de ses plus puissants protecteurs, le comte de Strafford, porter sa tête sur l'échafaud.
Il chercha une diversion aux tristes pronostics qui troublaient son esprit ; peut-être espérait-il que l’air natal apporterait un soulagement à son mal.
Le ij septembre 1640, il obtenait un sauf-conduit pour traverser la mer et se rendre en Flandre avec sa jeune femme. 11 venait d’achever plusieurs portraits, parmi lesquels on cite le tableau qui réunit Philadelphie et Élisabeth Wharton. Cette toile, gravée par Pierre Van Gunst, fait partie de la collection de lord Wharton. Antoine ne se contenta pas de rendre visite à sa famille et à ses amis d’Anvers. Il voulut montrer à sa jeune compagne les villes les plus remarquables non seulement des Flandres, mais aussi de la Hollande. C’est dans le cours de cette excursion qu’il peignit l’intéressant tableau conservé au musée de la Haye, où sont réunies les têtes de Constantin Huyghens et de ses cinq enfants1 au milieu d'ornements en camaïeu imitant le bas-relief. On
i. La femme de Huyghens ne figure pas sur cette toile. Cependant l'artiste avait dessiné au bistre, sur une même feuille, les tètes du mari et de la femme. Cette pièce, après avoir appartenu au cabinet de Lempereur, passa dans la collection de sir Thomas Lawrence (n° 22 du catalogue).
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trouvera ici une gravure de ce charmant ensemble dont les qualités prouveraient, si l'inscription et la date : Ecce her éditas domini , anno i6fo, sont anciennes, que Van Dyck, môme au terme de sa carrière, n’avait rien perdu de ses brillantes qualités, quand il se sentait inspiré par son modèle, ou quand les progrès de la maladie lui laissaient un moment de répit.
Sans mériter une place parmi les chefs-d'œuvre du maître, la Famille de Huyghcns soutiendrait sans désavantage la comparaison avec la plupart des peintures de la bonne époque. Cet exemple ne démontre-t-il pas suffisamment que les médiocres portraits de la dernière période, où le dessin est négligé, où la couleur manque de vérité et d'harmonie, sont des productions hâtives auxquelles Van Dyck n’a, pour ainsi dire, pas mis la main?
Après un séjour de quelques mois dans les Pays-Bas, notre voyageur se dirigea vers la France. Mariette avait vu une lettre du mois de janvier 1641. dans laquelle le peintre Claude Vignon demande à son ami François Langlois de le présenter à l’artiste flamand résidant alors à Paris. Et Mariette de faire remarquer qu'on ne pouvait choisir un meilleur introducteur, puisque Langlois était lié de longue date avec Van Dyck. Nous avons raconté plus haut les origines de cette intimité et signalé les témoignages qui en sont restés.
Van Dyck serait donc arrivé à Paris dès le mois de janvier 1641. Or nous l’y retrouvons encore en novembre, soit qu'il y eût séjourné toute l’année, soit qu'il fût revenu après une courte excursion en Angleterre, où il aurait laissé sa femme alors enceinte. Une lettre récemment publiée prouve qu'il ne quitta la France qu'à la fin de novembre, vingt jours à peine avant sa mort. L’espoir de trouver à la cour de Louis XI II l’occasion de se signaler par quelque entreprise considérable avait sans doute déterminé ce voyage. Mais l’arrivée du Poussin qui, après de longues hésitations, se décidait à quitter Rome et a se rendre aux sollicitations pressantes du roi, vint enlever à Van Dyck ses dernières espérances. D’un autre côté, la maladie faisait de rapides progrès et notre malheureux artiste sentait les approches de la mort. C'est sous l’empire de ces tristes préoccupations qu'il écrivait à M. de Chavigny la lettre suivante1 :
M oiisieur ,
Je voys par vostre très agréable , corne ausi fentens par bouche du Monsieur Montagu l'estime et l'honeur que me fai et Monseigneur le Cardinal. Je pleins infiniment le malheur de
1. Cette pièce, publiée pour la première fois dans la Revue des documents historiques, dirigée par M. Étienne Charavay, a fait partie de la superbe collection d'autographes de M, Benjamin Fillon et se trouve maintenant en Angleterre. Elle a été payée, lors de la vente de M. l'illon, quatre cent vingt francs, bien que la signature seule soit autographe. Ce prix donne une idée de la valeur des autographes, si rares d ailleurs, de notre artiste.
mon indisposition , puis (qui) me ren incapable et indigne de tant [de] faveurs. Je n aury jamais honeur plus dêsiderée que de servir Sa Emiv, et si je puis réouvrir mon salut, corne f espère , jeferoy un voiagje tout exprès pour recevoir ses commandemens.
Sependant je m’estime extrêmement redovable et obligé et corne je me troive de jour in jour pire, je désire con touta diligensa de me avaliser envers ma maison en Engleterre, pour laquele donc je vous supplie de me fair tenir un pasport pour moy et cincq serviteurs, ma carosse et quatre sevaus , et ni obligerès infiniment d'estre vostre à jamais corne je suis. Monsieur, Vostre très humble et très obligé serviteur,
est douteux que la lettre soit de la main de l’artiste. 11 l’a dictée à un de ses serviteurs qui faisait fonction de secrétaire et dont l’écriture indiquerait une origine flamande. Seule la signature paraît autographe. Une note mise par M. de Chavigny en tête de la pièce en résume le contenu : « M. Van Dyck, peintre, offre ses services à M. le Cardinal et demande un passeport pour s’en aller en Angleterre. » L artiste n'avait rien diminué, on le voit, de son train fastueux : il voyageait en carrosse à quatre chevaux et traînait à sa suite cinq serviteurs. Peu de jours après la date de cette lettre, il avait regagné l’Angleterre. Pour qu’il fût en état de supporter un pareil déplacement moins d’un mois avant sa mort, il faut que la maladie dont il souffrait fût une de ces affections qui laissent au malade, jusqu’au dernier moment, toutes ses illusions et une bonne partie de ses forces. De cette lettre on pourrait donc conclure que Van Dyck mourut d’une affection de poitrine, dont le germe remontait sans doute à plusieurs années ; mais les fatigues de cette dernière traversée contribuèrent probablement à accélérer les progrès du mal auquel il se joignit peut-être quelque affection aiguë, pneumonie ou pleurésie, qui précipita le dénouement.
Parmi les causes de la mort prématurée de Van Dyck, il en est une sur laquelle la plupart des historiens ont insisté et dont nous ne pouvons par conséquent nous dispenser de dire quelques mots. Ils racontent que, ne pouvant suffire aux dépenses de son train princier, l’artiste aurait demandé des ressources aux pratiques de l’alchimie. Ses derniers jours se seraient consumés dans la recherche de la pierre philosophale ; son ami Kenelm Digby 1 aurait poussé dans cette voie funeste et aurait pris part à ses ténébreuses expériences. Et tous les
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biographes de répéter à l’envi cette sotte histoire, sans prendre la peine d'en relever les invraisemblances.
Tout d’abord, on sait que Van Dyck voyagea pendant les deux dernières années de sa vie presque entières. Des déplacements continuels ne se prêtaient guère à des expériences qui exigent un laboratoire, des instruments, une installation complète. De plus, ces absences l'éloignaient de Kenelm Digbv, qui n’aurait donc pu exercer que par correspondance la funeste influence qu’on lui attribue sans preuve. Le testament de notre artiste établit en outre de la manière la plus formelle qu'il laissait en mourant une véritable fortune. 11 s'était donc sérieusement préoccupé de l’avenir, et, malgré ses dissipations, ne se trouvait pas réduit a cet état de détresse que les assertions des historiens font supposer. Au reste, quand il partit avec sa jeune femme pour ht France, en 1641. il était encore plein d illusions sur son état, puisqu'il allait sollicitant partout quelque longue et fatigante commande. Ce n'est pas là le fait d'un homme qui sent approcher ses derniers jours. Pourquoi donc demander sans cesse à des causes extraordinaires 1 explication d’un fait des plus simples? Les excès de travail, et peut-être aussi de plaisir, avaient épuisé une constitution naturellement délicate et qui avait besoin de grands ménagements. Voilà le véritable motif de la fin prématurée de Van Dyck ; il n’en faut pas chercher d’autre.
Comment donc est née cette légende à laquelle nous faisions allusion tout à l'heure ? Nous allons essayer de l'expliquer.
Une anecdote célèbre nous montre Rubens recevant la visite d'un de ces charlatans qui prétendaient posséder le secret de faire de For, et éconduisant 1 importun avec esprit, disant qu il avait trouvé depuis longtemps une recette plus sûre pour arriver au même résultat. On n’aura pas voulu faire moins d’honneur a Van Dyck qu a Rubens. Seulement, au lieu de se débarrasser du charlatan par un mot ironique, Van Dyck aura succombé à la tentation ; et, du même coup, se trouve expliquée, par des motifs acceptés d autant plus facilement qu ils semblent plus mystérieux, cette funeste maladie qui l’enlève dans la force de 1 âge. Peut-être aussi certains faits très naturels dont il nous reste à parler ont-ils été le point de départ de la fable ridicule que la crédulité des biographes s est empressée d admettre et de propager.
Comme beaucoup d artistes, comme Rubens lui-même, Van Dyck attachait une grande importance a la durée de ses peintures. Il se préoccupait donc de la préparation des couleurs et de la qualité de tous les ingrédients qui entraient dans leur composition. Un médecin de la cour de Charles Ier, chimiste fort habile, et
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de la chimie a 1 alchimie il n y a qu un pas au xvne siècle, un médecin donc, nommé Théodore Turquet de Mayerne r, a recueilli et soigneusement noté sur ses agendas les observations qui le frappaient dans ses entretiens avec les artistes au sujet des substances employées par ceux-ci. Le nom de Van Dyck revient à diverses reprises dans ces remarques prises au jour le jour. A la date du décembre 16^2,
Turquet de Mayerne écrit : « Londini, — sieur Antony Van Deik, chevalier : l'huyle est la principale chose que les peintres doivent rechercher... 11 m’a parlé d'un blanc exquis au prix duquel le blanc de plomb le plus beau semble gris, qu’il dit estre cognu par M. Rubens » ; et un peu plus tard il fait cette autre observation : « L’imprimeure est de très grande conséquence. Le 20 may 16}}, à
1. Il n'est pas sans intérêt de noter en passant que Van Dyck a fait un portrait de ce savant homme. Cette pièce figurait dans la collection de sir Thomas Lawrence (n" 19 du catalogue). La tête était peinte à l’huile, le reste en clair-obscur. Le catalogue vante beaucoup cet ouvrage.
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Londres, signor Antonio Van Dyck a essayé d'imprimer avec de la colle de poisson, mais il m'a dit que le labeur s’escaille et que ceste colle dans fort peu de jours tue les couleurs. » Ainsi Van Dyck ne se préoccupe pas seulement de chercher les ingrédients qui rendent les couleurs solides et la peinture durable, il n’attache pas moins d'importance à la préparation de la toile. Des citations et remarques du chimiste genevois n’est-il pas permis de conclure que l'artiste s’est toujours préoccupé de perfectionner à son usage les procédés techniques de la peinture. En fallait-il davantage pour le faire passer pour un homme adonné aux sciences occultes, perdant son temps, usant sa fortune et sa santé dans la recherche de la pierre philosophale ? Quelque indiscret aura surpris l'artiste occupé à une de ces préparations dont il gardait soigneusement le secret, qu'il s’étudiait à dérober même aux yeux curieux de ses élèves, et le bruit se sera répandu que le peintre travaillait à quelque œuvre ténébreuse. L'alchimie est en pleine faveur au commencement du xvif siècle ; les grands savants qui cherchent à pénétrer les secrets de la nature ont donné naissance une école de charlatans qui prétendent tout reproduire, tout connaître. Les révélations de Turquet de Mayerne expliquent de la manière la plus naturelle, ce nous semble, l’origine de la légende qui a fait ranger Antoine parmi les chercheurs de la pierre philosophale.
Quand Van Dyck débarqua en Angleterre, ses jours étaient comptés. Ses amis ne durent conserver aucune illusion sur sa fin prochaine. Le roi, vivement touché de l’état de son peintre favori, adressa un appel désespéré à la science et aux médecins. 11 promit une récompense énorme, trois cents livres sterling, à celui qui parviendrait à prolonger ses jours. Tout lut tenté, mais inutilement. Les empiriques arrivèrent, comme toujours, avec leurs recettes infaillibles. On prétend même, nous avons quelque peine à admettre le fait, que le moribond fut étendu dans les entrailles fumantes d'une vache qu’on venait d éventrer, dans l'espoir de réchauffer ses membres glacés. Ceci signifie tout au moins qu’on écouta tous les conseils, qu'on essaya de tous les expédients ; mais rien ne devait conjurer l'issue fatale de la maladie.
Voici ce qu'on sait de positif sur les derniers jours de Van Dyck. Dès le commencement de décembre, la gravité de sa situation ne laissait plus d espoir. Une dernière consolation était cependant réservée au mourant. Le r' décembre, sa femme mettait au monde une fille qui recevait les prénoms de Justiniana ou Justine-Anne. 11 se hâte alors de rassembler le peu de forces qui lui restent pour prendre ses dispositions suprêmes et dicter à un notaire l’expression de ses dernières volontés. Cette pièce porte la date du 4 décembre. Elle a été
découverte par M. Carpenter, qui l’a publiée le premier sous sa forme originale.
Peu de jours après avoir rempli ce devoir, le 9 décembre 1641, Van Dyck s’éteignait doucement dans sa résidence de Blackfriars. Il était âgé de quarante-deux ans seulement. Quatre jours plus tard, on faisait l’ouverture du testament, dont voici la traduction littérale :
Testament de sir Antoine Van Dyck
Au nom de Dieu, Amen. Moi, sir Anthony Van Dyck, chevalier, né à Anvers, en
Brabant, faible de corps, mais jouissant de mes sens, mémoire et intelligence, grâces en soient
rendues au Tout-Puissant ; considérant que rien n’est plus certain que la mort et rien plus incertain que l'heure du trépas, ai fait et ordonné, et par cet acte déclare et ordonne mes
dernières volontés et testament, comme suit : D'abord, je remets mon âme entre les mains du
Dieu tout-puissant, notre divin père, et je confie mon corps à la terre pour être déposé chrétiennement et décemment dans la cathédrale de Saint-Paul à Londres. Et venant ainsi à l'arrangement et à la disposition de mes biens et de ma fortune temporelle qu’il a plu au Dieu tout-puissant de me prêter sur cette terre, j’en dispose de la manière suivante :
Premièrement : quant à mes espèces, biens et possessions, laissés et conservés dans ladite ville d’Anvers (excepté deux obligations ou billets montant ensemble à la somme de quatre mille livres sterling), et confiés à ma sœur Susanne Van Dyck, à Anvers, je les lègue entièrement à madite sœur, à condition que desdites rentes et dudit argent madite sœur s'engage à soutenir et à élever ma jeune fille, nommée Marie-Thérèse Van Dyck ; et s'il arrivait que madite sœur vînt 'à mourir ou à quitter cette vie, alors mesdits biens et espèces seront touchés et employés, au bénéfice et au profit de madite fille survivante, par les dames du couvent où madite sœur Susanne demeure aujourd'hui.
Et c’est aussi mon désir et ma volonté que, desdits biens et espèces mon autre sœur, Isabelle Van Dyck, reçoive et employé pour son propre usage deux cent cinquante florins par an, à elle payés desdits biens et espèces laissés par moi à Anvers, comme ci-dessus.
Et après le décès de ma sœur Susanne et de ma fille Marie-Thérèse Van Dyck, lesdits biens et espèces reviendront et écherront à ma fille légitime, née ici à Londres le premier jour de décembre mil six cent quarante et un; et je l'en fais et déclare pleine et légitime héritière.
Secondement : le reste de mes biens, espèces, créances, tableaux, comptes, billets et écrits quelconques, laissés après moi dans le royaume d’Angleterre, avec toutes les sommes à moi dues par Sa Majesté le roi d'Angleterre, par la noblesse, ou toutes autres personnes, quelles qu’elles soient, et ce qui en sera recouvré, sera également réparti entre ma femme, lady Marie Van Dyck, et madite fille nouvellement née à Londres, en parties justes et égales, pourvu que les sommes placées à intérêt restent placées, et que madite femme employé ledit argent seulement avec soin et discrétion.
1. L'original est conservé dans le registre de la Cour des prérogatives royales de Cantorbery. (Voyez le texte anglais dans l’ouvrage de M. Carpenter.)
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Et en cas que madite fille, née ici à Londres, vienne à mourir avant sa mère, alors ladite mère, ma femme, héritera et jouira de la moitié de la part dudit enfant, et mon autre fille d’outre-mer recevra l’autre moitié de la part dudit enfant.
Et s’il arrive que madite fille à Anvers et ma sœur Susanne Van Dyck viennent à mourir toutes deux avant ma fille née en Angleterre, alors lesdits biens et espèces, laissés par moi à Anvers, comme est dit ci-dessus, reviendront à madite fille en Angleterre survivante.
Et si mesdites deux filles viennent à mourir sans postérité avant ma femme survivante, alors madite femme héritera et jouira desdits biens et espèces laissés par moi à Anvers.
Et après la mort de madite femme, les enfants de ma sœur Catherine, mariée à sir Adrien Dircke, hériteront et jouiront desdits biens et espèces laissés à Anvers, comme il est dit ci-dessus.
Et, de même, je donne et lègue aux pauvres de l’église de Saint-Paul, où je désire être enterré, trois livres sterling pour être partagées entre eux. Et, de même, je donne aux pauvres de la paroisse de Blackfriars, où je demeure, une même somme de trois livres sterling pour être partagée entre eux. Et, de même, je donne et lègue à chacun de mes domestiques, autant mâles que femelles, aujourd’hui à mon service, vingt shellirigs chacun comme souvenir, lesquels dits legs doivent être payés d’abord de ma fortune ci-dessus mentionnée par les exécuteurs de ma dernière volonté et de mon testament.
Et je fais et déclare madite femme Marie Van Dyck, Madame Catherine Cowley et M. Aurelius de Meghem, ici présents, tous et chacun d'eux séparément, pleins et entiers exécutrices et exécuteurs de mon testament, voulant et exigeant qu’ils fassent exécuter ma dernière volonté en tous points par leurs efforts.
Et je donne audit Aurelius de Meghem, pour ses peines et soins à cette occasion, la somme de quinze livres sterling. Et je donne et alloue à ladite Catherine Cowley la somme de dix livres sterling pour ses peines et soins à cette occasion.
Et mon désir et volonté est que ladite Catherine Cowley reçoive de plus, de madite fortune, la somme de dix livres sterling pendant quatre ans à venir, savoir : pendant quatre ans, chaque année, dix livres sterling, à commencer du jour de mon décès. Et après que ces quatre années seront expirées, ladite Catherine Cowley aura et recevra dix-huit livres sterling par an, c’est-à-dire chaque année dix-huit livres, comme tutrice de ma fille jusqu’à sa dix-huitième année.
El je reconnais ceci pour ma dernière volonté et mon testament, abolissant et annulant tous testaments, donations et codicilles faits ci-devant causa mortis , ou autrement, par moi, en vertu du présent acte. En témoignage de quoi, moi Antoine Van Dyck, ai ajouté ma signature et mon sceau à ma dernière volonté et testament, le quatrième jour de décembre, Anno Domini 1641, la dix-septième année du règne de notre souverain maître le roi Charles.
Antonio Van Dyck.
Suit l’attestation du notaire Abr. Derkindee et du témoin Dirrick Van Hoost.
Le corps de Van Dyck fut transporté en grande pompe dans l’église de Saint-Paul à Londres, en exécution de son dernier vœu. On lui érigea dans le chœur, près du tombeau de Jean de Gand, un monument qui représentait le Génie de la peinture, le bras gauche appuyé sur une tête de mort et regardant
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ses traits dans un miroir qu’il tenait de la main droite. Au-dessous était gravée l’inscription suivante :
Qui